Il faut arrêter de donner les vieux postes informatiques aux écoles primaires !

La récente annonce de don d’ordinateurs par la Poste à des écoles primaires, ainsi que des rencontres avec des équipes d’établissement confrontés à cette réalité amène à tirer la sonnette d’alarme : il est temps de prendre les écoles primaires au sérieux et de leur permettre d’accéder à des équipements fiables et surtout utilisables en classe. Quelques exemples permettront de montrer différentes facettes du problème. Dans cette classe, en janvier 2005 un gentil parent a fait don d’un appareil venu de son entreprise. L’enseignante annonce aux élèves le cadeau de noêl qui ravit toute la classe. Ils commencent à déchanter quand voulant imprimer, ils se sont aperçu qu’ils n’avaient pas le pilote. Impossible d’accéder à internet, l’établissement n’avait pas cablé la classe. Quand au vieux logiciel pédagogique dont disposait l’institutrice il s’affichait partiellement sur l’écran en 640X480 au lieu du 800X600 requis l’ordinateur était probablement plus vieux que le logiciel. Dans cet établissement, un salle entière a été équipée de vieux ordinateurs. Impossible d’y faire tourner le moindre logiciel autre que le traitement de texte disponible. Toute installation bloque, l’enseignant a heureusement construit un projet d’écriture. Dans de nombreuses circonstances de multiples problèmes se présentent. Dans cet autre établissement l’hétérogénéité et l’ancienneté du parc laissait rêveur. Pas de driver de carte son (pourquoi mettre du son sur un ordinateur à l’école primaire), imprimante matricielle à rubans introuvables, souris incompatibles, Internet aléatoire, etc. Quant aux logiciels, le même pouvait ne pas s’installer sur tous les postes, mais seulement sur un ou deux. L’idée selon laquelle l’école primaire peut recycler d’anciens postes informatiques est contraire à l’intérêt des élèves et de leurs enseignants. Un affichage de qualité, des périphériques faciles à faire fonctionner, du son audible etc sont indispensables pour mener de réelles activités pédagogiques pertinentes. Quand on observe de nombreuses salles informatiques d’établissement, on s’aperçoit que cette dimension du son est laissée de coté : pouvoir enregistrer sa voix, écouter les commentaires, voire faire des visio conférences sur Internet reste une possibilité d’autant plus rarement utilisée qu’elle difficile voire impossible à mettre en ouvre. L’école primaire n’est pas le centre de recyclage de l’informatique d’entreprise ou celle des établissements secondaires. On peut même considérer qu’en primaire les enfants ont beaucoup plus besoin d’accéder à des machines de qualité si l’on entend les familiariser avec ces outils. Or si les déceptions et les plantages constituent le quotidien des classes, l’effet sera catastrophique et l’image de ringardise technologique de l’espace scolaire sera très ancrée dans l’esprit de chaque enfant et chaque parent. Quant aux municipalités, il est nécessaire qu’elles engagent à ce sujet une analyse approfondie du contexte qu’il est nécessaire de proposer aux écoles. Ainsi elles pourront accompagner au mieux, dans un souci de continuité entre la maison et l’école, le développement des équipements pertinents. Il s’agit aussi pour elles de comprendre qu’un ordinateur peut devenir aussi quotidien qu’un cahier. A débattre Bruno Devauchelle CEPEC

Sensibiliser les mineurs ou faire peur ?

