Ah la bonne année !!!

Revenant d’un séjour au Liban, j’ai perçu ce que signifiais une année paradoxale, entre espoir et craintes, entre oppositions extrèmes et réconciliation (des pays comme l’Algérie ou le Maroc tentent actuellement de la faire).

Comment ne pas espérer que la « bonne » année 2006 le sera vraiment pour tous les peuples que la mondialisation a définitivement rapprochés ? C’est probablement en se demandant, chacun de nous, si nous acceptons encore d’être « missionnaire » du quotidien comme me l’a suggéré un collègue libanais qui perçoit l’effondrement des valeurs au profit des intérêts (et ici la métaphore économique prend tout son sens). Même si les connotations historiques attachées à ce terme ne doivent pas nous tromper (la colonisation …), le sens premier du terme mérite pourtant qu’on s’y attarde.

Ce n’est probablement pas Philippe Meirieu qui, en un ouvrage et un site web, s’opposera à ce terme. Dans l’ouvrage d’entretien avec Jacques Liesenborghs, « l’enfant, l’éducateur et la télévision » il nous permet de relire son itinéraire personnelle et professionnel jusqu’à ce passage important, coeur de cet ouvrage, sur la notion de « sidération ». Ainsi la télévision et son prolongement technique, la télécommande, sont les instruments technique d’un sidération, acte intentionnel de ceux qui, à l’aide de cette technique proposent de rendre « nos cerveaux disponibles » et pas seulement à la publicité. La télévision, prise ici comme objet central, ne supprime pas les questionnements sur les TIC en général qui sont aussi abordés. On peut simplement constater que, dans ce texte, la place d’Internet et de ses usages est mise de coté par rapport à la télévision, l’apparition du site web de Philippe Meirieu n’y est peut-être pas étrangere : http://www.meirieu.com/ On peut en effet constater que le site qu’il propose est riche et va attirer nombre de lecteurs, ce qui est l’objectif visé. La critique pourra porter, outre les débats de fond que ces écrits suggèrent, sur le fait que la mise en avant de la « personne » relève aussi d’une forme de « mise en scène », qui, si l’on connait les talents d’orateurs de l’auteur et aussi ceux de débatteur, peut ne pas surprendre.

Mais le livre de la nouvelle année n’est pas nouveau. ou plutôt s’il l’est en français il ne l’est pas en anglais (USA). Lawrence Lessig voit son livre « l’avenir des idées. Le sort des biens communs à l’heure des réseaux numériques » traduit en français par J.B. Soufron et A. Bony et édité aux PUL. Initialement publié en 2001 et donc désormais disponible en France, cet ouvrage arrive à point nommé pour comprendre l’enjeu des TIC et d’Internet dans les années à venir et en particulier au moment où la loi DADVSI est encore en discussion au parlement. Cet ouvrage d’un juriste et surtout du créateur des « commons creative » est accessible et surtout propose de dépasser l’opposition régulation par le marché ou régulation par l’état en posant la question « morale » du bien commun. Autrement dit, il renvoie aux fondamentaux de la vie en société : qu’est-ce que le bien commun ? A partir de cette notion, il montre comment l’avenir d’Internet est menacé si l’on ne déplace pas le questionnement. Christian Paul député socialiste qui donne un avant propos à cet ouvrage donne le ton. Mais bien plus la lecture de cet ouvrage est recommandé pour tous ceux qui veulent réfléchir aux finalités des choix faits actuellement en matière de TIC, cette réflexion amenant, comme pour toutes les questions liées aux TIC, à aller plus loin et à réfléchir plus globalement sur notre vie en société. Ouvrag essentiel et accessible, il devrait servir aussi de base de réfléxion pour tous ceux qui prétendent « réfléchir » les TIC en ce moment. Attendons avec (im?) patience que l’ouvrage « Free culture » du même auteur soit proposé en français, comme annoncé par les traducteurs afin de compléter notre réflexion.

On pourra aussi lire avec intérêt deux autres ouvrages : « Apprendre et enseigner dans la société de communication » publié par le conseil de l’Europe permettra de mieux comprendre la réflexion européenne élargie sur la place des TIC en éducation. Enfin l’ouvrage dirigé par jean Louis Monino, Marie CLaude Lesage et l’équipe Portices et intitulé, de façon très médiocre, « Réussisez le C2i niveau1 » permettra de prendre la mesure des exigences actuelles pour tous ceux qui tentent d’atteindre le niveau universitaire Bac+3 (licence). Malheureusement, cet ouvrage est, à notre avis, très mal structuré, et surtout le CD ROM contient des erreurs techniques qui supposent d’avoir atteint le niveau proposé avant de l’utiliser (ce qui est paradoxal). En effet des liens sur un site dont les consignes ne sont pas explicitées ou encore l’installation d’un logiciel impossible sur un autre disque que le disque C: sur les PC… (mais il est vrai que l’un des auteurs du CD est féru de macintosh)…

Voilà de quoi bien redémarrer une année nouvelle, voire d’oublier les maux de tête que la précédente nous a laissés…

A suivre et à débattre

BD

2006 : l'année des TIC dans l'enseignement scolaire ?

