Juin 19 2005

Entraînement mental

On connaissait les logiciels d’entraînement pour enfants (zoombinis, et autres docteur Brain). On avait rapidement feuilleté des livres comme gymcerveau (devenu récemment Gym cerveau objectif 100 ans). On découvre maintenant(avec stupéfaction) le site www.happyneuron.com (voir le Monde daté du Samedi 18 juin). Plusieurs analyses sont possibles. La première est commerciale et consiste à considérer, comme pour le livre gym cerveau, qu’il y a un marché de l’entrainement mental (cognitif ???). Ce marché, après avoir montré ses limites pour les enfants et les adultes, concerne désormais les plus agés d’entre nous. Le commerce du 3è et 4è age est un marché qui a des moyens financiers suffisants pour assurer la vie de ces sociétés qui proposent ces produits La deuxième est concerne le fonctionnement du cerveau. Peut-on entraîner le cerveau ? si oui comment ? Des spécialistes de la plasticité du cerveau (M Peschanski, M. Prochiantz etc…) ont montré l’importance de la stimulation de l’activité intellectuelle pour maintenir un bon niveau de vigilance mentale en vieillissant. C’est donc sur cette base que certains (moins scientifiques) ont conçu des outils pour stimuler cette activité La troisième est pédagogique et cognitive. peut-on entraîner les capacités mentales indépendamment d’un contexte. Peut-on concevoir des exercices systématiques et en dehors d’un contexte pour stimuler l’activité intellectuelle ? Là encore l’utilisation des logiciels de ce type en classe ou encore les recherches menées à l’université de Paris 5 ont montré que l’intérêt de telles pratiques est extrêmement limité. Enfin est-il possible d’entretenir réellement une vigilance mentale indépendamment d’un contexte. Le contexte parce qu’il sert de repère dans le temps et dans l’espace, parce qu’il est un appui à la motivation, et enfin parce qu’il donne sens à l’activité, est essentiel à tout fonctionnement du cerveau. De ces analyses ont peut comprendre que derrière la dimension commerciale se cache une croyance qui est aussi une ignorance : celle que l’entraînement systématique hors contexte est efficace. Quand un musicien explique les gammes qu’il fait tous les jours, quand un sportif s’entraîne des années en vue d’une hypothétique réussite, quand un artiste parle du long chemin qu’il parcourt, on peut penser que cet entraînement systématique est un modèle. C’est oublier ce qui fait le contexte de ces entraînements et le rituel qui les entoure. C’est oublier ce qui motive ces entraînements et qui les rend « productifs ». Les logiciels d’entraînement sont alors à contextualiser. Quand une personne agée fait un mot croisé ou joue aux chiffres at aux lettres, elle fait un exercice d’entraînement contextualisé qui comporte une dimension d’appartenace sociale qui se traduit par les échanges et interactions que permettent ces activités. L’autre dimension qu’oublient ces logiciels c’est l’interaction humaine comme stimulant le cerveau. Or l’entraînement systématique qu’ils proposent oublient complètement cette dimension. Quand pour des jeunes en milieu scolaire cette interaction est contrainte par le contexte scolaire, il n’en est pas de même pour les personnes agées davantage portées par le repli sur son intérieur. Les marchands de la peur du vieillissement ont trouvé là un espace d’affaire. Espérons que la vigilance de nos anciens saura résister à ce type de marché : universités du 3è age, activités collectives, associations, et même recherches sur Internet, sont des espaces de vigilance intellectuelle au moins aussi porteuse que ces logiciels qui prétendent entraîner le cerveau… BD

Juin 17 2005

L'utilisation des TIC à des fins pédagogiques : une énigme ?