La conférence de presse de François Fillon et François d’Aubert (18-05-05) à propos de la campagne nationale de sensibilisation aux risques d’Internet dans les écoles primaires s’inscrit dans la lignée d’une campagne sur les risques d’Internet. L’association Fédération Européenne pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (dirigée par Madame Barnier (?) a opportunément utilisé la voix de ces ministres pour faire passer un message « d’inquiétude ». Cette stratégie semble davantage dirigée en direction des parents que des enfants, même si des élèves de CM2 vont recevoir un tapis de souris évocateur de cette thématique. Le ministre déclare :

« La toile ne doit pas être une « zone de non droit », une zone parsemée de pièges, où la loi du plus fort serait la règle. Notre ambition est de conserver l’esprit originel qui a présidé à la création de l’internet : celui d’un espace de découverte et d’enrichissement mutuel et non un maquis au sein duquel des « prédateurs chassent leurs proies » ! »

Malheureusement, l’argumentaire peut sembler un peu insuffisant. en effet on peut lire plus loin :

« Nous le savons, ceux-ci (les enfnats) témoignent tous de la même curiosité et de la même agilité face à l’informatique et à l’internet. Notre devoir est qu’ils puissent « surfer » en toute sécurité sur les réseaux. Or le constat est connu : l’internet est devenu le terrain d’action privilégié des « voleurs d’innocence. » Les pédocriminels usent des sites pour tisser leurs sordides filets ; ils profitent de l’anonymat des chats et des forums pour entrer en contact avec leurs jeunes – parfois très jeunes – victimes. »

Agiter le risque et la terreur n’est pas forcément une ouverture significative pour aider les enfants à la responsabilité. Heureusement un peu plus loin on lit :

« – à destination des enfants, nous disons que l’internet n’a rien d’un monde virtuel ; ses risques et ses dangers sont bien réels !

– à destination des parents, nous disons qu’ils ne doivent pas laisser leurs enfants naviguer sans précautions sur les réseaux, pas plus qu’ils ne les laissent déambuler seuls dans les rues la nuit. »

On se rend compte que en agissant auprès des enfants, c’est bien les parents qui sont concernés. Rappelant un peu plus loin l’intérêt du B2i pour l’éducation à la citoyenneté sur la toile, le ministre renforce un peu plus le carcant qu’il lui semble nécessaire de mettre autour d’Internet.

On peut craindre que ce discours soit avant tout sécuritaire et trop peu éducatif… Cela serait dommage au moment où l’ensemble des adultes est concerné par la difficulté à accéder à une information « propre » que l’on se contente de filtres, de sécurité et moins de véritable éducation des jeunes et des adultes.

A suivre en tout cas

BD CEPEC

La planète google…

Inquiétante cette planète qui erre dans le cyber espace. Venue d’une contrée lointaine surnommée USA Google est en train d’affoler notre vieille terre européenne. En effet son projet de numérisation d’un ensemble de bibliothèques affole notre monde intellectuel, président de la Bibliothèque nationale de France en tête, M. Jeanneney qui en a fait un petit livre, tonique et questionnant. »Quand google défie l’Europe, Playdoyer pour un sursaut » (Mille et une nuits 2005). Le Monde, Télérama etc… il y a inquiétude généralisée. Fort heureusement l’ouvrage de Monsieur Jeanneney part sur un bon sentiment qui consiste à dire que l’important est de développer une stratégie alternative plutôt que de se lamenter. L’ennemi ce n’est pas Google, c’est le risque que court la planète avec la mondialisation de l’information. Ceci se présente sous la forme de deux écueils graves : le premier est l’inégalité des contenus, le second est l’inaccessibilité. L’affaire google confirme simplement la suprématie des contenus électroniques issus d’amérique du nord au moins en quantité. En fait le déséquilibre vient progressivement s’affirmer : les pays émergents les plus pauvres ne parviennent pas à « exister » sur la toile. ils commencent davantage par admirer la richesse des riches de se monde et en oublient de mettre leur propre richesse sur le web. Cette domination des contenus est peut-être provisoire, du moins pour l’asie du Sud Est, mais l’initiative de google nous rappelerait largement qu’à ne pas y prendre garde les contenus de certains pourraient vite devenir les seuls accessibles sur Internet et pour cause, à la quantité disponible s’ajoute l’accessibilité. En effet les modalités de fonctionnement de Google, de par leur efficacité supposée et parfois même constatée, l’ont imposé sur le marché des utilisateurs. Il devient donc facile de supposer une intention maléfique de certains qui pourraient détourner cet outil au service d’une domination culturelle partiale. C’est malheureusement l’un des points faibles de la démonstration de l’ouvrage de Monsieur Jeanneney. En effet quelque soit le moteur de recherche, la masse d’information à traiter est telle qu’elle ne peut que jeter dans l’oubli une masse exceptionnellement grande d’informations qui deviennent de plus en plus « grise », autrement dit quasi inacessible. En appelant à d’autres moteurs de recherche et en voulant promouvoir une numérisation massive des bibliothèques, il me semble que nous sommes en dessous de véritables enjeux : – en premier lieu promouvoir l’expression de toutes les cultures ici et maintenant, avant que l’habitude de fréquenter la culture dominante ne les fasse oublier, – ensuite développer les réseaux d’échange de savoirs, de contenus en développant la capacité humaine à rechercher réellement les contenus pertinents et à les mettre en lien.

