Août 20 2005

L'information est devenue une denrée ordinaire.

Parce que posséder une information faisait de vous le dominateur de votre entourage, elle était devenue le symbole du XXè siècle. Paul Watzlavick nous avait suffisamment éclairé sur le sujet (la réalité de la réalité). Le développement soudain et rapide des technologies numériques à la fin de ce siècle pour concevoir, comme pour diffuser et recevoir de l’information, a changé le paysage global de l’information et de la communication. Le Monde du 19/08 et Libération des 20-21/08 s’en font l’écho. Ainsi on peut lire : « En dix ans, Internet n’a pas seulement marqué l’économie, il a aussi envahi la vie quotidienne de millions de gens ­ au moins dans les pays développés. Ses trois pouvoirs ­ l’ubiquité, la variété et l’interactivité ­ rendent son potentiel d’usages quasi infini. » (Gaëlle Macke – Article paru dans le Monde du 19.08.05) ou encore : « Tout le monde devient producteur d’image, tout le monde peut faire connaître sa vision de la réalité. L’information, denrée jadis rare donc chère, dont les médias avaient le monopole, se démocratise, se privatise. » (Patrick Sabatier – éditorial de Libération 20-21.08.05)

Rappelant que, en 2005, les blogs se multiplient rapidement, de même que les appareils photos et vidéos numériques, ces journaux n’oublient pas de nous rappeler que ce phénomène s’inscrit dans la continuité de ce que l’on a connu depuis le développement d’Internet et du multimédia, c’est à dire de la convergence numérique. On se rappelle le site de Matt Drudge qui dénonçait la liaison du président des USA, ou encore ces images de caméscopes d’un évènement prises par des témoins, et achetées par les médias en vue de leur diffusion, pratique toujours actuelle comme le rappelle Libération à propos des attentats de Londres. Ce qui inquiète les journalistes c’est qu’il y a tentative de systématisation de cette pratique. Le risque étant que n’importe qui puisse se revendiquer journaliste, puisque producteur d’information, voire diffuseur. Naïvement Cyril Fievet (auteur de Blogstory, propos dans Libé), énonce le risque nouveau de la manipulation et de la fausse information, il oublie que les journalistes ne sont pas exempts de ce risque. Sa confiance est cependant confortée car « Il se met en place un éco-système qui arrive à valider avec des outils de popularité et des liens croisés » déclare-t-il. Malheureusement il ne doit pas souvent aller sur Internet, et surtout il ne doit pas avoir une pratique courante de la recherche d’information. D’ailleurs d’autres comme J.M. Jeannenney de la BNF s’y sont laissés prendre. Le problème principal n’est pas seulement dans la fabrication et le transport de l’information, il est dans leur accessibilité. Et popularité et liens n’y peuvent rien !!!! La multiplication des sources est une évolution logique de nos sociétés marchandes. Le discernement est lui de plus en plus difficile et c’est là que se pose le réel problème. La croyance naïve à la crédibilité du contenu d’un livre est encore trop présente. Combien de plagiats, de bidonnages (même dans des ouvrages scientifiques, rappelons l’affaire Lissenko dans les années 30), n’ont pas été facilement identifiés et ont amené nombre d’entre nous à être manipulés et être victimes des fausses informations. Le problème soulevé est double : d’une part il n’y a plus de monopole de production et de transport d’information et cela met en péril les professionnels qui le détenaient; d’autre part l’accès à l’information est désormais un savoir faire qui ne se délègue plus, mais une compétence que chacun se doit de construire, en particulier lors de sa formaiton initiale et tout au long de sa vie.

La crainte des journalistes est à double tranchant, en même temps ils redoutent la non professionnalité des nouveaux informateurs, et en même temps il craignent qu’on mette en doute leur propre professionnalité. C’est probablement de ce coté qu’il y a un profond remaniement à faire, que les professionnels de l’information ont bien du mal à faire. Pierre Bourdieu et d’autres avaient tenté de les alerter en vain qui ont été accusés de tous les meux. Aujourd’hui les faits sont là : le citoyen- journaliste met en cause la crédibilié du journaliste citoyen.

La compétence d’accès à l’information (considérée dans ses différents aspects techniques et culturels) devient une élément central et complémentaire de « l’apprendre à lire et à écrire », au risque d’une nouvelle forme d’illetrisme qui se situerait en aval du premier. Toutes les disciplines d’enseignement scolaire sont depuis plus de dix années invitées à prendre part de cette éducation et pourtant, pour l’instant, on n’en voit peu les effets (hormis dans certains enseignements spécifiques et surtout pas d’une un travail interdisciplinaire, si tant est qu’ils aient encore droit de cité depuis les récents textes parus sur les TPE et les IDD, entre autres). En fait les professionnels de l’enseignement sont dans l’embarras de leur propre méconnaissance, voire incompétence, des processus informationnels ainsi que des questions d’accessibilité. Ils découvrent avec effarement ce que jusqu’à présent les technologies leur permettait de contrôler (un CDI, des photocopies…) est battu en brèche par cette nouvelle capacité offerte à tous, mais peu maîtrisée : ainsi en est-il de ces innocentes jeunes filles d’un collège de Poitiers rédigeant des textes surprenants à propos de leurs enseignants et les mettant en ligne sur leur blog; ainsi en est-il de ces élèves qui se contentent de recopier quelques lignes ou pages d’un site Internet en guise d’exposé voire de devoir. Quelle conception de l’information révèlent ces pratiques spontanées ? De quelles conception du monde et de ses valeurs témoignent ces actes ?