Le rapport 2004 sur les politiques d’éducation publié par l’OCDE comporte un chapitre consacré à la « rentabilisation des investissements dans les technologies éducatives ». Par ce seul titre, ce rapport introduit d’emblée l’hypothèse de « retour sur investissement » autrement dit il pose de la question de l’amélioration de l’éducation par les technologies. Le résultat est accablant : même dans les pays considérés comme étant les plus avancés en la matière le bénéfice éducatif des technologies semble très faible. L’obstacle principal dénoncé dans ce rapport est « la capacité des enseignants à intégrer ces appareils dans leurs pratiques pédagogiques ». Il est ajouté qu’il ne suffira pas de former les enseignants mais qu’il faudra conjuguer, matériel, formation et autres formes d’innovation éducative. La naïveté de ce rapport me paraît désarmante et le constat bien tardif. Une analyse un peu distancée des initiatives prises dans les années 80 sur le même thème ne laissaient aucun doute. L’amnésie sur le sujet des TIC dénoncée par Pierre Landry (spécialiste de l’autoformation) se confirme ici. Il est dommage que des travaux pour l’OCDE comme ceux de Michael Hubermann en 1973 n’aient pas été davantage popularisés : on aurait compris que le changement en éducation est beaucoup plus complexe qu’on ne le pense et surtout qu’il ne se réduit pas à des moyens et de la formation. Car ce rapport signale, fort heureusement, que si les moyens ne suffisent pas, la formation n’est pas une solution en elle-même quand les moyens sont là. Il est quand même dommage que les travaux sur la forme scolaire (Guy Vincent) n’aient pas été mieux lus. On aurait peut-être pas lu dans le rapport des phrases comme celle-ci : « 87% des élèves du deuxième cycle du secondaire fréquentent des établissements qui ne peuvent atteindre leurs objectifs en matière de TIC du fait que les enseignants ont une maîtrise insuffisante de l’ordinateur à des fins pédagogiques ».(Norvège) et surtout celle-ci «  »une formation appropriée ne permet pas à elle seule, une utilisation plus efficace des TIC: il faut aussi s’attaquer aux obstacles organisationnels et structurels qui existent au sein de l’école ». On comprendra mieux cet état de fait et donc l’origine de cette naïveté en lisant ce passage : « Les études expérimentales existantes renseignent globalement assez peu au sujet de l’impact des types actuels de technologies sur les performances des élèves, et moins encore au sujet de leur incidence sur la motivation ou l’acquisition des aptitudes à apprendre ». On apprend que, si les recherches avaient été mieux orientées, on aurait peut-être eu les moyens de comprendre les choses. Mais malgré ce propos, l’allant de soi sous jacent, l’hypothèse de base de ce texte reste bien que les technologies améliorent les apprentissages, et qu’il est dommage qu’on ne l’ait pas encore prouvé. Or le véritable travail à entreprendre est ailleurs. L’amélioration de la pédagogie ne peut être une question de technologies. Faut-il encore rappeler que c’est avant tout une question d’être humain ? L’amélioration des « processus d’enseignement et d’acquisition de savoirs » par les technologies est un prisme qui n’a pas de sens. C’est un mythe qu’il faut abattre. La première chose à faire est d’arrêter de poser cette question en croyant que la réponse est positive. Souhaitant d’autres innovations éducatives, le rapport fait là aussi preuve de naïveté. Il ne suffit pas d’innover quand on connait la difficulté à transférer les innovations. La question la plus importante est, selon moi, celle des pratiques ordinaires. Dans le monde enseignants les pratiques ordinaires évoluent différemment que dans d’autres milieux professionnels. les changements dans ces pratiques s’opèrent avant tout dans la confiance qu’ont les enseignants dans leur pratique. Or les technologies ont pour principal effet de déstabiliser cette confiance pour beaucoup de praticiens ordinaires (probablement moins pour les innovateurs). Le poids des représentations sociales de la fonction d’enseignement chez les enseignants (mais aussi pour l’ensemble des acteurs de l’éducation) est le facteur d’inertie dominant. L’acceptation de l’ordinateur dans les établissements scolaires est désormais un acquis non contesté. L’usage par contre ne se développe qu’au rythme de l’évolution de ces représentations. D’abord individuellement, les enseignants tentent une incursion dans ces pratiques nouvelles pour chacun d’eux. C’est dans ce premier temps qu’interviennent le plus les freins techniques et de formation. C’est le temps de la « prise de confiance ». Dans le deuxième temps accessibilité, souplesse, adaptabilité doivent accompagner un renouveau du « plaisir d’enseigner ». Dans un troisième temps, reconnaissance, soutien et accompagnement doivent permettre de rendre ordinaire l’usage des technologies qui sont alors en « proximité » avec l’acte d’enseigner. Cette démarche se fait dans un aller retour constant entre l’individuel et le collectif au sein de l’établissement scolaire, processus qui suppose une vigilance rigoureuse pour réguler les a-coups inévitables de la motivation et de la confiance. L’introduction des technologies dans l’enseignement ne doit pas viser à améliorer la qualité de l’enseignement en elle même mais bien plutôt la qualité de l’enseignement par rapport à la mission de l’école dans la société. Il ne faudra pas regretter que les perfomances aux tests standards ne soient pas améliorées par les technologies, car c’est perdu d’avance. Il faudra par contre redouter qu’au nom de ce mythe on ne poursuive pas ce développement car les technologies dans le système scolaire permettent bien d’autres choses autrement importantes : – la relation aux savoirs savants et aux savoirs de la pratique contemporains ne peuvent se faire si l’on ne situe pas les technologies par rapport à ces savoirs, c’est à dire aussi dans la construction de ces savoirs, – l’évolution de la relation pédagogique dans la classe, – Le développement d’une culture d’information et communication suffisante pour comprendre et analyser le monde actuel – la maîtrise technique et culturel d’outils dont l’usage social est de plus en plus opaque pour l’usager.

