La dispersion de la parole.

L’émergence de blogs dans tous les coins de la sphère Internet met à jour un phénomène de dispersion des propos qui n’est pas sans poser de problèmes.

Abonné à de nombreux fils RSS, lecteur de blogs et contributeur occasionnel, chacun a pu s’apercevoir que de nombreux « auteurs » ou plutôt « contributeurs » s’éparpillent sur plusieurs blogs pendant que d’autres se concentrent sur les plus « visibles » des médias.

Se posent donc les questions suivantes (liste à enrichir) :

– Quelle est la qualité d’un propos qui se disperse sur de nombreux espaces différents d’expression ? N’y a -t-il pas risque de continuer le développement d’une parole, voire d’une pensée, « poussiérisée » ou encore « éclatée » déjà engagé avec les médias gratuits ou les spots d’infos rapides.

– Le lobbying de certains ne risque-t-il pas de trouver là une nouvelle efficacité, que l’on peut apparenter à du « bourrage d’urne » (écrire beaucoup sur un blog pour imposer son mode de pensée) ?

– Comment faire avec la double valeur d’Internet qui devient un formidable outil d’observation des représentations sociales et des « modes » de pensée et qui devient en même temps un fouillis de plus en plus inextricable dans lequel trouver une info « fondée » et « validable » devient de plus en plus difficile ?

On s’aperçoit que les blogs, parce qu’ils permettent un foisonnement d’écrits, sont un formidable outil d’expression, mais qu’en même temps ils sont en train de rendre cette expression de plus en plus confuse. Comment, dans ces conditions, rendre possible une recherche d’informations efficace et comment former à ces nouvelles formes de recherche d’information ?

Autre problème évoqué dans ces blogs, celui de la régulation de la parole et de l’anonymat. Même si cette réflexion est récurrente, elle prend de plus en plus d’importance après la révocation d’un proviseur, auteur d’un blog qu’il voulait anonyme, mais qui, semble-t-il ne l’était pas tant (puisqu’il a été révoqué suite à la découverte de l’identité réelle de l’auteur). On voit donc avec cet exemple et bien d’autres, que l’urgence est aussi à développer une véritable formation technique, culturelle, éthique et juridique de tous les auteurs de contributions.

Certes les blogs ne sont qu’une extension technique du croisement entre site web et forum de discussion, ce n’est pas nouveau. Mais l’ampleur et la rapidité de développement (et d’abandon) des blogs amplifie largement un phénomène connu depuis longtemps mais qui semble, par sa facilité de mise en oeuvre, prendre une grande importance dans la société. On peut penser que les blogs s’inscrivent particulièrement dans la dynamique de « l’expérience du je » qui semble être un des traits caractéristiques de la société occidentale (et française) de ce début de siècle.

A débattre

BD

Les TIC a l'ecole un autre point de vue

Nous vous recommandons la lecture de ce texte de Floriane Pouzol, dans le site de la revue « Acteurs Publics » intitule : ecole : La Toile ne fait pas recette. (La lettre de la modernisation de l’etat – janvier 2006). consultable a l’adresse :
http://www.acteurspublics.com/lme/actu/24/dossier2.php

Derriere un argumentaire suffisamment etaye, l’auteure nous montre que l’ecole est encore loin du compte en matiere d’integration des TIC. Mais ici, contrairement a d’autres ecrits (R. Bibeau par exemple sur le site EPI) le point de vue est davantage celui des decideurs territoriaux. C’est, semble-t-il a cause d’un frein essentiel, le coût humain, que les choses stagnent. C’est en refusant cet investissement aupres des acteurs de l’education que les decideurs agissent contre leurs souhaits et empechent le developpement des pratiques des TIC. Si d’autres commentateurs voyaient les difficultes ailleurs (defauts des enseignants, defaut des supports d’enseignement et des ressources) il s’en ajoute ici une troisieme : le manque d’accompagnement des enseignants par l’institution qui mettrait en place des ressources en esperant que chacun s’y formera en « autarcie ».