Il me semblerait une erreur de faire un enseignement magistral et disciplinaire de cette compétence. Au contraire, il me semble nécessaire que l’exercice intellectuel en classe s’appuie de plus en plus sur la maîtrise indispensable de cette phase initiale que constitue l’accès à l’information afin qu’elles ne se limite pas seulement à prendre le livre à la page indiquée ou à recevoir la photcopie distribuée. C’est bien vers les capacités de recherche selon des modèles heuristiques, d’analyse critique et de synthèse qu’il faudra tendre

A débattre

BD

Août 07 2005

Internet une arme de guerre ?

Une page du journal « Le Monde » en date de ce samedi 6 Aout 2005, rapporte les liens entre Al Quaeda et Internet, ainsi que la lutte qui semble s’installer autour de cet usage. On y apprend entre autres l’utilisation très habile d’Internet par des terroristes (chat, messages codés, hébérgements surprises et changeants…) et par les contre terroristes (piratages de sites, …). Deux choses doivent, selon moi, être analysées. D’une part l’usage d’Internet par les terroristes ne semble avoir d’autre but que de transmettre au sein même du réseau de l’information pratique pour les activités particulières de ces mouvances. D’autre part une prise de conscience de la potentialité communicationnelle d’Internet qui ne se situerait pas dans l’exposé d’une pensée, d’un discours, mais plutôt dans la circulation planétaire d’informations incontrolables. Si nous essayons d’envisager la dimension éducative et citoyenne de ces faits, il nous faut penser Internet aux deux niveaux : un espace pour dire, un espace pour échanger. Si c’est un espace pour dire, la question qui se pose est celle de celui qui lit ? comment peut-il être amené à lire tel ou tel propos s’il n’y est pas dirigé à un moment ou un autre. En d’autres termes, à l’époque du scandale de la secte Wako, Internet avait été accusé de propager des idées sectaires dangereuses, mais comme la plupart de la population ignorait l’existence de tels sites, on s’est rapidement aperçu que les lecteurs de ces sites étaient peu nombreus et très « typés ». On nous a laissé penser que l’on pourrait tomber par hasard sur ce type de site : regardons ce qui est advenu 7 ou 8 années après : les sites sur lesquels on peut tomber « par hasard » sont presque exclusivement des sites de commerces ou des sites pornographiques (regardez la stratégie de DELL en la matière). Effectivement, dire ne suffit pas, encore faut-il être reçu, lu… Si c’est un espace pour échanger, nous nous trouvons devant la question des réseaux. il est logique qu’un réseau humain utilise un réseau technologique. C’est d’ailleurs ce qui a permis la multiplication des contenus non institutionnels sur Internet. En choisissant Internet pour échanger on peut soit passer par l’espace public, soit organiser un sous réseau, protégé, sur Internet. Les réseaux inoffensifs, mais très actifs (en éducation par exemple) ont tout intérêt à faire partager leurs réflexions à ceux qui le souhaiteraient, et cela produit parfois des effets intéressants. Les réseaux ayant des intentions douteuses peuvent aussi choisir cet espace public car il est alors possible (c’est une hypothèse) qu’ils passent inaperçu pour communiquer entre eux. On peut penser que c’est le cas pour Al Quaeda qui ne dispose pas forcément de moyens techniques et de structures fixes suffisantes comparativement aux états. S’ils envoient alors des messages cryptés, il seront beaucoup plus suspectés et surveillés (voire même pistés) que s’ils utilisent l’espace public mais de façon très éphémère et volatile. Noyés ainsi dans la masse, ces échanges passent inaperçus et sont d’autant plus efficaces. Eduquer à Internet c’est aussi prendre conscience de ces dimensions. Quand des jeunes adolescents (es) mettent sur des blogs des photos et des textes très intimes, on mesure à quel point ils ne mesurent pas les enjeux réels des communications. Ainsi espace public et espace privé n’existent plus de la même façon qu’avec des médias plus traditionnels pour ces jeunes. Quand des terroristes passent par l’espace public pour échanger on mesure là aussi qu’il y a fusion entre plusieurs monde. Or c’est cela qui est un phénomène nouveau : il y a simultanéité des intentions dans le même espace public. Que je veuille faire partager mon intimité ou mon intention de nuire, j’utilise désormais les mêmes canaux. Ainsi, ceux qui parlent de « guerre » en ce moment tentent de fuire cette proximité en évoquant des camps opposés qui s’affrontent. Or nombre de récits actuels montrent que la frontière n’existe plus entre les camps qui communiquent les uns contre les autres. En réalité lors des conflits, (des plus récents aux plus anciens), il y a de nombreuses rencontres non violentes entre les belligérants. Mias là au moins les frontières sont définies. Ce qui trouble désormais, c’est l’absence de frontière, la dé-territorialisation. La notion de territoire, telle que l’utilisent les géographes dès lors qu’ils s’intéressent au vivant dans son environnement, me semble être un concept central pour analyser la communication en général, et celle sur Internet en particulier. Apprendre aux jeunes à « dessiner les territoires », c’est à dire à les identififier, les repérer, les décrire, est un travail qui attend tous les éducateurs qui veulent permettre aux jeunes de comprendre le monde qui les entoure. Ces mêmes éducateurs devront aussi travailler auprès de chacun de ces jeunes, à l’aide des blogs par exemple, pour que chacun d’eux comprenne que parmi tous les territoires qui se croisent, le premier c’est d’abord celui que l’on construit soi même, parfois sans en avoir conscience…

A suivre et à débattre

BD

Juil 30 2005

Quand l'économie se penche sur l'individualisme.