Juin 16 2005

Autoformation, TICE et modèle de l'apprentissage

L’interview de Pierre Landry disponible à cette adresse : http://www.asti.asso.fr/pages/Hebdo/sh56/sh56.htm mérite d’être lue avec attention. J’en extrais ces quelques lignes commentées : Dénonçant en premier lieu quelques allant de soi qui ont la vie dure il déclare : « Or l’apprentissage, seul avec un document, électronique ou pas, ne fonctionne que dans des cas précis, par exemple pour apprendre à se servir d’un logiciel. Et cela ne fonctionne pas pour tout le monde. » Evoquant la place de la scolarisation pour l’apprentissage, en lien avec les propos sur les TIC :  » il n’est pas question de supprimer l’école mais de reconnaître que la forme scolaire n’est pas la seule forme pour apprendre.. » Autrement dit, il est temps que l’école prenne en compte cette réalité et se tienne à sa place !!! Spécialiste de l’autoformation P Landry rappelle : « Pour apprendre, il faut une initiative » Et son propos s’appuie sur ce cadre : « Finalement, nous distinguons, avec Philippe Carré, trois dimensions: vouloir apprendre : se motiver ; pouvoir apprendre : les conditions et situations qui valorisent l’apprentissage, par exemple les entreprises « apprenantes » qui le permettent (ou non, dans l’optique du taylorisme), en créant les conditions nécessaires à la reconnaissance de ce qui est appris et en favorisant les interactions entre les personnes pour qu’elles apprennent : savoir apprendre  » Revenant enfant aux question des technologies, Pierre Landry nous rappelle : « L’histoire de la relation des machines avec l’éducation et la formation est une longue suite d’oublis […]spécialistes des différentes technologies ne discutent pas entre eux » En effet on ne peut que constater la répétition de propos incantatoires (Patrice Flichy parlait d’objets valises) à chaque nouveauté technologique en lien avec l’éducation. Cela amène P Landry à une critique acerbe du monde de la recherche et de l’université dont il dénonce les cloisonnements disciplinaires et l’éloignement des acteurs engagés. Mais cela l’amène aussi à inviter à une plus grande rigueur dans le travail de recherche en sciences de l’éducation et en sciences de l’information dès lors que l’on parle des TIC. La dénonciation du mythe de l’e-learning est une bonne illustration de ce propos et mérite que l’on regarde nos propres enthousiasmes avec une distance suffisante. A suivre et à débattre Bruno Devauchelle