De fait l’analyse est sans complaisance et met en cause les effets d’annonces des gouvernements qui se succedent. Malheureusement, ce n’est pas forcement un moyen de faire avancer les choses si des propositions constructives n’accompagnent pas ces analyses. Même si parfois ces propositions existent, il apparait qu’elles sont souvent limitees au domaine dont on a denonce la carence sans faire echo aux autres domaines.

Il serait interessant de mesurer dans les departements qui en ont fait l’experience l’impact des personnes ressources mises en place pour accompagner ces equipements ou ces ressources. Il me semble que de ce cote il y a un examen des pratiques a faire pour mieux comprendre ce qui fait obstacle a cette evolution. L’article evoque les ENT et voit deja poindre les difficultes, mais simplement en terme de desengagement financier de l’etat. Il faut peut-être aborder les questions sous un autre angle, entre autres, celui du cadre d’integration des TIC dans les evaluations scolaires terminales (brevet et bac ou encore B2i obligatoire, comme le socle de competence…) ainsi que dans celui des enseignants (C2i 1 et 2 obligatoire pour tous). Mais on voit poindre de nouvelles resistances en matiere de formation… A moins que l’on ne laisse une marge de manoeuvre a ces dispositifs de formation qui plutôt que d’être planifies en amont soient capables de s’adapter et de repondre reellement aux besoins des acteurs. Mais la c’est encore une autre revolution a engager, car l’organisation de la formation est tres mal comprise et acceptee a tous les niveaux, voire même contestee. C’est peut-être aussi pour cela que l’etat s’en desengage… (avec la complicite de certains acteurs de terrains, formateurs, stagiaires, avec parfois des intentions peu louables)

A debattre

BD

Point de vue sur des point de vue

La publication ce 18 Janvier d’un ensemble de textes dans le journal Liberation à propos de la pratique du ministre de l’Education et de ses conséquences pratiques m’amène, très librement, à exprimer quelques remarques, issues de l’expérience personnelle et professionnelle d’un ancien enseignant de LP (Lettres-Histoire) devenu formateur et chercheur en sciences de l’éducation, spécialisé dans les questions des TIC.

L’inventaire fait par le journal Libération des actions menées par le ministre, ainsi que l’entretien accordé par le ministre pose plusieurs questions importantes pour moi :

1 – Le bon sens s’oppose-t-il à la recherche ou à l’habitude ?

Lorsque le ministre, à propos de la lecture, s’attaque à un mythe « la méthode globale » à laquelle il oppose un autre mythe « la méthode syllabique », outre le fait qu’il entérine des travaux de recherches (cf son discours) il s’adresse aussi aux partisans d’un retour à des méthodes anciennes (Boscher, par exemple) à qui il donne un signe de son attention à leur mouvement. Mais au delà de ces querelles de spécialistes (probablement peu nombreux) et d’idéologues ( beaucoup plus nombreux), le ministre donne surtout un signe à la grande majorité des enseignants et des parents. En laissant monter le débat et en donnant le coup de sifflet final, avec sa circulaire et le discours, le ministre à mis en oeuvre une stratégie intéressante et semble-t-il productive en terme de management. Saluons ici un pragmatisme nouveau qui permet une expression des points de vue tout en définissant une ligne directrice. Pourquoi n’y a-t-il pas eu plus de mouvement dans l’ensemble des troupes ? Parce que son propos n’a fait probablement que rassurer un grand nombre d’enseignants qui, dans leur pratique réelle, étaient déjà dans ce cadre. Cela d’autant plus que la querelle du B A BA a oublié un élément essentiel : il y a l’entrée dans la lecture et il y a ensuite le développement de la compétence de lecteur. Or c’est en réalité là qu’est le problème de l’illettrisme (j’ai oeuvré, temporairement, dans le passé dans ce secteur des ateliers de lutte contre l’illettrisme) et aussi les difficultés que rencontrent tous les enseignants de lettre de LEP. Se limiter à la première méthode c’est aussi faire l’économie d’un vrai débat sur l’accès à la lecture et à son sens. Bref, finalement le minstre rassure la grande majorité des enseignants.