Un nouveau moteur de recherche ne suffira pas à résoudre le problème de l’inaccessibilité, de nouveaux contenus de bibliothèques numérisés sont certes intéressants. mais ils sont insuffisant si l’on ne se soucie pas de réfléchir plus globalement à l’interaction entre l’être humain et la quantité d’information illimitée dont il est l’auteur potentiel depuis longtemps et pour encore de nombreuses années, mais espérons le, en respectant la diversité humaine

BD CEPEC

Portfolio numérique : idée technologique, idée pédagogique ?

Au moment où à Dijon se réunissent les IUFM pour évoquer le porfolio numérique pour la mise en place du C2i enseignant, il est nécessaire de se poser la question de savoir si le porfolio numérique n’est pas un nouvel « avatar » technologique qui s’appuie sur un courant de pratiques pédagogiques nord américain ou s’il s’agit réellement d’une possibilité nouvelle de penser les choses.

En premier lieu, il faut rappeler que le porfolio avant d’être numérique est le nom donné à un objet qui permet à quelqu’un de montrer ce qu’il fait à ses interlocuteurs qui veulent juger de sa qualité. Autrement dit le porfolio existe en soi avant d’être numérique. En effet dès les années 70, dans la suite de la pédagogie par objectif, les termes compétences, capacités, ont fait l’objet de travaux et de publications (cf ADMME-CEPEC 1982). Avec le développement de cette approche, apparaît fort logiquement le développement d’une réflexion sur les supports d’évaluation adaptés. Livret de suivi, portefeuille de compétence, … Dans un autre registre, reprenant le travail de l’ethnométhodologie les notions de journal de bord, de carnet de bord reprennent eux aussi l’idée de la trace de l’activité. Cette question de la mémoire écrite est très ancienne. Elle prend progressivement forme avec les journaux des voyageurs (une abondante bibliothèque existe et se développe depuis longtemps). L’usage du terme portfolio en éducation semble marquer un signal de reconnaissance dans le développement d’une forme de pensée qui vise à utiliser au mieux la trace des apprentissages effectués. Il s’agit surtout de reconnaître le processus au sein même du produit, autrement dit d’identifier au mieux la compétence comprise dans sa double manifestation. L’arrivée du terme « numérique » accolé au terme « portfolio » donne encore davantage de visibilité médiatique au terme. Malheureusement il risque aussi d’en être le fossoyeur si l’on n’y prend garde. En effet, comment retrouver l’esprit même indiqué précédemment dans un objet technique qui risque surtout d’alourdir des dispositifs existants. Pourquoi donc s’empresser de mettre un dispositif technique ? Parce que la place des TIC en éducation chercher encore sa place réelle dans une visée d’efficacité. La débauche de projets pour intégrer l’ordinateur puis les TIC en éducation depuis trente ans n’a pas porté les fruits que d’aucuns espéraient en terme d’efficacité pédagogique. Les « technophiles » ont toujours la tentation de techniciser les idées qu’ils croisent : l’exemple du B2i est suffisamment éloquent pour l’illustrer. Dès le début la tentation « logicielle » s’est exprimée jusqu’au moment où l’on s’est aperçu que le problème pédagogique devait être d’abord fondamentalement étudié. Ainsi, après les ENT, les ENS, le porfolio numérique consitue le dernier avatar en matière de TICE. Mode à coup sûr, sur le plan technique, qui risque d’emporter aussi l’intérêt même de la démarche qui si elle est vraiment réfléchie, sur le plan pédagogique, pourrait devenir un dispositif intéressant pour permettre un meilleur suivi des apprentissages. Il nous reste à espérer que dans les mois à venir, des voix se feront entendre pour articuler réellement pratique pédagogique, problématique d’apprentissage et instruments informatiques…