Juin 16 2005

Autoformation, TICE et modèle de l'apprentissage

L’interview de Pierre Landry disponible à cette adresse : http://www.asti.asso.fr/pages/Hebdo/sh56/sh56.htm mérite d’être lue avec attention. J’en extrais ces quelques lignes commentées : Dénonçant en premier lieu quelques allant de soi qui ont la vie dure il déclare : « Or l’apprentissage, seul avec un document, électronique ou pas, ne fonctionne que dans des cas précis, par exemple pour apprendre à se servir d’un logiciel. Et cela ne fonctionne pas pour tout le monde. » Evoquant la place de la scolarisation pour l’apprentissage, en lien avec les propos sur les TIC :  » il n’est pas question de supprimer l’école mais de reconnaître que la forme scolaire n’est pas la seule forme pour apprendre.. » Autrement dit, il est temps que l’école prenne en compte cette réalité et se tienne à sa place !!! Spécialiste de l’autoformation P Landry rappelle : « Pour apprendre, il faut une initiative » Et son propos s’appuie sur ce cadre : « Finalement, nous distinguons, avec Philippe Carré, trois dimensions: vouloir apprendre : se motiver ; pouvoir apprendre : les conditions et situations qui valorisent l’apprentissage, par exemple les entreprises « apprenantes » qui le permettent (ou non, dans l’optique du taylorisme), en créant les conditions nécessaires à la reconnaissance de ce qui est appris et en favorisant les interactions entre les personnes pour qu’elles apprennent : savoir apprendre  » Revenant enfant aux question des technologies, Pierre Landry nous rappelle : « L’histoire de la relation des machines avec l’éducation et la formation est une longue suite d’oublis […]spécialistes des différentes technologies ne discutent pas entre eux » En effet on ne peut que constater la répétition de propos incantatoires (Patrice Flichy parlait d’objets valises) à chaque nouveauté technologique en lien avec l’éducation. Cela amène P Landry à une critique acerbe du monde de la recherche et de l’université dont il dénonce les cloisonnements disciplinaires et l’éloignement des acteurs engagés. Mais cela l’amène aussi à inviter à une plus grande rigueur dans le travail de recherche en sciences de l’éducation et en sciences de l’information dès lors que l’on parle des TIC. La dénonciation du mythe de l’e-learning est une bonne illustration de ce propos et mérite que l’on regarde nos propres enthousiasmes avec une distance suffisante. A suivre et à débattre Bruno Devauchelle

Juin 10 2005

Réaction au texte sur les ordinateurs à l'école primaire

Les exemples que Bruno donne se retrouvent un peu partout… C’est vrai. Mais… Car il y a un mais… 1 – Il y a bien longtemps que les écoles ont appris à faire avec ce qu’elles réussissent à obtenir… Ce qui est vrai des « grandes collectivités » en terme de projets d’équipement des collèges et lycées ne l’est malheureusement pas du côté des mairies qui financent ou devraient financer les écoles… Il en faut de la volonté, de l’énergie, du courage pour se battre, expliquer ce qui, pour certains, est une évidence mais qui ne l’est pas pour des décideurs qui n’ont rien décidé justement. Le ministère dit ce qu’il faut faire… Les mairies paient (ce n’est pas aussi rare que cela d’entendre des maires exprimer cette opinion de ras le bol…) 2 – Je ne suis pas d’accord quand tu dis qu’il faut cesser de donner du matériel d’occasion aux écoles… Il ne faut pas le faire n’importe comment,d’accord, mais ça peut être fait. Je pourrai expliquer comment des entreprises d’insertion réussissent à permettre l’équipement d’écoles : le matériel est revu, nettoyé, les pilotes et cartes adaptés, les logiciels installés, et cela en toute légalité…(chiche qu’on aille voir toutes les licences de tous les logiciels installés sur les ordinateurs des écoles….) Ces entreprises font oeuvre de citoyenneté 4 fois : – elles redonnent espoir en formant de personnes dont plus personne ne s’occupe vraiment, – elles permettent à des écoles de s’équiper sans qu’elles ainet à arbitrer entre le changement de fenêtres ou de portes pourries, l’embauche d’une ATSEM en maternelle ou l’équipement informatique, – elles luttent contre le monstrueux et scandaleux gaspillage que représentent les bennes entières de matériel informatique qui encombrent les usines de tri… – elles luttent enfin contre cette conception majoritaire d’une société dans laquelle il faut que tout soit au top tout le temps… Si nous voulons courir après Bill Gates, nous n’y arriverons jamais. Qu’est ce que cela signifie de donner à voir qu’une machine qui aurait trois ans ne serait bonne qu’au rebut ? Qu’est ce que c’est que ce marché dans lequel les périphériques ne sont plus adaptables aux nouvelles configurations ?? Et nous osons parler de développement durable ??? Et nous osons parler de lutte contre le chômage ??? Quelle conception que celle qui fait que si ma classe ne dispose du logiciel truc machin 2003, alors, on ne peut rien faire ??? Je prétends qu’on peux équiper des écoles à un coût raisonnable, avec des logiciels suffisamment performants pour l’usage que nous en avons en école… Et en respectant la réglementation liée aux licences. Et cela en offrant un confort de travail satisfaisant aux élèves… 3 – Par contre, là où je suis d’accord, c’est lorsqu’il s’agit de considérer le travail que font les élèves avec ces machines… Les choses avancent peut être plus vite qu’on ne le pense… Et là encore, les petites écoles rurales montrent la voie… Bien mieux que les réputées plus riches… Et là aussi, nos collègues de maternelle mériteraient qu’on s’intéresse un peu plus à ce qu’elles font… 4 – Et enfin, si nous allions au bout, il faudrait aussi parler des tâches de maintenance, d’administration…. Bon, mais là Faut pas rêver… Michel Couton