Si, comme cela semble se préciser, le B2i et le C2i se généralisent à tous les niveaux de l’institution scolaire française, alors on ne pourra que constater l’installation durable d’une ligne politique en matière de TIC et enseignement (scolaire et supérieur). Rappelons que les C2i niveau 1 et 2 vont devenir « systématiques » au moins pour le monde de l’enseignement à partir de septembre 2006. Rappelons aussi que le B2i, au toilettage duquel une commission a travaillé cet automne et semble arriver à la fin de son travail, va se trouver enrichi d’une version lycée aboutie et surtout va se voir inscrit partiellement dans le socle commun de connaissances et de compétences.

Certes les arbitrages politiques ne sont pas encore faits. De même les modalités d’intégration du B2i dans les examens du collège et du lycée ne sont pas encore déterminées. Mais il faut bien reconnaître une certaine continuité dans la politique initiée en 2000 et donc une certaine cohérence. Nous avions pourtant craint le pire en septembre 2005 avec l’idée de réduire à 80% le nombre de compétences à valider pour obtenir le B2i. Cette proposition qui se voulait réaliste, tentant de prendre en compte des récriminations sur l’évaluation, est pourtant une incohérence surtout si on la met en perspective avec le rapport de l’IGEN sur les acquis des élèves publié en juillet 2005. Mais on sait bien que les rapports n’ont pas fonction à être traduits en action sur le terrain, au moins pouvait-on espérer qu’ils pouvaient alerter les responsables. On peut penser qu’il serait davantage cohérent de désigner aussi pour le B2i un « socle » et de proposer des compétences complémentaires. Il s’agirait alors de garantir à tous les élèves et surtout à tous les interlocuteurs de l’école que lorsque quelqu’un est attesté B2i, on peut enfin désigner ses compétences. Au lieu de cela le choix des 80%, que nous souhaitons « provisoire », serait une faiblesse dans le dispositif et surtout risquerait de disqualifier à terme le B2i sur le marché de l’emploi.

Malgré cette volonté institutionnelle, il faut aussi remarquer l’incroyable inconstance et imprécision des chiffres disponibles sur la réalité de la mise en oeuvre du B2i. Les derniers chiffres présentés publiquement (médiamétrie d’une part, académie de Poitiers et de Toulouse au salon educatice en novembre 2005) sont très difficiles à interpréter tant leur présentation et leurs résultats laissent de place au doute et surtout manquent de précision. En tout cas ils laissent penser que, quelque soit le point de vue, on est encore loin d’une large mise en place du B2i en cette fin d’année 2005. Loin de vouloir être pessimiste, il faut remarquer que les travaux de M Hubermann sur le changement en éducation publiés en 1973 (OCDE) se révèlent ici encore d’actualité. Les obstacles au changement restent importants et le ministère, tout comme les initiateurs du B2i, ne s’y trompe pas qui progressivement déploie cette logique jusqu’à la rendre « obligatoire » en l’intégrant dans les examens , clés (brevet,bac). Après avoir choisi la méthode douce, le discours s’est progressivement et logiquement durci (le rapport de 2001 de l’IGEN proposait ce chemin).

Et pourtant, plusieurs études publiées récemment de par le monde sont inquiétantes. Elles semblent montrer que l’intégration des TIC dans l’enseignement scolaire et en particulier dans les pratiques des enseignants reste encore très modeste, elle serait même en régression. Même si l’enquête de la Direction de l’Evaluation et de la Prospective du printemps dernier laissait penser le contraire, il faut bien reconnaitre de que nombreux obstacles se dressent sur le chemin des TIC en éducation. Il a suffit de constater la modeste participation des enseignants et de leurs responsables d’établissement à la journée que le conseil général des Bouches du Rhône avait organisé pour faire le bilan de l’opération ordina13, pour comprendre que les freins peuvent aussi parfois être institutionnels, certains discours en ont été partiellement l’illustration.

Comment les enseignants peuvent-ils réellement s’impliquer si, alors que les moyens matériels sont présents, il ne sont pas accompagnés par leur propre hiérarchie.

Le B2i présente de nombreux défauts aux yeux de ses détracteurs, mais aussi de certains de ceux qui s’y sont essayés. Au delà de corrections qui ne manqueront pas de survenir dans les années prochaines, mais n’est-ce pas une bonne chose que de tenter de réajuster un dispositif pour qu’il soit efficace, il y a une méfiance récurrente vis à vis des TIC en éducation. Il semble que l’avènement de pratiques ordinaires des TIC dans les classes soit encore à venir. Cette méfiance, qui peut sembler irrationnelle chez des enseignants qui sont personnellement parmi les professions les plus équipées à titre personnel, doit aussi se lire dans le débat plus général sur la place de l’école dans la société. Aujourd’hui les signes donnés par le ministère ne rassurent pas, ils sont même plutôt source d’un retour aux urgences scolaires (cf le débat sur la lecture). Il n’est pas sur que l’intégration des TIC dans le socle permette de surmonter ces inquiétudes.