Il vous reste encore un mois pour aller en kiosque lire le numéro spéciale que la revue « enjeux ls échos » consacre à « Moi d’abord ». L’individualisme triomphe dans la société, l’entreprise et la vie privée. Demain la fin du collectif ? ». Abordant la question de l’individualisme sous des angles variés, et pas seulement économique, les rédacteurs de ce numéro spécial traquent toutes les formes actuelles de prise de pouvoir du « moi ». Au moment où une certaine forme de libéralisme gagne toutes les couches de la société, regarder comment il se traduit au niveau des individus permet d’apercevoir les contours d’une évolution. Philippe Breton, invité dans une courte interview à donner son regard, nous rappelle que c’est plutôt la normalisation (des tenues vestimentaires, des goûts, des machines, …) collective qui semble émerger, mais une collectivisation des apparences pourrait être l’écho à un refus du contact direct, la perte de l’oralité, la perte du sens de la parole en face à face pour éviter la violence de ce contact. Les travaux de Philippe Breton nous amènent à nous écarter des illusions technologiques en nous rappelant qu’elles sont avant tout le miroir de l’évolution humaine plutôt que son moteur et que la véritable révolution n’est pas technologique mais plutôt philosophique avec la montée d’une pensée sociale de « défusion »…. L’ensemble des articles de cette revue permet de dresser un panorama qui mériterait surement d’aller plus loin dans le débat. Ainsi à propos des blogs, il y a plusieurs confusions qui montrent que la revue refuse d’aller plus loin dans l’analyse. De même à propos de l’éducation, l’argument central de du sens de la compétition qui se développe dans l’esprit de tous les élèves (voire aussi à ce sujet un ouvrage publié par un journaliste du Nouvel Observateur à propos des élites) est certes intéressant, mais l’article est trop superficiel pour permettre d’envisager avec sérieux ce type de questionnement. A vouloir brosser un tableau large, on risque de n’être que superficiel, ce qui est trop souvent le cas dans ce numéro. Par contre saluons l’intérêt de ce numéro qui devrait inciter à réfléchir plus avant, pour rechercher ce qui, au delà des articles cités, permettra de comprendre mieux les choses. On ne proposera pas forcément au lecteur de se plonger dans la lecture de l’ouvrage de Bernard Lahire « la culture des individus », mais on lui suggérera d’en lire les compte rendus, tant il est intéressant de comprendre que entre le collectif et l’individuel, il n’y a pas rupture, mais une étrange continuité qui amène chacun de nous à accepter un progressif métissage culturel, et à en faire, individuellement, si tant est que la normalisation nous y autorise, la base de notre liberté. JP Sartre, dans ses propos sur l’existentialisme, pourrait bien nous aider à comprendre le sens à donner actuellement à ce mot. A moins qu’il ne faille se résigner à subir. Quant aux TIC, là dedans, elles sont instrumentalisées dans un débat qui est davantage celui d’une société qui se débat dans ses contradictions que celui de « personnes » , « d’usagers » qui tentent de se frayer un chemin de vie avec les outils à leur disposition.

BD

Juin 22 2005

Les TIC pour passer de STT à STG

De Robert Delaveau cette information suivie de quelques commentaires
********************************
Educnet propose en téléchargement le Le référentiel des solutions TICE pour STG annoncé par le Café pédagogique il y a quelques jours. Adresse : http://www.educnet.education.fr/ecogest/referentielTice/ C’est un pavé de 51 pages qui fait le tour de la question :
Les orientations TICE dans les programmes,
Les usages des TIC dans les enseignements
Les solutions TIC
Les « espaces fonctionnels » pour les activités TIC
Un descriptif des types de logiciels.
Le document propose une typologie d’usages (p 11-13) exprimés sous forme de verbes (s’informer, communiquer, produire,…) les exemples proposés me semble être du domaine de l’expertise.
De même, des scénarios d’usage des TIC sont proposés (p 14-23). Ils me semblent à 100 lieux des réalités des établissements scolaires et des pratiques habituelles des profs. Tous les scénario utilisent par exemple une plateforme collaborative. On insiste beaucoup sur les ENT.
Je me demande comment ce document sera perçu par le « prof de base ».
Il devrait également être lu par l’administrateur réseau ou le responsable info de l’établissement, vu les compétences que l’on demande aux utilisateurs, il risque de sauter au plafond !
Bonne lecture.
Robert
********************************
La lecture de ce document est importante à plusieurs titres : il s’adresse à des enseignants d’une filière en restructuration, il apporte une vision très « professionnelle » d’un niveau d’usage des TIC, il pose la question des ENT, il pose des problèmes pédagogiques réels et détaillés.
Quand Robert évoque la distance avec les pratiques habituelles, il met le doigt sur un changement important qui est en train de se produire dans l’enseignement tertiaire. L’inspecteur général Alain Séré (maître d’oeuvre) est connu pour sa maîtrise des questions des TIC et est reconnu par nombre de spécialiste comme quelqu’un qui voit parfois loin devant.
Cet écart est donc logique, mais il signale plusieurs volontés :