Juin 10 2005

Réaction au texte sur les ordinateurs à l'école primaire

Les exemples que Bruno donne se retrouvent un peu partout… C’est vrai. Mais… Car il y a un mais… 1 – Il y a bien longtemps que les écoles ont appris à faire avec ce qu’elles réussissent à obtenir… Ce qui est vrai des « grandes collectivités » en terme de projets d’équipement des collèges et lycées ne l’est malheureusement pas du côté des mairies qui financent ou devraient financer les écoles… Il en faut de la volonté, de l’énergie, du courage pour se battre, expliquer ce qui, pour certains, est une évidence mais qui ne l’est pas pour des décideurs qui n’ont rien décidé justement. Le ministère dit ce qu’il faut faire… Les mairies paient (ce n’est pas aussi rare que cela d’entendre des maires exprimer cette opinion de ras le bol…) 2 – Je ne suis pas d’accord quand tu dis qu’il faut cesser de donner du matériel d’occasion aux écoles… Il ne faut pas le faire n’importe comment,d’accord, mais ça peut être fait. Je pourrai expliquer comment des entreprises d’insertion réussissent à permettre l’équipement d’écoles : le matériel est revu, nettoyé, les pilotes et cartes adaptés, les logiciels installés, et cela en toute légalité…(chiche qu’on aille voir toutes les licences de tous les logiciels installés sur les ordinateurs des écoles….) Ces entreprises font oeuvre de citoyenneté 4 fois : – elles redonnent espoir en formant de personnes dont plus personne ne s’occupe vraiment, – elles permettent à des écoles de s’équiper sans qu’elles ainet à arbitrer entre le changement de fenêtres ou de portes pourries, l’embauche d’une ATSEM en maternelle ou l’équipement informatique, – elles luttent contre le monstrueux et scandaleux gaspillage que représentent les bennes entières de matériel informatique qui encombrent les usines de tri… – elles luttent enfin contre cette conception majoritaire d’une société dans laquelle il faut que tout soit au top tout le temps… Si nous voulons courir après Bill Gates, nous n’y arriverons jamais. Qu’est ce que cela signifie de donner à voir qu’une machine qui aurait trois ans ne serait bonne qu’au rebut ? Qu’est ce que c’est que ce marché dans lequel les périphériques ne sont plus adaptables aux nouvelles configurations ?? Et nous osons parler de développement durable ??? Et nous osons parler de lutte contre le chômage ??? Quelle conception que celle qui fait que si ma classe ne dispose du logiciel truc machin 2003, alors, on ne peut rien faire ??? Je prétends qu’on peux équiper des écoles à un coût raisonnable, avec des logiciels suffisamment performants pour l’usage que nous en avons en école… Et en respectant la réglementation liée aux licences. Et cela en offrant un confort de travail satisfaisant aux élèves… 3 – Par contre, là où je suis d’accord, c’est lorsqu’il s’agit de considérer le travail que font les élèves avec ces machines… Les choses avancent peut être plus vite qu’on ne le pense… Et là encore, les petites écoles rurales montrent la voie… Bien mieux que les réputées plus riches… Et là aussi, nos collègues de maternelle mériteraient qu’on s’intéresse un peu plus à ce qu’elles font… 4 – Et enfin, si nous allions au bout, il faudrait aussi parler des tâches de maintenance, d’administration…. Bon, mais là Faut pas rêver… Michel Couton

Juin 09 2005

Accueil sonore : mon audioblog commence

Comme vous pouvez le constater, mes premiers essais d’auioblog commencent à porter leurs fruits…. si vous arrivez à m’entendre Amicalement Bruno

Juin 09 2005

Il faut arrêter de donner les vieux postes informatiques aux écoles primaires !