2 – La bivalence se résume-t-elle à une économie de moyens ?

Enseigner deux disciplines n’est pas nouveau. Mais comment se fait-il que l’on ait pas demandé (en particulier la presse), à ma connaissance, l’avis des enseignants de lycée professionnel qui connaissent depuis longtemps cette bivalence. Ancien professeur de Lettres Histoire (CAELEP ex CAPLP) comme nombre de mes collègues j’ai apprécié la bivalence par la cohérence pédagogique et didactique qu’elle apporte. Certes la maîtrise des contenus par l’enseignant peut-être interrogée à juste titre du fait même de cette bi-disciplinarité. Mais la pratique, au niveau CAP, BEP, Bac Pro, ne s’est jamais avérée pénalisante pour les élèves (j’ai participé aux jurys des premiers bac professionnel dans les deux disciplines sans problème).

En fait la bivalence, et en collège elle me semble bienvenue, permettrait d’offrir aux enseignants et aux élèves de nouveaux horizons de travail, moins contraignants dans le temps, permettant des mises en liens et des approfondissements nouveaux. Pour les établissements de petite taille, la bivalence permettrait le renforcement de la cohésion de l’équipe et l’accompagnement individualisé.

Quant aux économies de moyens, je ne suis pas sûr que ce soit réellement le cas, si l’on réfléchit au ratio H/E. Par contre en terme de dispersion des moyens il est certain que la bivalence rationnalisera l’emploi.

3 – L’alternance à 14 ans a-t-elle réellement un sens ?

Ayant oeuvré à la dispartion du CAP à partir de la classe de 5è, à cause des problèmes que cela posait ensuite, et ayant formé nombre de maîtres d’apprentissage à la psychopédagogie, il me semble que cette proposition est inopportune s’il s’agit d’utiliser l’apprentissage comme moyen d’exclusion. Il aurait été nécessaire de s’enquêrir des dispositifs existants depuis trois ans (alternance au collège, découverte professionnelle en 3è) et probablement leur donner de réels moyens pour que l’alternance en entreprise à 14 ans ne soit qu’une option de l’alternance au collège. Certes des jeunes piaffent d’impatience pour apprendre un métier à 14 ans, mais ils sont très minoritaires. les autres, dont nombre de collèges disent qu’il faut les orienter ont en fait besoin d’une aide véritable à l’orientation et à la construction d’un devenir. Un véritable rapprochement entre lycées professionnels et collège me semblerait être la première solution à adopter. Ils ont des choses à apprendre les uns des autres. AU lieu de cela les enseignants de LEP se sentent souvent rejetés de leurs collègues… que dire alors des élèves. Non l’alternance à 14 ans n’est pas une mauvaise chose si elle ne se résume pas à l’exclusion et à l’envoi vers le monde de l’artisanat. Car n’oublions pas que le monde de l’artisanat n’a pas forcément les moyens d’un véritable accueil de ces jeunes et que nombre de maîtres d’apprentissage n’ont aucune formation pour accueillir ces jeunes (quand ils ont le temps de se former).

4 – Faut-il mettre une « note » de vie scolaire ?

Quelle bétise de rabaisser la vie scolaire à une note. L’exemple de la liste de compétences de la procédure PAM (Pré affectation multicritère) aurait pu servir de base pour évaluer tous les élèves dans le domaine de la vie scolaire mais de manière élargie. Si la vie scolaire doit se résumer à la présence en classe et à l’absence de délit… on est en droit de se demander s’il faut garder ce nom.

Donc pas de note, mais bien un livret scolaire qui permet de lire les compétences de vie scolaire développées et les remarques et observations afférentes à ces compétences. Combien d’enseignants ont découverts leurs élèves différemment dans le cadre de la vie scolaire et des activités périscolaires et auraient voulu valoriser ces attitudes. mettre une note c’est étouffer cette richesse.

A suivre et à débattre

BD

Deception autour du C2i ?