A suivre

BD CEPEC

Deux sites en concurrence

Si vous y regardez de près vous aller vous poser quelques questions : Comment se fait-il que désormais deux sites Internet différents tiennent au courant les usagers de l’éducation des faits et gestes principaux de leur ministre ? Comparons : Voici à cette date du 17 mai les trois premiers titres de la rubrique actualité du ministère (http://www.education.gouv.fr) :
*********************** Mai 16/05 La France et l’Espagne signent un accord cadre pour renforcer leur coopération éducative dans le cadre européen communiqué de presse

16/05 Journée de solidarité à l’Education nationale communiqué

16/05 Solidarité : le Ministre salue le sens des responsabilités des personnels … communiqué de presse
***********************

Voici, à la même date les trois premiers titres de la rubrique actualité du site de la loi d’orientation (http://www.loi.ecole.gouv.fr/)
*********************** Semaine du 16 au 22 mai 2005

 jeudi 19 mai      L'enseignement des musiques actuelles : des acquis aux enjeux      Assises nationales des TIC  mercredi 18 mai      Journées C2i (Certificat informatique et internet enseignant)      La formation des adultes et le concept de "formation tout au long de la vie"  mardi 17 mai      Les discriminations liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre en milieu scolaire

***********************

La simple comparaison nous amène à penser qu’il y a concurrence de ces deux sites, sans savoir pourquoi. D’autant plus que d’autres sites (educnet, eduscol et cndp – quand il n’est pas en panne) ont aussi leur propre actualité, mais là on sait quelles sont les logiques sous-jacentes.

Bref la voix du ministre a désormais deux canaux pour nous transmettre ses informations… soyons vigilants

BD CEPEC

PS je vous invite à suivre ces jours-ci l’actualité violente et mouvementée du CNDP… dont le site est inaccessible suite à des tentatives de déménagement nocturne et des échanges de coups entre le directeur (Alain Coulon) et une représentante des salariés….

Le B2i va-t-il devenir un examen ?