Il est temps qu’un discours sépare enfin réellement le technique du culturel, sans pour autant entraîner l’élimination de l’un ou de l’autre. Depuis 2000 les hésitations entre la maîtrise technique et la dimension des usages sont déstabilisante. Le monde de l’enseignement a besoin d’un discours qui, à propos des TIC, situe réellement les questions culturelles et sociales sous jacentes à la nécessaire maîtrise technique. Or ce travail est pour l’instant en jachère. C’est pourquoi les discours dominants restent très centrés sur les moyens techniques d’accès même s’ils s’en défendent. Les mots usages et usagers ne suffisent pas à faire passer un autre message. Il ne s’agit pas ici de nier l’importance de cette approche technique que l’on a peut-être un peu rapidement mise de coté dans certains discours de 2000 voire dans la rénovation des programmes. Il s’agit simplement de signaler que si l’on veut aller jusqu’au bout de la logique d’éducation aux TIC, il faut dépasser ce stade et développer une véitable culture de l’information et de la communication chez les enseignants. Cependant il faudra beaucoup d’exigence pour dépasser le seul stade de « l’esprit critique » expression sympathique pour cacher trop souvent l’incompréhension et la méconnaissance par la « mise à distance critique ».

Il serait par exemple intéressant de proposer au monde scolaire une collection de mises en situation mettant en oeuvre les TIC. Chaque situation pourrait être vécue dans le cadre de projets, en classe ou en formation, avec des élèves ou sans et feraient l’objet de relectures et d’analyses collectives dans le cadre de cercle de pratique réflexive. On pourrait ainsi imaginer la création d’une newsletter ou d’une activité collaborative sur une période de l’histoire réalisée par des enseignants d’histoire (elle pourrait par exemple utiliser un wiki ou un blog). On pourrait aussi imaginer une semaine (ou plus) désynchronisée dans une classe au cours de laquelle les enseignants ne verraient leurs élèves que dans le cadre d’un suivi par petits groupes alors que les élèves travailleraient, en semi-autonomie, sur des projets de production à partir de parcours conçus par les enseignants sur des compétences significatives du programme.

L’enjeu réel des TIC à l’école est bien au-delà de ce que l’on déclare habituellement. Il se pourrait que l’école, malgré des initiatives « courageuses » comme le B2i, se trouve de plus en plus en difficulté face à ces technologies. Les universités ont semble-t-il mis beaucoup moins de temps à mesurer les enjeux. Il est vrai que le niveau 1 du C2i reste lui très technique… le test grandeur réel sera celui du ni
veau 2, dont on a désormais quelques éléments à travailler (enseignement et juridique)

A débattre

BD

Lettre ouverte à un ministre

Monsieur le Ministre,

Vous qui avez été maire de la ville dans laquelle je suis né, j’ai bien peur que vous n’ayez oublié que jadis il y avait une école, dans le quartier Saint Leu, dans laquelle, chaque jour des enseignants faisaient des miracles avec ces enfants d’un des derniers quartiers défavorisés de centre ville. Et puis est venu le temps de la purge. Le quartier Saint Leu est devenu presque bobo, en tout cas respectable. C’est rue Victorine Authier, au Pigeonnier, ou à Etouvie que vous, et certains de vos prédécesseurs, avez « parqué » ces habitants qui jadis étaient dans Saint Leu.

Aujourd’hui vous êtes ministre de l’éducation, et j’ai honte pour vous. Vous avez surement oublié ces enfants, en tout cas vous ne les voyez plus depuis que vous êtes au gouvernement. La preuve, vos propos sur la lecture : en effet comment peut- on être aussi sourd que vous à la vérité des pratiques. Vous vous laissez influencer par un groupuscule élitiste qui ne voit l’école que depuis ses chairs de l’ENS de l’académie des sciences ou encore des grandes études classiques et qui pense qu’il faut supprimer les « sciences de l’éducation » en s’appuyant sur des interpétations et des chiffres totalement faux. Comment pouvez vous avoir oublié tous ces enfants qui apprennent lentement à l’école et qui cherchent à comprendre le sens des mots ? Vous préférez leur donner le simple déchiffrage des lettres dont vous savez, tout comme certains de ces chercheurs de laboratoires qui n’en sortent jamais (contrairement à nombreux chercheurs de sciences de l’éducation) qu’il a comme effet d’empécher d’accéder à la culture et au sens du monde. Vous préférez faire croire qu’il suffit de répéter les lettres pour accéder à la culture. Or ce que disent les chercheurs, ceux qui vont à la rencontre des enfants dans les écoles, c’est que le passage par le déchiffrage ne peut constituer le seul moyen d’accéder au savoir.

Par vos propos, vous confirmez la fracture sociale et surtout la fracture culturelle, vous l’amplifiez. En créant de nouveaux ghettos culturels vous êtes en train de préparer des révoltes encore plus violentes que celles des derniers mois. Oh les arguments employés sont toujours nobles en apparence, mais l’élitisme reste l’élitisme. Le sport de haut niveau fabrique plus de spectateurs frustrés, prompts à se battre dans les gradins, que de pratiquants authentiques prêts à embrasser les valeurs de solidarité.

Ainsi vous avez abandonné les enfants de Saint Leu, et par vos propos et vos décisions vous les condamnez à la marginalité culturelle. Regardez autour de vous, passez par dessus l’épaule de vos conseillers, ils vous cachent la vue. A moins que comme dans la caverne de Platon il ne faille vous demander d’arrêter de voir les lueurs qui sont projetées sur le mur par vos conseillers et qui vous cachent « l’en-soi » pour ne vous laisser à voir que le « pour soi ».

Merci Monsieur le Ministre.