L’ouvrage « reussissez le C2i niveau 1 » paru en decembre 2005 (Dunod) etait prometteur. En effet le plan de l’ouvrage est plutôt bien fait. C’est en tentant d’aller au fond des choses que l’on s’aperçoit que les faits ne suivent pas vraiment l’intention. Comment expliquer que lorsque l’on se connecte sur le site portices pour l’autoevaluation un certain nombre de competences n’ont pas de contenus ou seulement une question (tout est en QCM). Une collegue a même reussi a obtenir 200% a son evaluation !!! Outre ces manques en particulier dans les competences A1 et A2, on s’etonne de devoir se reidentifier a chaque fois que l’on change de competence. Enfin on s’etonnera de la pauvrete de certains QCM qui ne refletent pas l’ambition si interessante exprimee dans l’ouvrage en particulier a partir de situations.

Comment enfin expliquer que l’un des logiciels presents sur le CD, JIMINI, n’a pas voulu demarrer apres une installation sur un disque D: il aurait fallu obligatoirement le faire sur C:. On ajoutera au tableau que le lien vers le site du C2i du ministere amene a une page d’autoevaluation pour laquelle il faut demander une acces par mail. Apres avoir envoye un mail, nous n’avons reçu aucun message, ni d’erreur, ni d’explication, c’est dommage.

Bref cet ouvrage renvoie un ensemble d’imprecisions qui ont deçu grandement des gens (des enseignants en stage de formation sur le B2i) qui voulaient enfin avoir un outil de repere pour leurs competences. On deplorera aussi que dans le texte un certain nombre de passages sont tres eloignees des preoccupations des utilisateurs potentiels qui voudraient l’utiliser en autoformation/autoevaluation. Et pour terminer precisons que la concurrence avec le PCIE est tres imparfaitement presentee au detriment même du C2i. C’est en particulier l’argument de la certification, voire de la qualification qui n’est pas suffisamment explicite. Comment repondre a la question que vaut le C2i pour une entreprise ? Or balayer ce monde (cf page 54) comme cela est fait semble un peu juste pour le jeune qui cherchera un emploi. Cela est d’autant plus dommage que les arguments ne manquent pas…

En attendant de voir de plus pres les veritables resultats du C2i niveau 1 dans les universites, et l’on peut faire confiance aux equipes, il sera interessant que ce premier ouvrage (dont la partie en ligne est tres inegale) ait rapidement une suite en ligne (au moins) mais aussi papier et qui comporterait un ensemble de situations d’usages a experimenter pour permettre une autoevaluation.

Du cote du C2i niveau 2, celui des metiers de l’enseignement ayant ete clarifie recemment, on espere que les IUFM sauront, comme certains l’ont deja experimente (Troyes par exemple), integrer reellement les TIC dans les contenus d’enseignement (didactiques et pedagogiques) afin de permettre aux futurs enseignants de se sentir a l’aise dans les validations des competences B2i dans les classes. Il semble cependant que nombre d’enseignants d’IUFM aient besoin de modifier leurs pratiques.

Enfin il faudra rapidement penser a proposer des formations au C2i niveau 1 et 2 aux enseignants en postes. Cela pourra remettre sur les rails un B2i dont on attend avec impatience la prochaine mouture.

A suivre

Bruno Devauchelle

Egalité des chances et TIC

La relance de la question de l’égalité des chances (J.L. Borloo, site du premier ministre) rejoint celle de la fracture numérique (J.Chirac, in Canard Enchaîné) récemment réactualisée.

Annoncé ainsi « Ce projet de loi a pour objet de mettre fin aux situations d’inégalité des chances et aux discriminations dont sont victimes les populations des quartiers difficiles, particulièrement les jeunes » la question de l’égalité des chances mérite d’être envisagée du coté des TIC afin de tenter de comprendre ce que toutes ces annonces peuvent signifier.

Reprenons les propos de 1985 à propos de l’Informatique Pour Tous (IPT) et reprenons les propos de 1997 (PAGSI) et bien d’autres encore pour se rendre compte que, au moins pour ce qui est de l’informatique et des TIC, on se demande pourquoi tant de discours et tant d’inefficacité. C’est comme si toutes ces volontés exprimées se heurtaient à une opposition secrète, invisible qui empêche tout projet politique d’aboutir.