La récente annonce de don d’ordinateurs par la Poste à des écoles primaires, ainsi que des rencontres avec des équipes d’établissement confrontés à cette réalité amène à tirer la sonnette d’alarme : il est temps de prendre les écoles primaires au sérieux et de leur permettre d’accéder à des équipements fiables et surtout utilisables en classe. Quelques exemples permettront de montrer différentes facettes du problème. Dans cette classe, en janvier 2005 un gentil parent a fait don d’un appareil venu de son entreprise. L’enseignante annonce aux élèves le cadeau de noêl qui ravit toute la classe. Ils commencent à déchanter quand voulant imprimer, ils se sont aperçu qu’ils n’avaient pas le pilote. Impossible d’accéder à internet, l’établissement n’avait pas cablé la classe. Quand au vieux logiciel pédagogique dont disposait l’institutrice il s’affichait partiellement sur l’écran en 640X480 au lieu du 800X600 requis l’ordinateur était probablement plus vieux que le logiciel. Dans cet établissement, un salle entière a été équipée de vieux ordinateurs. Impossible d’y faire tourner le moindre logiciel autre que le traitement de texte disponible. Toute installation bloque, l’enseignant a heureusement construit un projet d’écriture. Dans de nombreuses circonstances de multiples problèmes se présentent. Dans cet autre établissement l’hétérogénéité et l’ancienneté du parc laissait rêveur. Pas de driver de carte son (pourquoi mettre du son sur un ordinateur à l’école primaire), imprimante matricielle à rubans introuvables, souris incompatibles, Internet aléatoire, etc. Quant aux logiciels, le même pouvait ne pas s’installer sur tous les postes, mais seulement sur un ou deux. L’idée selon laquelle l’école primaire peut recycler d’anciens postes informatiques est contraire à l’intérêt des élèves et de leurs enseignants. Un affichage de qualité, des périphériques faciles à faire fonctionner, du son audible etc sont indispensables pour mener de réelles activités pédagogiques pertinentes. Quand on observe de nombreuses salles informatiques d’établissement, on s’aperçoit que cette dimension du son est laissée de coté : pouvoir enregistrer sa voix, écouter les commentaires, voire faire des visio conférences sur Internet reste une possibilité d’autant plus rarement utilisée qu’elle difficile voire impossible à mettre en ouvre. L’école primaire n’est pas le centre de recyclage de l’informatique d’entreprise ou celle des établissements secondaires. On peut même considérer qu’en primaire les enfants ont beaucoup plus besoin d’accéder à des machines de qualité si l’on entend les familiariser avec ces outils. Or si les déceptions et les plantages constituent le quotidien des classes, l’effet sera catastrophique et l’image de ringardise technologique de l’espace scolaire sera très ancrée dans l’esprit de chaque enfant et chaque parent. Quant aux municipalités, il est nécessaire qu’elles engagent à ce sujet une analyse approfondie du contexte qu’il est nécessaire de proposer aux écoles. Ainsi elles pourront accompagner au mieux, dans un souci de continuité entre la maison et l’école, le développement des équipements pertinents. Il s’agit aussi pour elles de comprendre qu’un ordinateur peut devenir aussi quotidien qu’un cahier. A débattre Bruno Devauchelle CEPEC

Mai 18 2005

Sensibiliser les mineurs ou faire peur ?

La conférence de presse de François Fillon et François d’Aubert (18-05-05) à propos de la campagne nationale de sensibilisation aux risques d’Internet dans les écoles primaires s’inscrit dans la lignée d’une campagne sur les risques d’Internet. L’association Fédération Européenne pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (dirigée par Madame Barnier (?) a opportunément utilisé la voix de ces ministres pour faire passer un message « d’inquiétude ». Cette stratégie semble davantage dirigée en direction des parents que des enfants, même si des élèves de CM2 vont recevoir un tapis de souris évocateur de cette thématique. Le ministre déclare :

« La toile ne doit pas être une « zone de non droit », une zone parsemée de pièges, où la loi du plus fort serait la règle. Notre ambition est de conserver l’esprit originel qui a présidé à la création de l’internet : celui d’un espace de découverte et d’enrichissement mutuel et non un maquis au sein duquel des « prédateurs chassent leurs proies » ! »

Malheureusement, l’argumentaire peut sembler un peu insuffisant. en effet on peut lire plus loin :

« Nous le savons, ceux-ci (les enfnats) témoignent tous de la même curiosité et de la même agilité face à l’informatique et à l’internet. Notre devoir est qu’ils puissent « surfer » en toute sécurité sur les réseaux. Or le constat est connu : l’internet est devenu le terrain d’action privilégié des « voleurs d’innocence. » Les pédocriminels usent des sites pour tisser leurs sordides filets ; ils profitent de l’anonymat des chats et des forums pour entrer en contact avec leurs jeunes – parfois très jeunes – victimes. »

Agiter le risque et la terreur n’est pas forcément une ouverture significative pour aider les enfants à la responsabilité. Heureusement un peu plus loin on lit :

« – à destination des enfants, nous disons que l’internet n’a rien d’un monde virtuel ; ses risques et ses dangers sont bien réels !