Des sites qu'on peut découvrir

Le créateur du site http://www.lewebpedagogique.com/ propose un moteur de recherche pédagogique. Quoi de plus banal quand on connait des outils comme takatrouver ou d’autres tentatives du secteur. La démarche est pourtant à suivre de près pour plusieurs raisons. D’abord quand une nouvelle offre de service pour l’enseignement il est toujours intéressant de mieux connaître ce qu’elle représente réellement pour essayer d’évaluer sa pertinence. Ensuite qu’une nouvelle initiative commerciale apparaîsse dans ce secteur, quand on a connu les échecs précédents dans le domaine de l’édition éducative ou des services payants en ligne, est toujours une surprise. Enfin au moment où l’on nous propose de nombreux filtres basés principalement des listes noires et des filtres de toutes sortes, l’apparition d’un outil pouvant proposer uniquement des sites destinés à l’enseignement et structurés pour être utilisables en classe, on peut espérer une idée intéressante.

L’idée du webpédagogique est basée sur l’élaboration d’une liste blanche de sites mais établie à partir d’une analyse des programmes d’enseignement officiels. La valeur ajoutée de ce moteur est dans cette capacité technique à identifier les mots clés présents dans les programmes et dans les sites que des « humains » ont vérifiés, et de les ordonner par niveaux de classe et en fonction des contenus. Voilà comment ses concepteurs l’ont présenté. A vous de juger en allant sur le site tester la version beta de ce moteur

Alain Zardo propose un site intitulé : « FLUX D’INFORMATION DE SITES DE DOCUMENTATION ET D’EDUCATION » et sous titré « (pour suivre les derniers messages, articles ou actualité des sites) ». Derrière ce site une façon originale de présenter des fils RSS disponible à l’adresse : http://azardo.free.fr/rss.htm. POur en savoir plus sur l’initiative allez à l’adresse http://www.actifpub.com/ qui explique comment parvenir à de tels résultats. En tout cas ce site pour les documentalistes et autres intéressés par ces contenus est un bon exemple du potentiel des flux RSS.

Enfin un troisième site qui intéressera beaucoup les acteurs de l’éducation : « chronique education. Une revue de presse des quotidiens français sur le thème de l’éducation. Des réflexions personnelles sur l’école et son évolution ». C’est le blog de Philippe Watrelot que lo’n trouvera à l’adresse :http://philippe-watrelot.blogspot.com/. Ce site déjà assez connu mérite aussi de figurer au rang des outils utiles pour les enseignants.

Enfin des sites de revues scientifiques en ligne se multiplient preuve que l’information scientifique si difficile à trouver sous sa forme papier peut trouver dans le web un vecteur pour mieux être partagés par tous. Vous pouvez aller à http://www.cairn.info/accueil.php?PG=START ou encore http://www.revues.org/ autre site du même genre. On ajoutera à ces sites celui de Tematice, http://www.tematice.fr/ dont on s’étonnera qu’il en soit à publier une base de données ouvertes pour l’instant inaccessible à l’adresse http://archivetematice.ccsd.cnrs.fr/index.php et aussi progressivement l’ensemble de feu la revue papier de l’EPI à l’adresse http://archive-edutice.ccsd.cnrs.fr/edutice-00001246, mais elles sont toutes les inaccessibles au moment où j’écris ces lignes.

Au delà de ces petits problèmes on trouvera sur le site des liens intéressants pour tout ce qui concerne les TIC et l’éducation.

A découvrir ou à redécouvrir

BD

Qu'on me comprenne bien !

Voilà que depuis une semaine mon blog a été « découvert ». Autrement dit il est désormais identifié et devient donc un « objet » public.

Seulement voilà, depuis le temps que je tiens ce blog, (il est le prolongement d’une liste de diffusion « privée ») je n’avais pas encore eu l’occasion de sentir ce que signifie le poids de ce nouveau statut. Cela se traduit fort logiquement par des commentaires, mais comme j’ai décidé de modérer je prends du temps avant de valider ces commentaires. Je veux pas qu’il se développe, sur un espace que je construis et dont je suis le responsable éditorial, des choses que je ne maîtrise pas voire que je réprouve.

  • Ainsi je m’autorise à ne pas diffuser un commentaire sur mon blog
  • Je m’autorise à ne pas diffuser les commentaires anonymes

A tous ceux qui veulent apporter leur contribution, vous connaissez désormais mes choix et je compte les assumer.

Venant de recevoir récemment sur une liste de diffusion le texte intégral d’un article du journal « Le Monde », je rappelle que si le droit de citation est bien évidemment inaliénable, il doit être respecté dans sa forme légale et que toute reproduction, sans autorisation, du contenu de ce blog est interdite.

Bruno Devauchelle BD

Accompagnement et scolarisation familiale, vers quelle école allons nous ?