Une expression bien inquiétante

Comme le texte sur le C2i l’avait laisser entendre, un examen pourrait permettre la validation des compétences listées dans le référentiel C2i. Cette lecture du texte officiel se trouve aujourd’hui confortée par la lecture de la circulaire de rentrée de l’enseignement scolaire pour 2005. On y lit en particulier ce passage : « La validation des compétences du B2i de niveau 1 peut être terminée au collège. L’objectif est que l’ensemble des élèves de collège puisse présenter le B2i de niveau 2 à l’horizon 2007, en vue d’une prise en compte pour l’obtention du diplôme national du brevet. » L’expression « présenter le B2i » est trop similaire à celle plus courante : « présenter un examen » pour ne pas susciter notre interrogation. La publication récente de la note d’évaluation de la DEP à propos du B2i met en évidence un élément essentiel qui fait obstacle au B2i : il ne cadre pas avec la « forme scolaire » si prègnante dans l’inconscient collectif : pas d’enseignement, pas de note, pas d’examen. Les enquêtes du Café Pédagogique (2001 2004) ou encore les rapports de l’IGEN avaient pointé en filigrane ce problème. De plus l’IGEN souhaite depuis le début que le B2i soit intégré aux examens, pensant ainsi et à juste titre, que si examen il y a, pratique d’enseignant il y aura. Comme le déclarait un jour une enseignante devant ses collègues à propos des TPE : « dites moi comment on le note, je vous dirai comment je l’enseignerai ! ». Ainsi un savoir, un savoir faire ne pourraient avoir droit de cité dans l’enceinte scolaire que s’ils font l’objet d’un enseignement, d’une note sur un bulletin et enfin d’un examen reconnu ! Que penser d’une telle conception de l’enseignement et des contenus enseignés ? On laissera le soin aux nombreux « débatteurs publics » de prendre position (ceux qui pensent qu’il vaut mieux utiliser le spectacle médiatique pour réfléchir aux questions scolaires plutôt que de se contenter d’un travail, certes modeste, d’observation et de recherche). Notre propos est d’identifier cette évolution et de la soumettre à la réflexion des enseignants et de tous ceux qui s’intéressent à l’éducation. Il y a là une question anthropologique qui relève selon moi de celle de « l’objectisation » de l’élève. La question sous jacente, à propos du B2i, est celle du procés d’appropriation des TIC dans notre société : quelle place le système scolaire y revendique ?

Quant à nous, il nous semble que cette expression est la marque d’une évolution sensible de la conception initiale du B2i. On peut identifier ici le souci légitime des responsables ministériels et de l’IGEN de rendre « crédible » le B2i en référence aux normes de certification actuellement en place (c’est à dire acceptées explicitement et implicitement) dans la société. On peut aussi identifier l’échec d’une première étape qui aurait voulu voir les enseignants s’emparer de cette marge de liberté pour « inventer » une nouvelle forme de certification. On peut enfin identifier la marque d’un essai, d’un test, dont les résultats sont plein d’enseignement aussi bien sur le plan du management des organisations et du changement dans cells-ci que sur le plan de la prise en compte dans le milieu scolaire de la place prise par les TIC dans le quotidien de nombreux jeunes.

A suivre et à débattre

BD CEPEC

Peut-on rire de la DEP à propos du B2i

Etude de texte

La note d’évaluation de la DEP à propos du B2i (Avril 2005) mérite une analyse de contenu pour au moins son premier paragraphe. Voici ce qu’on y lit : « Entamée en 2001, la mise en place du B2i s’est faite de façon régulière : le tiers des collèges concernés ont installé le dispositif en septembre de la première année, un autre tiers à la rentrée 2002, le dernier tiers à la rentrée 2003. Au terme d’un premier questionnement de tous les collèges publics de France métropolitaine et des départements d’outre-mer, deux principaux sur trois ont déclaré mettre en oeuvre le B2i « 

Malgrè de faibles connaissances mathématiques, il nous semble que trois fois un tiers constitue un tout. Si donc chaque année un tiers des établissements a mis en place le B2i, comment se fait-il il n’y ait que 2 principaux sur trois qui déclarent mettre en oeuvre le B2i ? Plusieurs hypothèses s’ouvrent à nous : 1 – La DEP ne sait pas compter. 2 – Les principaux sont des menteurs 3 – C’est un effet d’annonce 4 – La DEP sait compter, mais a du mal à s’exprimer clairement 5 – …. toute autre suggestion sera la bienvenue

A trop vouloir en faire la DEP s’est pris les pieds dans le tapis. La réalité de terrain est peut-être beaucoup moins reluisante comme me l’ont signalé plusieurs collègues, alors cette introdcution n’est que le reflet d’un malaise mal caché.