  • – la première est d’abord d’adapter la formation des élèves à des réalités d’usage qui sont de plus en plus complexes;
  • – la deuxième est de restaurer une image très positive de cette option gestion (ex tertiaire), autrement dit de tenter de la revaloriser;
  • – la troisième est d’intégrer de façon « préventive » des réalités d’usage que l’on perçoit mal dans l’établissement scolaire.

Il est certain que nombre d’enseignants vont être fort démunis face à ces propositions. On peut dire de même à propos des contenus d’information communication en général qui nécessitent une formation et une expérience solide. Certes il sera toujours possible de faire de la théorie/pratique, mais les compétences demandées exigent des enseignants des compétences qu’ils n’ont pas forcément eu l’occasion de mobiliser régulièrement dans leur vie professionnelle.
Si l’on regarde l’établissement et les TIC à travers ce prisme on constate qu’il devient indispensable pour tous ceux qui veulent proposer cette filière qu’il y ait un administrateur d’ENT ou de réseau et un gestionnaire TICE disciplinaire (ou pédagogique). Si l’on regarde les programmes et les orientations TIC on retiendra principalement trois grandes entrées : S’informer, produire, collaborer (le document ajoute, apprendre par l’EAO, s’organiser, s’évaluer, mais nous les considérons comme sous ensembles des trois autres). Ces trois verbes proposent des actions situées dans un contexte de système d’information, de système de collaboration, de système de sécurisation, et de système de documentation.
En tout cas on se demande comment on pourra demander aux enseignants de mettre en oeuvre tout cela à court terme, si tant est qu’il le faille. En fait il me semble que ce texte, ainsi que le programme, indiquent des directions à prendre plutôt que ds objectifs à court terme.
On peut constater que, par ce programme, ce sont les SIC, sciences de l’information et de la communication qui associée à l’informatique (comme champ disciplinaire spécialiste du traitement de l’information) font leur entrée dans le système scolaire. Passer d’une technique à une science n’est pas neutre, tant les débats actuels autour d’autres disciplines (la technologie par exemple) qu’en ce moment il devient de plus en plus difficile d’être seulement dans le monde de l’empirisme pour parvenir à une maîtrise de l’environnement et que l’on peut de moins en moins faire l’économie de la démarche scientifique. L’usage, qui serait enfermant si l’on s’y limitait à l’école, ne peut se concevoir en dehors de cette dimension technico-scientifique, si l’on veut permettre aux jeunes qui apprennent des métiers de ces secteurs de s’adapter aux évolutions futures.
Quant aux ENT, dont l’utilité dans l’enseignement général peut sembler encore une idée lointaine, il est clair qu’ici ils prennent leur sens. Encore faudra-t-il l’on en prenne réellement conscience.
A débattre
BD

Juin 22 2005

Les TIC pour passer de STT à STG

De Robert Delaveau cette information suivie de quelques commentaires
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Educnet propose en téléchargement le Le référentiel des solutions TICE pour STG annoncé par le Café pédagogique il y a quelques jours. Adresse : http://www.educnet.education.fr/ecogest/referentielTice/ C’est un pavé de 51 pages qui fait le tour de la question :
Les orientations TICE dans les programmes,
Les usages des TIC dans les enseignements
Les solutions TIC
Les « espaces fonctionnels » pour les activités TIC
Un descriptif des types de logiciels.
Le document propose une typologie d’usages (p 11-13) exprimés sous forme de verbes (s’informer, communiquer, produire,…) les exemples proposés me semble être du domaine de l’expertise.
De même, des scénarios d’usage des TIC sont proposés (p 14-23). Ils me semblent à 100 lieux des réalités des établissements scolaires et des pratiques habituelles des profs. Tous les scénario utilisent par exemple une plateforme collaborative. On insiste beaucoup sur les ENT.
Je me demande comment ce document sera perçu par le « prof de base ».
Il devrait également être lu par l’administrateur réseau ou le responsable info de l’établissement, vu les compétences que l’on demande aux utilisateurs, il risque de sauter au plafond !
Bonne lecture.
Robert
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La lecture de ce document est importante à plusieurs titres : il s’adresse à des enseignants d’une filière en restructuration, il apporte une vision très « professionnelle » d’un niveau d’usage des TIC, il pose la question des ENT, il pose des problèmes pédagogiques réels et détaillés.
Quand Robert évoque la distance avec les pratiques habituelles, il met le doigt sur un changement important qui est en train de se produire dans l’enseignement tertiaire. L’inspecteur général Alain Séré (maître d’oeuvre) est connu pour sa maîtrise des questions des TIC et est reconnu par nombre de spécialiste comme quelqu’un qui voit parfois loin devant.
Cet écart est donc logique, mais il signale plusieurs volontés :

  • – la première est d’abord d’adapter la formation des élèves à des réalités d’usage qui sont de plus en plus complexes;
  • – la deuxième est de restaurer une image très positive de cette option gestion (ex tertiaire), autrement dit de tenter de la revaloriser;
  • – la troisième est d’intégrer de façon « préventive » des réalités d’usage que l’on perçoit mal dans l’établissement scolaire.