Le salon de l’éducation qui se termine ce 27 novembre a mis en évidence deux tendances émergentes : l’accompagnement scolaire et la scolarisation familiale. Certes ce ne sont pas les statistiques officiels qui ont montré cela, mais plutôt quelques rencontres et échanges fortuits faits dans les allées de ce salon. La montée en puissance de l’accompagnement scolaire est une réalité avec laquelle l’école va devoir compter. Contrairement aux premières impressions médiatiques qui laissaient penser que la poussée des cours privés et autres prestations de cours particuliers de toutes natures était devenu la seule voie, force est de constater que l’accompagnement scolaire associatif semble devenir une préoccupation prioritaires des acteurs des quartiers. Autrement dit on peut observer que de nombreuses associations proposent désormais dans les quartiers difficiles de mettre en place des structures d’aides à la scolarité des enfants. Certes ces activités ne sont pas nouvelles, mais leur récurrence dans les rencontres dans ce salon de l’éducation nous signalent une évolution notoire de ces actions menées en direction des jeunes : comme si les acteurs associatifs avaient « enfin » décidé de s’emparer de la question scolaire de façon massive et structurée. Pendant logique de l’offre commerciale d’une part, prise de conscience d’une priorité devenue première d’autre part, il semble que désormais les regards se tournent vers la scolarisation comme mode dominant d’intégration sociale et culturelle après avoir longtemps été en rupture avec cette école que Pierre Bourdieu avait probablement trop hativement pensé qu’elle était incapable d’autre chose que la reproduction. Or dans le même temps la scolarisation familiale commence à trouver des publics jusqu’à présent non touchés. Entre 35000 et 65000 selon les sources exprimées par divers interlocuteurs, mais nous n’avons pas pu vérifier ces chiffres, ce mouvement serait une sorte de symétrie de celui de l’accompagnement scolaire. Quand d’une part les associations de quartiers décident de rentrer dans le jeu de la scolarisation pour les enfants les plus démunis, les familles qui en ont les « moyens » (pas seulement financiers) développent des stratégies d’évitement du système scolaire nouvelles pour elles; certaines ayant épuisé les ressources de la navigation a vue dans le système (privé, public, cours particuliers), elles ont décidé de prendre en main leur destin à la maison et reprochent à l’école de ne pas être capable de répondre à leurs besoins spécifiques. On peut être surpris par la concomitance de ces deux phénomènes, mais il faut les mettre en perspective plus largement. Dans le même temps la société française développe en son sein des comportements que l’on croyait réservé à l’amérique du nord, comme les résidences clauses (cf le supplément du journal le Monde daté de samedi 26 novembre 2005), la judiciarisation, etc… On peut s’apercevoir que c’est autour du « vivre ensemble » que les choses sont en train de se compliquer. Comme le montrent désormais les analyses de la crise dite des banlieues dont on commence à s’apercevoir que les commentateurs de tous poils l’avaient interpétée un peu vite, oubliant de sortir de leurs représentations sommaires, on peut s’apercevoir que des gens qui habitent dans le même pays commencent à exprimer leur souhait de ne plus « vivre ensemble ». Cet effrayant constat, qui est révélé par les nouvelles formes de relation au seul lieu de socialisation globale que constitue l’école, nous interroge très fortement en ce moment. Quelles perspectives proposer désormais si l’on constate que la rupture est en train d’être consommée et revendiquée par une partie de la population qui se retire au moment ou l’autre demande à s’intégrer, fut-ce au prix de manifestations violentes dans les deux camps…. ?

Epilogue possible : Dans son dernier opus en public, M (alias Matthieu Chedid) chante le passage suivant de sa chanson Mama Sam :

« Non je ne connais pas l’Afrique Aigrie est ma couleur de peau La vie est une machine à fric Où les affreux non pas d’afro »

tout le public de ces milliers de jeunes qui viennent à ses concerts reprennent en coeur ce refrain : la prochaine génération nous demande d’avoir de l’espoir et de refuser de nous exclure les uns les autres…. les quadras et les quinquas d’aujourd’hui sauront-ils faire leur autocritique pour écouter ces jeunes qui ne chantent pas que l’appel à la destruction, mais qui aussi demandent d’abandonner les vieux mirages des trente glorieuses… et sa mythification de l’argent…

A débattre

BD

Madame il m'a traité !!!

Que certains mathématiciens, philosophes, et autres intellectuels en viennent à l’invective, l’injure voire la diffamation n’est pas sans poser question à une époque où l’on reproche à nombre de groupes de Rap d’utiliser des réthoriques guerrières et l’invective comme seul mode d’expression. Or c’est bien ce qui est en train de se passer. Faut-il retourner sur le prè à 6 heures du matin avec le choix des armes pour retrouver le bon vieux temps ? Faut-il retourner à la barbarie de nos primitifs pour qui la mort de l’autre signifiait leur survie ? Après quelques accalmies, le débat autour du Haut Conseil de l’Ecole et de ses membres ou encore celui à propos de l’origine des violences récentes en France semble apporter quelques raisons de craindre le pire. On peut y voir un signe de faiblesse de la Démocratie, celle de nos anciens Grecs qui dans l’Agora utilisaient le discours policé pour convaincre. On peut y voir aussi un effet des nouveaux outils de communication, en particulier la messagerie électronique, instantanée ou non. Depuis plusieurs années je m’interroge sur la violence symbolique des messages dont je suis parfois destinataire. Comme si son émetteur voulait « tuer » symboliquement son lecteur, le message comporte de manière implicite une condamnation définitive du lecteur par l’auteur. De même dans la messagerie instantanée il m’arrive souvent d’observer ce même glissement, mais de manière cachée puisqu’elle s’arrête dès que l’anonymat disparait. Récemment, je me promenais non loin d’une cours d’école dans laquelle j’entendais un enfant dire à un autre, « je vais dire à la maîtresse que tu m’as traité !!! » et l’autre de lui répondre « tu vas faire de la lèche!!! » Quel lien entre les deux ? Ne suis-je pas en train de dénoncer ? La difficulté de la position à tenir est la suivante : comment empêcher la barbarie de revenir dans notre société qui autorise toute parole, même non « policée ». On peut penser qu’il suffit de réprimer, de mettre des règles, mais même ceux qui en réclament sont prompts à utiliser cette violence.