On peut accuser l’effet d’annonce, mais cela est insuffisant car de nombreux exemples montrent que même suivi d’action il y a de la résistance aux projets politiques. C’est un peu comme pour la lecture, la question qui se pose est de savoir si dans notre société il ne reste pas perpétuellement une proportion non négligeable (20%) de laissés pour compte quelque soit les projets et la volonté.

Il me semble que l’on peut prendre en exemple les expériences du cartable électronique des Landes ou encore du projet Ordina13 des Bouches du Rhône pour illustrer cet écart. Dans ces deux départements une volonté s’est traduite en acte. les élèves et les enseignants ont des ordinateurs équipés et qui fonctionnent, je vous épargne les détails. Dans ces deux départements de nombreux moyens humains ont été mis en place pour accompagner les matériels. Et pourtant même dans ces départements les 20% (au moins) continuent d’exister. Comme si un nombre non négligeable de personnes « s’autorisaient » à empêcher tout projet d’aller à son terme complètement. L’exemple du B2i est aussi admirable dans le genre. A l’opposé, puisque sans moyen et sans contrainte, contrairement aux expériences précédemment citées, il a permis de faire monter le taux de résistance à 60%.

A travers ce tableau volontairement racourci et provocateur, je me demande si chacun de nous n’est pas un peu complice de cet effet d’annonce qui amène nos politiques à en user et à en abuser. regardons chacun notre vie quotidienne et demandons nous si nous sommes capables de faire réellement ce que l’on déclare publiquement. Demandons nous si tous les logiciels que nous utilisons font réellement l’objet d’une licence légale, si toutes les copies que nous faisons sont vraigales. Demandons nous dans un autre registre si nous respectons réellement les limitations de vitesse quand il n’y a pas de radar en vue ??? Autrement dit la récurrence des annonces des politiques, comme on le voit avec les TIC, serait une sorte de jeu dialectique entre les politiques et la population : « je vous annonce beaucoup parce que je sais que, même si je vous en donne réellement les moyens et la consigne, vous n’en ferez pas la totalité ». Comment lire autrement les appels à l’incivilité, voir au refus d’appliquer des règles qui ont été adoptées légalement ?

Lutter pour l’égalité des chances et plus précisément pour supprimer la fracture numérique suppose que d’une part on accepte de réfléchir réellement à ce que l’on veut faire et que d’autre part on accepte d’essayer même ce que l’on a pas soi-même choisi de faire. Mais là il est question de personne et d’engagement personnel et l’on touche à un tabou. Serions réellement entré dans « l’ère du je » comme le suggère l’émission « rue des entrepreneurs » de Samedi 7 Janvier (encore audible sur le podcast de radiofrance jusqu’au 14 Janvier)

A débattre

BD

Des étoiles pour le C2i

Une lecture un peu précise du texte du C2i enseignants paru ce jeudi 5 Janvier 2006 apporte une indication intéressante qui mérite toute notre attention, c’est probablement un signe.

On peut lire dans ce texte le passage suivant :

« Conditions de certification

Les exigences à satisfaire pour la certification sont les suivantes : – les 18 items signalés par une étoile dans la colonne de droite du référentiel doivent être obligatoirement validés ; – parmi les 9 items restants (sans étoile), 5 au moins devront aussi être validés. Dans ce cadre, la délivrance du certificat devant garantir un haut niveau de compétences professionnelles, chaque IUFM détermine les conditions et critères minimaux de validation des compétences pour l’obtention du certificat. La liste des compétences validées sera remise aux stagiaires n’ayant pas obtenu le certificat. »

Si on rapproche ce texte de celui publié par le ministère le 23 Septembre 2005 à propos du B2i et dans lequel on lisait :

« Compte tenu de l’expérience des écoles, collèges, lycées et CFA ayant mis en œuvre les B2i, les précisions suivantes sont apportées aux modalités de validation : – L’attestation est délivrée à tout élève pour lequel au moins 80% des items ont été validés, à condition qu’ils soient répartis dans chacun des domaines de compétences. »