Il est certain que nombre d’enseignants vont être fort démunis face à ces propositions. On peut dire de même à propos des contenus d’information communication en général qui nécessitent une formation et une expérience solide. Certes il sera toujours possible de faire de la théorie/pratique, mais les compétences demandées exigent des enseignants des compétences qu’ils n’ont pas forcément eu l’occasion de mobiliser régulièrement dans leur vie professionnelle.
Si l’on regarde l’établissement et les TIC à travers ce prisme on constate qu’il devient indispensable pour tous ceux qui veulent proposer cette filière qu’il y ait un administrateur d’ENT ou de réseau et un gestionnaire TICE disciplinaire (ou pédagogique). Si l’on regarde les programmes et les orientations TIC on retiendra principalement trois grandes entrées : S’informer, produire, collaborer (le document ajoute, apprendre par l’EAO, s’organiser, s’évaluer, mais nous les considérons comme sous ensembles des trois autres). Ces trois verbes proposent des actions situées dans un contexte de système d’information, de système de collaboration, de système de sécurisation, et de système de documentation.
En tout cas on se demande comment on pourra demander aux enseignants de mettre en oeuvre tout cela à court terme, si tant est qu’il le faille. En fait il me semble que ce texte, ainsi que le programme, indiquent des directions à prendre plutôt que ds objectifs à court terme.
On peut constater que, par ce programme, ce sont les SIC, sciences de l’information et de la communication qui associée à l’informatique (comme champ disciplinaire spécialiste du traitement de l’information) font leur entrée dans le système scolaire. Passer d’une technique à une science n’est pas neutre, tant les débats actuels autour d’autres disciplines (la technologie par exemple) qu’en ce moment il devient de plus en plus difficile d’être seulement dans le monde de l’empirisme pour parvenir à une maîtrise de l’environnement et que l’on peut de moins en moins faire l’économie de la démarche scientifique. L’usage, qui serait enfermant si l’on s’y limitait à l’école, ne peut se concevoir en dehors de cette dimension technico-scientifique, si l’on veut permettre aux jeunes qui apprennent des métiers de ces secteurs de s’adapter aux évolutions futures.
Quant aux ENT, dont l’utilité dans l’enseignement général peut sembler encore une idée lointaine, il est clair qu’ici ils prennent leur sens. Encore faudra-t-il l’on en prenne réellement conscience.
A débattre
BD

Juin 19 2005

Entraînement mental

On connaissait les logiciels d’entraînement pour enfants (zoombinis, et autres docteur Brain). On avait rapidement feuilleté des livres comme gymcerveau (devenu récemment Gym cerveau objectif 100 ans). On découvre maintenant(avec stupéfaction) le site www.happyneuron.com (voir le Monde daté du Samedi 18 juin). Plusieurs analyses sont possibles. La première est commerciale et consiste à considérer, comme pour le livre gym cerveau, qu’il y a un marché de l’entrainement mental (cognitif ???). Ce marché, après avoir montré ses limites pour les enfants et les adultes, concerne désormais les plus agés d’entre nous. Le commerce du 3è et 4è age est un marché qui a des moyens financiers suffisants pour assurer la vie de ces sociétés qui proposent ces produits La deuxième est concerne le fonctionnement du cerveau. Peut-on entraîner le cerveau ? si oui comment ? Des spécialistes de la plasticité du cerveau (M Peschanski, M. Prochiantz etc…) ont montré l’importance de la stimulation de l’activité intellectuelle pour maintenir un bon niveau de vigilance mentale en vieillissant. C’est donc sur cette base que certains (moins scientifiques) ont conçu des outils pour stimuler cette activité La troisième est pédagogique et cognitive. peut-on entraîner les capacités mentales indépendamment d’un contexte. Peut-on concevoir des exercices systématiques et en dehors d’un contexte pour stimuler l’activité intellectuelle ? Là encore l’utilisation des logiciels de ce type en classe ou encore les recherches menées à l’université de Paris 5 ont montré que l’intérêt de telles pratiques est extrêmement limité. Enfin est-il possible d’entretenir réellement une vigilance mentale indépendamment d’un contexte. Le contexte parce qu’il sert de repère dans le temps et dans l’espace, parce qu’il est un appui à la motivation, et enfin parce qu’il donne sens à l’activité, est essentiel à tout fonctionnement du cerveau. De ces analyses ont peut comprendre que derrière la dimension commerciale se cache une croyance qui est aussi une ignorance : celle que l’entraînement systématique hors contexte est efficace. Quand un musicien explique les gammes qu’il fait tous les jours, quand un sportif s’entraîne des années en vue d’une hypothétique réussite, quand un artiste parle du long chemin qu’il parcourt, on peut penser que cet entraînement systématique est un modèle. C’est oublier ce qui fait le contexte de ces entraînements et le rituel qui les entoure. C’est oublier ce qui motive ces entraînements et qui les rend « productifs ». Les logiciels d’entraînement sont alors à contextualiser. Quand une personne agée fait un mot croisé ou joue aux chiffres at aux lettres, elle fait un exercice d’entraînement contextualisé qui comporte une dimension d’appartenace sociale qui se traduit par les échanges et interactions que permettent ces activités. L’autre dimension qu’oublient ces logiciels c’est l’interaction humaine comme stimulant le cerveau. Or l’entraînement systématique qu’ils proposent oublient complètement cette dimension. Quand pour des jeunes en milieu scolaire cette interaction est contrainte par le contexte scolaire, il n’en est pas de même pour les personnes agées davantage portées par le repli sur son intérieur. Les marchands de la peur du vieillissement ont trouvé là un espace d’affaire. Espérons que la vigilance de nos anciens saura résister à ce type de marché : universités du 3è age, activités collectives, associations, et même recherches sur Internet, sont des espaces de vigilance intellectuelle au moins aussi porteuse que ces logiciels qui prétendent entraîner le cerveau… BD