Il est grand temps que l’éthique de la parole devienne un « objet de débat public ». Le développement des moyens de communication à supprimé la régulation exercée par la « fonction éditoriale ». Désormais chaque auteur doit réinventer cette fonction, de même que chaque lecteur. Alors non seulement objet de débat, mais l’éthique de la parole doit aussi devenir un véritable objet d’éducation, des jeunes mais aussi des adultes et même des enseignants.

BD

Télévision et école

Le reportage sur le retour aux « bonnes vieilles méthodes » présenté par France2 le mardi 15 novembre tendrait à montrer que le retour aux bonnes vieilles méthodes permettrait de « savoir lire en mars au CP » et que ce serait la méthode globale imposée par « en haut » ainsi que le théatre et le jeu pour apprendre qui sont mauvais, incitant les enseignants à refuser d’appliquer les consignes ministérielles. Quelques éléments de ce reportage doivent retenir notre attention car ils mettent en évidence la réthorique utilisée pour démontrer des idées : D’autre éléments illustrent encore davantage les contradictions internes de l’exposition de ce cas.

On montre une enseignante que l’on qualifie d’ordinaire et on laisse passer plus loin une image qui illustre la couverture du livre publié par cette institutrice. Les auteurs du reportage oublient de nous signaler qui est précisément cette jeune femme en nous cachant ce fait. Le lieu et l’espace de présentation de l’enseignante est mis en scène en l’entourant de livres très nombreux, dans un grenier et avec un ordinateur (ou deux) macintosh, avec écran plat dont on montre à l’écran l’écriture par l’enseignante de syllabes. On nous dit qu’il est interdit de filmer dans sa classe (qui utilise les anciennes méthodes) et on nous montre une autre classe qui elle utiliserait la méthode globale (sans interroger l’institutrice ni situer l’origine du reportage), ce qui n’est illustrer que par quelques dessins de mots dans lesquels des lettres et des sons sont mis en évidence. On nous parle de la multiplication des livres sur ce sujet, mais on oublie de vérifier ce que sont ces livres dans l’ensemble des publications pédagogiques actuelles. On interroge pour renforcer le tout un inspecteur d’académie à la retraite (sans doute pour contrer un argument de cette jeune femme qui a cinq ans d’ancienneté). Cette figure de l’ancien, n’est pas mise en perspective par rapport à d’autres anciens inspecteurs qui tiendraient d’autres discours. De plus la mise en scène de l’inspecteur est caractéristique : il feuillette ce qui est supposé représenter un vieux livre jauni. Enfin le commentaire se termine sur une statistique qui doit être située : elle déclare en 6è 30% des élèves ne savent pas lire ». Or cette argument ne dit pas que cette statistique est issue d’une étude internationale qui elle précise que ce n’est pas de lecture, mais de litéracie dont il s’agit.

Ces éléments sont illustratifs de l’école de formation des journalistes chargé de promouvoir un point de vue. Ils sont aussi illustratif de la réthorique utilisé par les tenants de ces « méthodes anciennes ». En effet les deux figures de la mise en scène actuelle des idées sont : – le débat contradictoire dans lequel chacun tente d’imposer sa voix sur l’autre, pilotés par le point de vue de l’animateur (cf le travaux de P. Bourdieu) comme savait le faire Jean Marie Cavada – L’exposé structuré et spectacularisé d’une oppression supposée et d’une opposition à une autorité (ici le ministère) sans permettre au spectateur de mesurer la valeur des arguments. L’ensemble des tenants de la thèse exposée témoignent et les autorités ou valeurs mises en cause ne sont jamais interrogées ou expliquées autrement que par l’éllipse (trois secondes sur une classe ou on enseigne une méthode dite globale ».

Cette deuxième forme de démonstration qui est celle de ce reportage doit nous alerter sur les tentatives de manipulation médiatique qui sont actuellement en train de se développer dans notre société. En effet le spectacle mis en scène ici (et non pas simplement observé et analysé) repose sur l’art de ne pas permettre au spectateur de prendre de la distance avec ce qui est montré. Au moment où les télévisions étrangères et en particulier Nord Américaine ont montré la capacité des médias à fausser l’information (cf la carte de France délirante des émeutes), nous observons que cehz nous c’est la même chose et que le service public, qui est supposé être au service du public se met volontier au service de causes particulières sans permettre une prise réelle de recul. Force est de constater que les personnes qui oeuvrent dans le sens pris par le journaliste utilisent depuis longtemps ces techniques réthoriques qui caractérisent les tenants de telle ou telle idéologie et qui veulent à tout prix montrer qu’ils ont raison.