On s’aperçoit qu’une nuance certaine apparaît. Comme d’aucuns l’avaient signalé (cf les débats de Réseaux Humains Réseaux Technologiques à Poitiers en Septembre 2005, ou encore par votre serviteur) lors du premier texte, pouvait-on admettre que l’on valide 80% des items pour s’estimer compétent. On peut dire que cette critique a été entendue ici puisque l’on découvre la fameuse colonne de droite dans laquelle des astérisques sont mises sur certains items constituant la liste des indispensables et la liste des annexes.

Saluons ici le courage et l’intérêt de cette précision qui, avouons le, permet une meilleure utilisation de cet outil qu’est le référentiel et surtout de l’évaluation réelle des compétences.

On saluera aussi l’idée de la remise de la lsite des compétences validées en cas de non attribution de l’ensemble du C2i enseignant. On peut penser (voire proposer ?) qu’à terme un site permettant à chacun de remplir un portfolio en ligne (au moins pour les compétences TIC) permettrait une gestion continue de la maternelle jusqu’à la fin de la scolarité pour tous les jeunes qui passent dans la scolarité dans notre pays.

A suivre

BD

Robien chez Ruquier

L’arrivée d’un ministre à la télévision est toujours un moment important. Pour une fois le ministre de l’éducation qui le matin même venait d’argumenter « scientifiquement » son point de vue sur la lecture et les méthodes pour l’enseigner vient le soir même faire l’article dans une émission humoristique populaire : On a tout essayé de Ruquier et sa bande.

Au delà des propos du ministres qui sont plus modérés qu’on n’a pu le lire précédemment en particulier lors de sa prise de parole devant l’assemblée, on peut observer que l’important désormais, pour le ministre, est d’articuler communication de fond (dossier de presse et discours) et communication médiatique (émission populaire et humoristique de fin de journée).

On peut faire plusieurs hypothèses à cette attitude :

– Le ministre souhaite s’adresser à tous sans exception et faire passer sa parole auprès de tous les publics (ceux qui regardent les émissions humoristiques plutôt que les informations)

– Le ministre tente d’amadouer le grand public car la charge des spécialistes de la question l’avait sérieusement mis en cause dans ses arguments

– Le ministre pense que la politique doit se faire dans tous les salons, même ceux dans lesquels elle n’est pas l’objet

– Le ministre pense que la nation est trop bête (cf la fabrique de crétins) et qu’il faut lui parler dans les émissions qu’elle arrive encore à comprendre…

Bref on peut chercher de nombreuses hypothèses, en tout cas le service communication a fait son travail…

Reste cependant une interrogation de fond : pourquoi le ministre a-t-il besoin d’aller dans cette arêne pour défendre son propos ?

Une inquiétude sourd pourtant derrière cette attitude : le pouvoir politique chercherait-il dans le populisme un nouveau souffle en France, au moment où il est de plus en plus décrédibilisé. En tout cas les enseignants vont apprécier de recevoir les parents d’élèves qui fort de cette sortie du ministre vont venir demander des comptes à l’école si leurs enfants ne savent pas lire. Le ministre à en particulier déclaré qu’il pensait que sa circulaire permettrait de faire passer le nombre d’illettré en 6è de 20% (d’où vient ce chiffre ?) à 5%. Attendons maintenant les effets réels de cette circulaire et donnons rendez vous à tous dans quelques années… le ministre prend là un gros risque.

A suivre et à débattre, et pas forcément à la télévision…

BD

le C2i sur les rails…

Le BO N°1 de 2006 présent la mise en place du C2i prof :
http://www.education.gouv.fr/bo/2006/1/MENT0502170C.htm


On y lit en premier :

« Le C2i® niveau 2 “enseignant”, institué par la circulaire n° 2004-46 du 2-3-2004, a été mis en expérimentation durant l’année 2004-2005, conformément à la circulaire n° 2004-216 du 3-12-2004.