Juin 19 2005

Entraînement mental

On connaissait les logiciels d’entraînement pour enfants (zoombinis, et autres docteur Brain). On avait rapidement feuilleté des livres comme gymcerveau (devenu récemment Gym cerveau objectif 100 ans). On découvre maintenant(avec stupéfaction) le site www.happyneuron.com (voir le Monde daté du Samedi 18 juin). Plusieurs analyses sont possibles. La première est commerciale et consiste à considérer, comme pour le livre gym cerveau, qu’il y a un marché de l’entrainement mental (cognitif ???). Ce marché, après avoir montré ses limites pour les enfants et les adultes, concerne désormais les plus agés d’entre nous. Le commerce du 3è et 4è age est un marché qui a des moyens financiers suffisants pour assurer la vie de ces sociétés qui proposent ces produits La deuxième est concerne le fonctionnement du cerveau. Peut-on entraîner le cerveau ? si oui comment ? Des spécialistes de la plasticité du cerveau (M Peschanski, M. Prochiantz etc…) ont montré l’importance de la stimulation de l’activité intellectuelle pour maintenir un bon niveau de vigilance mentale en vieillissant. C’est donc sur cette base que certains (moins scientifiques) ont conçu des outils pour stimuler cette activité La troisième est pédagogique et cognitive. peut-on entraîner les capacités mentales indépendamment d’un contexte. Peut-on concevoir des exercices systématiques et en dehors d’un contexte pour stimuler l’activité intellectuelle ? Là encore l’utilisation des logiciels de ce type en classe ou encore les recherches menées à l’université de Paris 5 ont montré que l’intérêt de telles pratiques est extrêmement limité. Enfin est-il possible d’entretenir réellement une vigilance mentale indépendamment d’un contexte. Le contexte parce qu’il sert de repère dans le temps et dans l’espace, parce qu’il est un appui à la motivation, et enfin parce qu’il donne sens à l’activité, est essentiel à tout fonctionnement du cerveau. De ces analyses ont peut comprendre que derrière la dimension commerciale se cache une croyance qui est aussi une ignorance : celle que l’entraînement systématique hors contexte est efficace. Quand un musicien explique les gammes qu’il fait tous les jours, quand un sportif s’entraîne des années en vue d’une hypothétique réussite, quand un artiste parle du long chemin qu’il parcourt, on peut penser que cet entraînement systématique est un modèle. C’est oublier ce qui fait le contexte de ces entraînements et le rituel qui les entoure. C’est oublier ce qui motive ces entraînements et qui les rend « productifs ». Les logiciels d’entraînement sont alors à contextualiser. Quand une personne agée fait un mot croisé ou joue aux chiffres at aux lettres, elle fait un exercice d’entraînement contextualisé qui comporte une dimension d’appartenace sociale qui se traduit par les échanges et interactions que permettent ces activités. L’autre dimension qu’oublient ces logiciels c’est l’interaction humaine comme stimulant le cerveau. Or l’entraînement systématique qu’ils proposent oublient complètement cette dimension. Quand pour des jeunes en milieu scolaire cette interaction est contrainte par le contexte scolaire, il n’en est pas de même pour les personnes agées davantage portées par le repli sur son intérieur. Les marchands de la peur du vieillissement ont trouvé là un espace d’affaire. Espérons que la vigilance de nos anciens saura résister à ce type de marché : universités du 3è age, activités collectives, associations, et même recherches sur Internet, sont des espaces de vigilance intellectuelle au moins aussi porteuse que ces logiciels qui prétendent entraîner le cerveau… BD

Juin 17 2005

L'utilisation des TIC à des fins pédagogiques : une énigme ?