– à destination des parents, nous disons qu’ils ne doivent pas laisser leurs enfants naviguer sans précautions sur les réseaux, pas plus qu’ils ne les laissent déambuler seuls dans les rues la nuit. »

On se rend compte que en agissant auprès des enfants, c’est bien les parents qui sont concernés. Rappelant un peu plus loin l’intérêt du B2i pour l’éducation à la citoyenneté sur la toile, le ministre renforce un peu plus le carcant qu’il lui semble nécessaire de mettre autour d’Internet.

On peut craindre que ce discours soit avant tout sécuritaire et trop peu éducatif… Cela serait dommage au moment où l’ensemble des adultes est concerné par la difficulté à accéder à une information « propre » que l’on se contente de filtres, de sécurité et moins de véritable éducation des jeunes et des adultes.

A suivre en tout cas

BD CEPEC

Mai 17 2005

La planète google…

Inquiétante cette planète qui erre dans le cyber espace. Venue d’une contrée lointaine surnommée USA Google est en train d’affoler notre vieille terre européenne. En effet son projet de numérisation d’un ensemble de bibliothèques affole notre monde intellectuel, président de la Bibliothèque nationale de France en tête, M. Jeanneney qui en a fait un petit livre, tonique et questionnant. »Quand google défie l’Europe, Playdoyer pour un sursaut » (Mille et une nuits 2005). Le Monde, Télérama etc… il y a inquiétude généralisée. Fort heureusement l’ouvrage de Monsieur Jeanneney part sur un bon sentiment qui consiste à dire que l’important est de développer une stratégie alternative plutôt que de se lamenter. L’ennemi ce n’est pas Google, c’est le risque que court la planète avec la mondialisation de l’information. Ceci se présente sous la forme de deux écueils graves : le premier est l’inégalité des contenus, le second est l’inaccessibilité. L’affaire google confirme simplement la suprématie des contenus électroniques issus d’amérique du nord au moins en quantité. En fait le déséquilibre vient progressivement s’affirmer : les pays émergents les plus pauvres ne parviennent pas à « exister » sur la toile. ils commencent davantage par admirer la richesse des riches de se monde et en oublient de mettre leur propre richesse sur le web. Cette domination des contenus est peut-être provisoire, du moins pour l’asie du Sud Est, mais l’initiative de google nous rappelerait largement qu’à ne pas y prendre garde les contenus de certains pourraient vite devenir les seuls accessibles sur Internet et pour cause, à la quantité disponible s’ajoute l’accessibilité. En effet les modalités de fonctionnement de Google, de par leur efficacité supposée et parfois même constatée, l’ont imposé sur le marché des utilisateurs. Il devient donc facile de supposer une intention maléfique de certains qui pourraient détourner cet outil au service d’une domination culturelle partiale. C’est malheureusement l’un des points faibles de la démonstration de l’ouvrage de Monsieur Jeanneney. En effet quelque soit le moteur de recherche, la masse d’information à traiter est telle qu’elle ne peut que jeter dans l’oubli une masse exceptionnellement grande d’informations qui deviennent de plus en plus « grise », autrement dit quasi inacessible. En appelant à d’autres moteurs de recherche et en voulant promouvoir une numérisation massive des bibliothèques, il me semble que nous sommes en dessous de véritables enjeux : – en premier lieu promouvoir l’expression de toutes les cultures ici et maintenant, avant que l’habitude de fréquenter la culture dominante ne les fasse oublier, – ensuite développer les réseaux d’échange de savoirs, de contenus en développant la capacité humaine à rechercher réellement les contenus pertinents et à les mettre en lien.

Un nouveau moteur de recherche ne suffira pas à résoudre le problème de l’inaccessibilité, de nouveaux contenus de bibliothèques numérisés sont certes intéressants. mais ils sont insuffisant si l’on ne se soucie pas de réfléchir plus globalement à l’interaction entre l’être humain et la quantité d’information illimitée dont il est l’auteur potentiel depuis longtemps et pour encore de nombreuses années, mais espérons le, en respectant la diversité humaine

BD CEPEC