Concluons à la lecture du texte : la première année c’est un tiers du total des établissements qui a mis en place le B2i (c’est bizarre parce que alors le ministère n’en donnait que 20%, cf interview du conseiller du ministre novembre 2001). La deuxième année c’est un tiers du reste des établissements qui s’y est mis, la troisième année c’est encore un tiers du restant, on peut continuer très longtemps et ainsi comme dans le paradoxe d’Hercule et de la tortue, le B2i ne sera jamais mis en place dans la totalité des établissements…

Ouf !

La logique, c’est pas les maths ?

BD

Eloge de l'art de vivre et de la rigueur sur Internet

Pourquoi tant de haine ? Pourquoi ces attaques personnelles ? Pourquoi ces propos suspicieux ? Pourquoi ces injures ? Telle pourrait être mon sentiment suite à plusieurs échanges récents sur Internet. A l’occasion d’oppositions de conception assez importantes, un certain nombre d’acteurs habitués à s’exprimer sur Internet, forums, blogs, courriers personnalisés, se croient autorisés à attaquer les personnes sous des formes variées, au lieu de s’en tenir au débat initial. La pollution des listes de diffusion par des personnalités pathologiques n’est pas nouvelle. Ce qui est nouveau c’est que désormais (mais n’est-ce pas aussi de la patholoige) cette forme d’expression semble s’étendre. Est-ce l’effet de la protection de la distance, de l’anonymat possible, ou est-ce le développement d’une radicalisation dans les relations humaines liée au développement de nouveaux supports désormais accessibles à tous. Que dire d’un jeune qui utilise son blog pour diffamer ses enseignants, ses collègues, ses parents. Mais que dire d’un enseignant qui pratique l’injure, la suspicion ou l’agressivité sur Internet. Le premier est exclu au nom de deux lois : celle de la vie en société, mais aussi celle de l’école. Le second est rarement puni au nom de la loi, quant à la loi de l’école elle ne s’applique pas au delà des murs d’enceinte de l’établissement. Que diront des jeunes qui, sanctionnés par leur enseignant, retrouveront celui-ci en train d’agresser d’autres collègues sur le même vecteur. Quant aux médias traditionnels, il nous faut les soupçonner de prendre une part étonnante dans ce débat. Que Libération, le Monde ou Télérama, parmi d’autres, aient emboité le pas de cette forme de dialogue sur Internet semble au départ un souci d’expression des lecteurs. Mais dès lors que cette expression tourne à l’agressivité, au propos outranciers tenus dans l’anonymat, on peut se demander quel intérêt ils ont à les encourager.Il me semble que deux mouvements sont sous-jacents : le premier est que n’importe qui peut ainsi parvenir à entrer dans l’arêne et ainsi tenter de devenir célèbre dans cette nouvelle forme de « média-réalité » provoquée dans ce nouveau support; le deuxième me semble plus pervers car il confine au travail de repérage et de recueil d’information que se doit de faire un journaliste. Ainsi muni de cette précieuse tribune libre, il peut en sélectionner les plus « spectaculaires » et en faire ainsi un enrichissement de son propre support. Dans les deux cas, il y a tentative de développer le « spectacle humain ». D’une part en rendant ordinaire la forme spectaculaire dénoncée jadis par Pierre Bourdieu. D’autre part en mettant en avant les propos les plus spectaculaires tenus lors de ces « (d)ébats en ligne ». La fameuse « Netiquette » si souvent vantée depuis les début d’Internet n’en a plus pour très longtemps. Les adultes sont les premiers impliqués dans cet éclatement programmé. Incapables de respecter les règles qu’ils édictent (regardons dans les transports collectifs le développement continu du téléphone portable alors qu’il est demandé de rester discret), les adultes sont pourtant les premier à fustiger une jeunesse qui ne respecte plus rien. Malheureusement les exemples récents m’amènent à constater que la forme de « violence » symbolique, verbale et parfois réelle exprimée dans ces échanges entre adultes devient de plus en fréquente. Comme si la compétition acharnée devenait le mode de vie généralisé et accepté par tous. il est encore temps de résister comme le propos M. Viverét et de retrouver un art de vivre. Si les adultes sont incapables de cela, qu’en sera-t-il des jeunes ?