Quelques éléments de la symbolique présente dans ce reportage doivent nous alerter. En effet la mise en scène doit être interrogée :

– La présence de l’ordinateur sur le bureau de l’enseignante et la grande quantité de livres dont l’enseignante est entourée Il est étonnant de voir figurer un ordinateur parmi les plus couteux dans le bureau d’une jeune enseignante qui cherche à revenir aux vieilles méthodes. On peut se demander si, mis à coté d’une telle quantité de livres n’est pas là pour signifier que ces deux objets sont les symboles de la « réussite scolaire », l’ancienne et la nouvelle, toutes les deux au service de la tradition. Cette tension entre ces deux objets peut aussi signaler que la maîtrise de l’informatique est, dans la suite logique de la maîtrise du livre un outil de domination sociale. En mettant en avant cet ordinateur dont on ne parle pas dans le commentaire (fallait-il le psser sous silence) on peut penser qu’il y a là un objet à part.

– L’argument du bon sens et de la répétition L’argument du bon sens est celui qui amène les gens qui ne sont pas des professionnels de l’enseignement à penser qu’il suffit du bon sens pour enseigner. Or cela est en contradiction avec l’appel aux méthodes anciennes qui n’ont jamais été élaborées sur le bon sens, mais bien sur une analyse de la langue par les linguistes de l’époque. Comme si le bon sens seul avait été à la base des pratiques antérieures de l’enseignement alors que l’on sait que les pratiques d’enseignement ont leur fondement dans les pratiques anciennes et les analyses anciennes faites par les fondateurs des écoles et en particulier les religieux (jésuites par exemples) qui avaient théorisés des pratiques en particulier, par exemple, celle de la réthorique.

– l’encadrement du reportage par des couvertures de livres La première couverture dans le reportage a pour titre : « parents contre profs », La dernière a pour titre : « la fabrique des crétins ».

On peut se poser la question du choix éditorial fait ainsi qui pourrait, si l’on fait le racourci renforcer l’idée que la famille fabrique des crétins et que l’école doit l’empécher par les bonnes vieille méthodes choisies par des adultes (comme les textes des poésies). Cette façon de faire pourra être jugée comme arrogante par certains, humiliante par d’autres.

On ne peut qu’être surpris que le service public de l’audiovisuel fasse des reportage de cette forme tant il est tenu de respecter ses auditeurs….

Citons, en conclusion de ce questionnement et pour illustration , des passages de la lettre aux instituteurs de Jules Ferry envoyée en 1883 qui nous rappellerons que nous sommes souvent collectivement et profondément marqués par le retour à cet ordre ancien et que déjà à cette époque les débats étaient de même nature :

« ce n’est donc pas dans l’école, c’est surtout hors de l’école qu’on pourra juger ce qu’a valu votre enseignement. »

« L’enfant qui sait reconnaître et assembler des lettres ne sait pas encore lire ; celui qui sait les tracer l’une après l’autre ne sait pas écrire. Que manque-t-il à l’un ou à l’autre ? La pratique, l’habitude, la facilité, la rapidité et la sûreté de l’exécution. De même, l’enfant qui répète les premiers préceptes d’instinct ; alors seulement, la morale aura passé de son esprit dans son coeur, et elle passera de là dans sa vie ; il ne pourra plus la désapprendre. »

« Une seule m
éthode vous permettra d’obtenir les résultats que nous souhaitons. C’est celle que le Conseil supérieur vous a recommandée : peu de formules, peu d’abstractions, beaucoup d’exemples et surtout d’exemples pris sur le vif de la réalité. Ces leçons veulent un autre ton, une autre allure que tout le reste de la classe, je ne sais quoi de plus personnel, de plus intime, de plus grave. Ce n’est pas le livre qui parle, ce n’est même plus le fonctionnaire ; c’est pour ainsi dire, le père de famille, dans toute la sincérité de sa conviction et de son sentiment. »

A débattre

BD

Contrôle, fracture, des mots d'actualité

L’époque serait-elle au tout sécuritaire pour mieux contenir la fracture numérique ?

Sous cette question paradoxal plusieurs annonces de ce jour :

La première : Voici une dépèche qui va ravir les partisans de l’éducation !!!!

Le ministre délégué à la Famille, Philippe Bas, a annoncé la conclusion d’un accord obligeant les FAI à proposer automatiquement des logiciels de contrôle parental gratuits. Mais les discussions avec les éditeurs de logiciels ne sont pas bouclées.
Mais ces bonnes intentions ne font pas tout, comme le ministre a tenu à le préciser par une métaphore routière : « La clef de la réussite, c’est la responsabilité des parents. Nous fournissons la ceinture de sécurité, mais c’est à eux de l’attacher. »
Arnaud Devillard , 01net., le 16/11/2005 à 18h40

La deuxième concerne le contrôle mondial d’Internet comme l’annonce le Monde dans son éditorial

« Les Etats-Unis doivent-ils garder les rênes d’Internet ? Beaucoup, de l’Union européenne à l’Argentine, mais aussi les pays à régime non démocratique, de la Chine à l’Iran, plaident pour l' »internationalisation » de sa gestion. »
et qui conclut sur :
« Mais Internet véhicule autant la propagande que la contestation. La démocratie ne peut que gagner du terrain lorsqu’un tel moyen de communication et d’expression se développe. « 

La troisième vient aussi du journal le Monde :

Nicolas Negroponte annonce « Le directeur de laboratoire de l’université américaine Massachusetts Institute of Technology (MIT) va en effet y dévoiler le prototype de son « ordinateur portable à 100 dollars » (soit cinq fois moins cher qu’un modèle basique normal), destiné aux écoliers des pays en développement. »

Comment croiser la mise à disposition d’Internet pour tous avec la volonté de contrôler, soit au niveau des états, soit au niveau des familles.