Le rapport 2004 sur les politiques d’éducation publié par l’OCDE comporte un chapitre consacré à la « rentabilisation des investissements dans les technologies éducatives ». Par ce seul titre, ce rapport introduit d’emblée l’hypothèse de « retour sur investissement » autrement dit il pose de la question de l’amélioration de l’éducation par les technologies. Le résultat est accablant : même dans les pays considérés comme étant les plus avancés en la matière le bénéfice éducatif des technologies semble très faible. L’obstacle principal dénoncé dans ce rapport est « la capacité des enseignants à intégrer ces appareils dans leurs pratiques pédagogiques ». Il est ajouté qu’il ne suffira pas de former les enseignants mais qu’il faudra conjuguer, matériel, formation et autres formes d’innovation éducative. La naïveté de ce rapport me paraît désarmante et le constat bien tardif. Une analyse un peu distancée des initiatives prises dans les années 80 sur le même thème ne laissaient aucun doute. L’amnésie sur le sujet des TIC dénoncée par Pierre Landry (spécialiste de l’autoformation) se confirme ici. Il est dommage que des travaux pour l’OCDE comme ceux de Michael Hubermann en 1973 n’aient pas été davantage popularisés : on aurait compris que le changement en éducation est beaucoup plus complexe qu’on ne le pense et surtout qu’il ne se réduit pas à des moyens et de la formation. Car ce rapport signale, fort heureusement, que si les moyens ne suffisent pas, la formation n’est pas une solution en elle-même quand les moyens sont là. Il est quand même dommage que les travaux sur la forme scolaire (Guy Vincent) n’aient pas été mieux lus. On aurait peut-être pas lu dans le rapport des phrases comme celle-ci : « 87% des élèves du deuxième cycle du secondaire fréquentent des établissements qui ne peuvent atteindre leurs objectifs en matière de TIC du fait que les enseignants ont une maîtrise insuffisante de l’ordinateur à des fins pédagogiques ».(Norvège) et surtout celle-ci «  »une formation appropriée ne permet pas à elle seule, une utilisation plus efficace des TIC: il faut aussi s’attaquer aux obstacles organisationnels et structurels qui existent au sein de l’école ». On comprendra mieux cet état de fait et donc l’origine de cette naïveté en lisant ce passage : « Les études expérimentales existantes renseignent globalement assez peu au sujet de l’impact des types actuels de technologies sur les performances des élèves, et moins encore au sujet de leur incidence sur la motivation ou l’acquisition des aptitudes à apprendre ». On apprend que, si les recherches avaient été mieux orientées, on aurait peut-être eu les moyens de comprendre les choses. Mais malgré ce propos, l’allant de soi sous jacent, l’hypothèse de base de ce texte reste bien que les technologies améliorent les apprentissages, et qu’il est dommage qu’on ne l’ait pas encore prouvé. Or le véritable travail à entreprendre est ailleurs. L’amélioration de la pédagogie ne peut être une question de technologies. Faut-il encore rappeler que c’est avant tout une question d’être humain ? L’amélioration des « processus d’enseignement et d’acquisition de savoirs » par les technologies est un prisme qui n’a pas de sens. C’est un mythe qu’il faut abattre. La première chose à faire est d’arrêter de poser cette question en croyant que la réponse est positive. Souhaitant d’autres innovations éducatives, le rapport fait là aussi preuve de naïveté. Il ne suffit pas d’innover quand on connait la difficulté à transférer les innovations. La question la plus importante est, selon moi, celle des pratiques ordinaires. Dans le monde enseignants les pratiques ordinaires évoluent différemment que dans d’autres milieux professionnels. les changements dans ces pratiques s’opèrent avant tout dans la confiance qu’ont les enseignants dans leur pratique. Or les technologies ont pour principal effet de déstabiliser cette confiance pour beaucoup de praticiens ordinaires (probablement moins pour les innovateurs). Le poids des représentations sociales de la fonction d’enseignement chez les enseignants (mais aussi pour l’ensemble des acteurs de l’éducation) est le facteur d’inertie dominant. L’acceptation de l’ordinateur dans les établissements scolaires est désormais un acquis non contesté. L’usage par contre ne se développe qu’au rythme de l’évolution de ces représentations. D’abord individuellement, les enseignants tentent une incursion dans ces pratiques nouvelles pour chacun d’eux. C’est dans ce premier temps qu’interviennent le plus les freins techniques et de formation. C’est le temps de la « prise de confiance ». Dans le deuxième temps accessibilité, souplesse, adaptabilité doivent accompagner un renouveau du « plaisir d’enseigner ». Dans un troisième temps, reconnaissance, soutien et accompagnement doivent permettre de rendre ordinaire l’usage des technologies qui sont alors en « proximité » avec l’acte d’enseigner. Cette démarche se fait dans un aller retour constant entre l’individuel et le collectif au sein de l’établissement scolaire, processus qui suppose une vigilance rigoureuse pour réguler les a-coups inévitables de la motivation et de la confiance. L’introduction des technologies dans l’enseignement ne doit pas viser à améliorer la qualité de l’enseignement en elle même mais bien plutôt la qualité de l’enseignement par rapport à la mission de l’école dans la société. Il ne faudra pas regretter que les perfomances aux tests standards ne soient pas améliorées par les technologies, car c’est perdu d’avance. Il faudra par contre redouter qu’au nom de ce mythe on ne poursuive pas ce développement car les technologies dans le système scolaire permettent bien d’autres choses autrement importantes : – la relation aux savoirs savants et aux savoirs de la pratique contemporains ne peuvent se faire si l’on ne situe pas les technologies par rapport à ces savoirs, c’est à dire aussi dans la construction de ces savoirs, – l’évolution de la relation pédagogique dans la classe, – Le développement d’une culture d’information et communication suffisante pour comprendre et analyser le monde actuel – la maîtrise technique et culturel d’outils dont l’usage social est de plus en plus opaque pour l’usager.