Bruno Devauchelle

Eloge de la gratuité

La publication d’un article sur la gratuité dans l’hebdomadaire Télérama en date du 23 Avril pose quelques questions intéressantes que cette liste a eu l’occasion d’évoquer à plusieurs reprises depuis sa création. Que l’on soit bien clair, n’est gratuit que la réception de l’information, la fabrication, le transport, la diffusion ont un coût, mais celui-ci est pris en charge de diverses façon. Ainsi TF1 n’est pas gratuit, chacun de nous le paye en allant faire ses courses dans les commerces. Pourquoi alors reparler de la gratuité ? C’est parce que c’est le « sentiment » de gratuité qui pose problème. Autrement dit c’est la perception de cette gratuité, que l’on donne ou que l’on reçoit quit est posée. Les développements d’Internet et du Peer to Peer, qui amènent nombre de personnes à télécharger « gratuitement » des oeuvres sur Internet est le signal d’alarme qui amène à entrer véritablement dans le sujet. Dans l’article de Télérama, on s’étonne de ne rien lire sur le « bénévolat » ou encore sur « les communautés d’échange réciproque des savoirs ». Il semble que là aussi existe une certaine conception de la gratuité. Il suffit d’aller dans les établissements scolaires pour se rendre compte que la notion de gratuité, autrement dit celle de paiement, de non gratuité, ne va pas de soi. En effet la très faible conscience juridique des acteurs de l’éducation en matière de droit de l’information est très étonnant. Dès lors que cette notion est floue pour les adultes, peut-elle l’être aussi pour les jeunes que l’on accuse souvent de ne travailler en classe que si ça rapporte. Le principe d’économie (comment obtenir le meilleur résultat en dépensant le moins possible) semble faire partie de la nature humaine suivant les lectures que l’on peut faire de travaux de psychanalyse ou de psychosociologue, ou même de cogniticiens. Cette conscience cachée du « tout à un coût » serait à l’origine de cette forme de confusion sur la gratuité. Autrement dit, si c’est payant, mais que ça peut être gratuit pour moi, alors c’est beaucoup mieux !!! La lecture des actions d’un certain nombre de nos collègues, voire de nous même, ne peut surprendre surtout si l’idéologie du résultat est la seule valable à la place d’une éthique des finalités et des moyens. La question de la gratuité est posée à chaque fois que l’un des deux pôles est menacé : ainsi les journaux gratuits dérangent les journaux payants, la copie de musique dérange les marchands de musique, les bénévoles dérangent les professionnels, les associations sont attaquées dès lors qu’elle agissent dans le secteur marchand. Si personne n’est dupe des coûts, la question du sentiment de gratuité vient aussi en contre point des abus constatés dans ce qui touche à l’argent : profits immenses, indemnités de départ colossales pour des dirigeants d’entreprise. Comme si le sentiment de gratuité était le dernier rempart, la dernière résistance passive que chacun de nous pouvait exercer face à un monde dans lequel la valeur financière des choses à pris la place de la valeur humaine des actions.