On pourrait, de manière utopique, proposer que les machines à 100 euros n’accèdent pas à Internet pour éviter que les élèves les plus démunis ne soient pas pervertis pas les idées des pays les plus riches ? En plus pas besoin de contrôle parental.

Mais heureusement que le minsitre français de la famille nous rappelle que c’est en fait la question de la responsabilité des parents. Malheureusement il sous entend aussi (avec la métaphore de la ceinture) que s’ils ne le font pas, le gendarme pourrait sévir.
Finalement, il serait tellement confortable que l’on ne donne aux jeunes (ou aux adultes des pays les plus pauvres) que ce que l’on veut qu’ils sachent. C’est ce que l’on appellait dans d’autres temps de la propagande.
D’ailleurs cette idée semble même faire des émules en France. pour preuve ce passage d’un document transmis par un collectif réactionnaire SLL :
« Les lettres doivent être au centre de l’Ecole, c’est-à-dire l’intelligence du monde, afin que l’Ecole devienne un peu plus celle qui mette en son centre le Savoir, c’est-à-dire d’abord les Humanités »
Il suffit qu’ils ajoutent qu’ils sont les plus habilités à choisir pour les autres, ils trouveront un accord avec les USA pour dire qu’il suffit de choisir les contenus pour les autres, ainsi on ne court aucun risque.

La liberté de penser et de s’exprimer mérite de s’exercer dans un cadre choisi et respecté par ceux qui le mettent en oeuvre. A vouloir choisir ce qui est bien pour les autres, on s’aperçoit que seuls certains finiront par être libre de penser pour les autres.
Un beau problème d’éducation au niveau mondial en perspective, que le contrôle des accès aus ressources numériques….

A débattre

BD

Partager, l'avenir des communautés

A l’heure du travail collaboratif, la question de l’aide à la vie des communautés est essentiel. Le choix des logiciels concernés est déterminant.

Cette liste de liens n’est certes pas complètement une nouveauté, mais permet d’envisager la question de façon assez large et surtout de servir de base à une réflexion sur l’actualité des communautés en ligne

http://www.plpage.net/
http://www.e-poke.com/
http://www.frheaven.com/index.php?maincat=2&subcat=27
http://www.yoono.com/index.html

http://salongascogne.free.fr/zebigweb/peer-to-peer.php
http://www.mayeticvillage.fr/home.nsf/Pages/HomePage
http://fr.groups.yahoo.com/
http://www.claroline.net/doc/fr/index.php/Accueil
http://www.anemalab.org/
http://moodle.org/
http://www.labset.net/formadis/moodle.htm

Internet repose sur deux piliers : l’information, la communication. Toujours imbriqués dans les faits (un peu d’histoire nous permet de rappeler les sites web, forums, usenets et autres listes de diffusion de toutes sortes qui ne sont que les ancètres, moins performants certes, des blogs et wiki), on note avec le développement du P2P un fort développement des solutions pour aider les communautés à regrouper leurs force. Que ce soit pour les passionnés, ou en formation à distance, les outils de communication, en vue de faire vivre une activité communautaire sont de plus en plus nombreux.
Le dernier avatar est l’incorporation d’un wiki en standard ainsi que du RSS dans la plateforme de l’université de Louvain : Claroline. L’apparition d’autres produits comme le récent Yoono montrent que cette tendance est de plus en plus forte.
Quel sens a cette évolution ? En rendant de plus en plus facile la mise en lien des ressources des groupes de travail, espère-t-on dépasser l’individualisme ambiant ? A moins que cela ne soit le moyen de recréer du communautarisme ?
L’observation des comportements dans des milieux professionnels ainsi que celle de l’évolution des TIC au cours des trente dernières années permet en tout cas de constater qu’il y a un écart constant entre la volonté de construire des outils de communauté et des pratiques de plus en plus concurrentielles. L’utopie d’Internet que l’on retrouve dans de nombreux textes de zélateurs est bien souvent celle d’un monde solidaire. Mais ces textes recellent aussi l’utopie libertaire avec son double caché l’utopie libérale. Cette ambivalence est peut-être celle qui est sous-jacente à cette évolution de l’Internet, simple reflet de notre « ambiguité humaine ».
La presse se fait souvent l’écho du débat actuel sur la pertinence de la psychanalyse. Au delà de querelles dont les implicites sont nombreux (rationalistes ou non), on peut au moins repenser à ce que Freud (3è topique) disait des pulsions de vie et de mort, incarnées par le Désir. Antagonisme fondamental, mais aussi ambiguité essentielle de l’homme, on peut essayer de lire ce développement du volontarisme communautaire sur Internet comme une nouvelle traduction de ce qui serait un fondement humain. L’attitude de chacun de nous face aux communautés mérite que l’on s’attarde à cette lecture.

Les outils sont là, l’observation « ethnographique » des usages sera, comme le suggère le livre de Jacques Audran (Ethnologie et conception de sites web scolaires, Hermès, Lavoisier 2006), une piste féconde pour comprendre mieux cette évolution. Encore faut-il que chacun de nous prenne le soin de se mettre suffisamment à distance pour pouvoir distinguer, dans son quotidien, ce qui est son désir de voir aboutir son projet de la réalité de celui-ci.

A débattre
BD