Juin 16 2005

Autoformation, TICE et modèle de l'apprentissage

L’interview de Pierre Landry disponible à cette adresse : http://www.asti.asso.fr/pages/Hebdo/sh56/sh56.htm mérite d’être lue avec attention. J’en extrais ces quelques lignes commentées : Dénonçant en premier lieu quelques allant de soi qui ont la vie dure il déclare : « Or l’apprentissage, seul avec un document, électronique ou pas, ne fonctionne que dans des cas précis, par exemple pour apprendre à se servir d’un logiciel. Et cela ne fonctionne pas pour tout le monde. » Evoquant la place de la scolarisation pour l’apprentissage, en lien avec les propos sur les TIC :  » il n’est pas question de supprimer l’école mais de reconnaître que la forme scolaire n’est pas la seule forme pour apprendre.. » Autrement dit, il est temps que l’école prenne en compte cette réalité et se tienne à sa place !!! Spécialiste de l’autoformation P Landry rappelle : « Pour apprendre, il faut une initiative » Et son propos s’appuie sur ce cadre : « Finalement, nous distinguons, avec Philippe Carré, trois dimensions: vouloir apprendre : se motiver ; pouvoir apprendre : les conditions et situations qui valorisent l’apprentissage, par exemple les entreprises « apprenantes » qui le permettent (ou non, dans l’optique du taylorisme), en créant les conditions nécessaires à la reconnaissance de ce qui est appris et en favorisant les interactions entre les personnes pour qu’elles apprennent : savoir apprendre  » Revenant enfant aux question des technologies, Pierre Landry nous rappelle : « L’histoire de la relation des machines avec l’éducation et la formation est une longue suite d’oublis […]spécialistes des différentes technologies ne discutent pas entre eux » En effet on ne peut que constater la répétition de propos incantatoires (Patrice Flichy parlait d’objets valises) à chaque nouveauté technologique en lien avec l’éducation. Cela amène P Landry à une critique acerbe du monde de la recherche et de l’université dont il dénonce les cloisonnements disciplinaires et l’éloignement des acteurs engagés. Mais cela l’amène aussi à inviter à une plus grande rigueur dans le travail de recherche en sciences de l’éducation et en sciences de l’information dès lors que l’on parle des TIC. La dénonciation du mythe de l’e-learning est une bonne illustration de ce propos et mérite que l’on regarde nos propres enthousiasmes avec une distance suffisante. A suivre et à débattre Bruno Devauchelle

Juin 16 2005

Autoformation, TICE et modèle de l'apprentissage

L’interview de Pierre Landry disponible à cette adresse : http://www.asti.asso.fr/pages/Hebdo/sh56/sh56.htm mérite d’être lue avec attention. J’en extrais ces quelques lignes commentées : Dénonçant en premier lieu quelques allant de soi qui ont la vie dure il déclare : « Or l’apprentissage, seul avec un document, électronique ou pas, ne fonctionne que dans des cas précis, par exemple pour apprendre à se servir d’un logiciel. Et cela ne fonctionne pas pour tout le monde. » Evoquant la place de la scolarisation pour l’apprentissage, en lien avec les propos sur les TIC :  » il n’est pas question de supprimer l’école mais de reconnaître que la forme scolaire n’est pas la seule forme pour apprendre.. » Autrement dit, il est temps que l’école prenne en compte cette réalité et se tienne à sa place !!! Spécialiste de l’autoformation P Landry rappelle : « Pour apprendre, il faut une initiative » Et son propos s’appuie sur ce cadre : « Finalement, nous distinguons, avec Philippe Carré, trois dimensions: vouloir apprendre : se motiver ; pouvoir apprendre : les conditions et situations qui valorisent l’apprentissage, par exemple les entreprises « apprenantes » qui le permettent (ou non, dans l’optique du taylorisme), en créant les conditions nécessaires à la reconnaissance de ce qui est appris et en favorisant les interactions entre les personnes pour qu’elles apprennent : savoir apprendre  » Revenant enfant aux question des technologies, Pierre Landry nous rappelle : « L’histoire de la relation des machines avec l’éducation et la formation est une longue suite d’oublis […]spécialistes des différentes technologies ne discutent pas entre eux » En effet on ne peut que constater la répétition de propos incantatoires (Patrice Flichy parlait d’objets valises) à chaque nouveauté technologique en lien avec l’éducation. Cela amène P Landry à une critique acerbe du monde de la recherche et de l’université dont il dénonce les cloisonnements disciplinaires et l’éloignement des acteurs engagés. Mais cela l’amène aussi à inviter à une plus grande rigueur dans le travail de recherche en sciences de l’éducation et en sciences de l’information dès lors que l’on parle des TIC. La dénonciation du mythe de l’e-learning est une bonne illustration de ce propos et mérite que l’on regarde nos propres enthousiasmes avec une distance suffisante. A suivre et à débattre Bruno Devauchelle