À l’issue de cette expérimentation, la généralisation se déroule en deux phases sur les années 2005-2006 et 2006-2007. Cette circulaire explicite les conditions de la première phase de généralisation : ses objectifs, le référentiel national établi à l’issue de l’expérimentation et le cahier des charges pour la première année de généralisation. « 


le ministère met donc la pression sur les IUFM…

Bruno Devauchelle



						
						
						
		

Les TIC appartiennent au budget de fonctionnement et non d'investissement

La loi du 13 Aout 2004 relative aux libertés et responsabilités locales vient d’être mise en cause par l’ANDEV (association national des directeurs éducation des villes) car il impose aux communes de nouvelles dépenses en particulier pour l’enseignement privé sous contrat. Comme d’habitude, l’Etat qui ne peut en théorie imposer des dépenses aux communes sans les aider à les assumer en vertu de la loi de décentralisation.

C’est surtout la circulaire du 2 Décembre 2005, en application de cette loi (votée curieusement en plein été 2004) qui fait réagir. Mais notre propos n’est pas ici de discuter de cela, sans pour autant oublier de le signaler. Ici il s’agit plutôt d’identifier une disposition qui nous intéresse au premier chef concernant les TIC : que peuvent financer les communes.

On peut lire que parmi les dépenses de fonctionnement qui participent de l’évaluation du coût d’un élève des écoles publiques (références pour calculer l’aide aux établissement primaires privés sous contrat) il y a : « La location et la maintenance de matériels informatiques pédagogiques ainsi que les frais de connexion et d’utilisation des réseaux afférents ».

Cette assertion appartient à une liste de dépenses qui laisse à penser que l’informatique pédagogique doit être considérée comme une dépense de fonctionnement (location) et non d’investissement (achat). Cet aspect des choses est important pour toutes les écoles primaires qui, dès lors qu’elles se voient refuser l’achat d’ordinateur peuvent choisir et arguer de leur location pour en demander le financement. Il est dommage que cette restriction soit encore en vigueur, mais il y a une logique comptable et juridique derrière.

Ce que cela signifie, c’est que désormais (mais je n’ai pas la liste précédent) les TIC, utilisées à des fins pédagogiques, rentrent progressivement dans l’ordinaire des dépenses finançables de façon régulière et non plus exceptionnelle. Autrement dit, fini le temps des « coups » politiques avec inauguration d’ordinateur etc… par le maire et ses adjoints… et place à un usage régulier, avec les communications internet incluses.

Certes les communes les plus pauvres vont avoir du mal (avec le B2i la réaction de l’ANDEV avait été déjà importante) à faire face. Mais il faut constater que la fracture numérique commence aussi par le fait que des communes refusent alors que d’autres acceptent ce genre de financement (quelque soit leurs moyens) et que les enfants et les familles en subissent le conséquences.

Le développement des TIC dans le monde scolaire passe aussi par les moyens financier qu’il faut y mettre. Mais cela ne saurait suffire, on a pu le voir largement depuis cinq ans. Ce qui est important ici c’est l’esprit nouveau qui préside à cette approche qui consiste à considérer les TIC comme normales dans un cadre pédagogiques, c’est à dire îdentiques aux livres, crayons, cahiers et autres objets nécessaires au fonctionnement quotidien de l’enseignement.

L’enseignement privé sous contrat trouve aussi dans ce texte une donnée importante de son financement : l’obligation pour les communes de résidence de financer tout élève scolarisé, même si ce n’est pas sur son territoire, comme pour l’enseignement public. Cette disposition est loin d’être néglogeable, mais risque de poser quelques problèmes d’application, il faudra suivre le dossier pour savoir ce qu’il en adviendra.

A suivre

BD

Nouvel An Libanais

Ayant passé la fin de l’année au Liban, je vous propose ces deux images du contraste libanais de cette année 2005 afin de souhaiter que la nouvelle année 2006 soit celle de l’espoir pour vous tous….

Ville et port de Beyrouth

Et malgré l’image dramatique qui marquera 2005 au Liban

Que 2006 vous apporte espoir, paix et joie…

Bruno Devauchelle