Bruno Devauchelle

De l'obsolescence du droit de réponse sur Internet

A plusieurs reprises de récents propos lus sur des sites Internet ou dans des forums ou autres messageries évoquent la demande d’un droit de réponse à un texte publié sur un site Internet. Ainsi récemment, des droits de réponse ont été demandés au Café Pédagogique suite à la publication d’articles ou de chroniques. Droit de réponse, droit de réplique, courrier des lecteurs, sont-ils des formules adaptées à un vecteur comme Internet dont la caractérisrique principale est de permettre à quiconque de mettre à disposition de tous son opinion, ses analyses, son carnet intime…. La récente mésaventure d’Emmanuel Davidenkoff (ou celle encore du Blog de PA Perissol) est aussi illustrative de la pertinence de cette question. Ouvrant un blog, il a été étonné de lire un grand nombre de commentaires très agressifs de la part de contributeurs anonymes ou non. Ainsi il mettait en évidence le « droit de réponse permanent » que peut constituer ce qui est nommé blog, mais qui est en fait devenu un forum. L’un des demandeurs de droit de réponse avait, en plus de cette demande, publié sa réponse sur son site spécifique. Autrement dit, il avait exercé son droit de réponse sur Internet. Cette conception du droit de réponse n’est que la simple transposition du modèle papier vers les sites en ligne? Quel est le vecteur : le site ou Internet. L’origine du droit de réponse tient au fait que dans un journal sous forme papier, la possibilité de publier est strictement en lien avec la technique et la structure technique du média (fabrication et diffusion). Pour être l’équivalent d’un journal papier, il faut avoir des moyens financiers très importants. Sur Internet les choses sont différentes : la mise en ligne de contenus et leur diffusion est d’un coût très minime, voire quasiment gratuit. Du coup celui qui veut s’exprimer peut s’exprimer sur son propre site et tenter ainsi de rassembler vers lui les gens qui acceptent son point de vue. Il attire ainis vers son site des lecteurs qui étaient sur d’autres sites. Le succés et le mode de fonctionnement de certains sites en ligne ont amené certains contradicteurs à tenter de les assimiler à de la presse classique. Cette tentative est à mon avis déplacée et doit être combattue. En effet rien n’interdit à tel ou tel contradicteur d’ouvrir son propre site ou de s’exprimer dans les espaces ouverts. Si Messieurs Perissol ou Davidenkoff se sont risqués ainsi à ouvrir des forums (et non des blogs, je le rappelle) il est normal que ces dérapages nombreux se produisent chacun ayant le droit de s’exprimer. On peut d’ailleurs se demander si un journaliste qui met en oeuvre une telle pratique n’est pas en train de « s’alimenter » et de spectaculariser son travail. Si par contre un site n’ouvre pas d’espace de mutualisation c’est qu’il souhaite adopter une autre posture. Pour ma part c’est celle-ci que je défendrais en me basant sur quelques principes simples : le débat est une nécessité vitale s’il respecte les règles de civilité et d’éthique essentielles; l’argumentation se doit de rechercher en permanence la rigueur et l’honnêteté intellectuelle voire la scientificité, la contradiction est une nécessité qui doit faire partie de la charte du site, si cette contradiction respecte les deux premières règles. Melheureusement les dérives perçues dans les propos de contradicteurs potentiels qui demandent un droit de réponse me prouvent que les deux premières règles sont parfois maltraitées. Les injures, les procés d’intention, les sous entendus deviennent l’ordinaire des messages reçus ici où là. Ainsi de prétendus défenseurs de la république, des fondamentaux et des savoirs (ce sont eux qui prétendent cela) s’autorisent-t-ils à utiliser une réthorique qui utilisent ce type de propos. Cette pratique pose un réel problème pour qui veut s’ériger en éducateur de la jeunesse : peut-on accepter que d’aucuns se permettent de tels pratiques alors qu’ils réclament de la jeunesse une autre conduite. Je ne suis plus étonné du vocabulaire de certains jeunes de nos classes ou de nos rues quand je lis les propos de certains adultes. Je ne m’étonne plus ni de la violence, verbale ou physique, ni de la mégalomanie ambiante, ni de cet esprit de concurrence et de gagneur qui traversent actuellement de façon plus criante la société et Internet en est une belle illustration. Que dois-je dire à mes enfants si les adultes qui les entourent, voire qui leur enseignent, ont de telles attitudes ? La société du spectacle prend une nouvelle tournure sur Internet

A suivre et à débattre

Bruno Devauchelle

PS pour illuster ceci allez aux adresses suivantes (si les messages n’ont pas été effacés) : http://www.perissol-education.net/ http://education.blogs.liberation.fr/