Avr 18 2017

État d’esprit en éducation

Cette image vue sur twitter récemment a été commentée comme étant largement partagée dans les lieu sportifs :

Du coup je me suis interrogé sur une transposition dans tous les lieux d’éducation.

Voilà ce que je propose :

A l’école et en éducation, N’oubliez pas…

  • Ce ne sont que des enfants
  • On y apprend la vie
  • C’est aussi un jeu
  • Cela dépend surtout d’eux
  • Leurs parents veulent les aider
  • Les éducateurs sont des êtres humains
  • L’école n’est pas une compétition
  • La vie est l’affaire de tous

Avr 16 2017

Le smartphone devient-il le nouveau « crayon-livre » de l’élève ?

Il y a eu la calculatrice électronique, y aura-t-il le smartphone dans la trousse de l’élève ? Rappelons d’abord la Loi : Article L511-5 Créé par LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 – art. 183 (V) qui dit : « Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l’utilisation durant toute activité d’enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d’un téléphone mobile est interdite. » La formulation de ce texte est évidemment pleine d’interprétations (téléphone mobile, mais quid des fonctions déconnectées par exemple, des usages par wifi local etc.…). Pour enrichir le propos, la question de la protection de la santé des jeunes est abordée par les artefacts visibles mais pas par la question fondamentale de la nocivité plus globale de l’ensemble des dispositifs permettant de communiquer à distance, aussi bien sûr pour ce qui est des ondes que pour ce qui est des contenus et des modes d’usage de ces contenus.

L’hypocrisie supposée du législateur n’a d’égal que l’embarras général, les incertitudes scientifiques (controverses éventuelles), mais aussi et surtout les comportements humains quotidiens. Si l’on veut aller plus loin, la question de la nocivité générale des progrès techniques, en particulier en matière d’information communication, pourrait amener à une remise en cause toute simple de « l’électricité » fondatrice et élément de base de l’infrastructure générale de la plupart des technologies contemporaines. Mais dans quelle mesure sommes-nous prêts à changer nos vies pour prendre en compte ces risques ? Il est toujours curieux d’observer nos ambigüités personnelles sur le sujet : nous voulons être protégés (des ondes), mais nous voulons pourtant utiliser… (notre smartphone et notre télévision). Et dès qu’il s’agit de nos enfants, les revendications augmentent autant que les inquiétudes ou les angoisses. Une mère de famille témoignant de son choix de contrôler les usages par ses enfants nous disait qu’elle ne parvenait pas à empêcher son mari, père de ses enfants, d’avoir un usage permanent de son smartphone à la maison.

Et en classe alors, qu’en est-il aujourd’hui ? Plusieurs constats : entre 30 et 50 pour cent des enseignants du secondaire que j’interroge invitent parfois leurs élèves à utiliser leur smartphone dans le temps de la classe pour des usages liés aux besoins d’apprentissage (trace, recherches etc.…). Dans le primaire nombre d’enseignants utilisent leur propre smartphone en classe pour des usages divers liés à leur enseignement (photos, recherches etc..). Autre constat, les premiers équipements des élèves en téléphonie mobile commencent désormais au cycle 3 (CM1) et une quasi généralisation du smartphone se situe vers l’âge de 13 ans en classe de quatrième. La différence entre lycée et collège semble s’estomper petit à petit pour ce qui est du recours occasionnel au smartphone. Les principaux usages présentés par les enseignants sont basés sur des photos de tableau noir ou blancs ou des recherches sur Internet et des usages de type calculatrice et dictionnaire. Parfois il est fait appel à des applications spécifiques (SVT, Physique etc.…), le smartphone pouvant, en particulier au collège être remplacé par la tablette.

Qu’en est-il du côté des pouvoirs publics. On remarque que depuis quelques temps la prise en compte de ce que l’on appelle (maladroitement) le BYOD est de plus en plus explicite dans les références aux ENT et autres schémas directeurs. Mais pour les pouvoirs publics, on parle pour l’instant d’équipement individuel mobile (EIM). Ainsi « Le référentiel CARMO (http://ecolenumerique.education.gouv.fr/2016/07/13/referentiels-carine-et-carmo-mieux-accompagner-la-transformation-numerique-de-lecole/) regroupe toutes les préconisations et recommandations sur le déploiement des équipements mobiles individuels dans les collèges ». Puis arrive, à la suite, le référentiel CARINE (http://eduscol.education.fr/cid104324/publication-du-cadre-de-reference-s2i2e-carine.html) qui évoque explicitement dans ses évolutions prévues : « la prise en compte des équipements « BYOD » (Bring Your Own Device) dans les infrastructures de l’EPLE ou de l’école, ainsi que dans la charte et la politique de sécurité de l’EPLE ou de l’école ; ».

On mesure ici l’écart entre les pratiques effectives et les préconisations. Si les ENT se sont imposés partiellement dans les établissements scolaires, ils n’ont pas réussi à éliminer les solutions alternatives ouvertes au grand public. A tel point qu’une société comme Microsoft a réussi (maladroitement) à signer un accord avec le ministère mais surtout à proposer son fameux 365 dans de nombreux établissements, concurrençant directement, à l’instar de Google, les usages possibles des ENT. De la même manière l’usage de plus en plus large des smartphones dans les classes est aussi un signe du débordement de l’institution. Dans ce dernier cas les contextes locaux encouragent cela : infrastructures fragiles voire défaillantes, accès Internet limité ou fragile, compétences numériques basées sur des usages personnels. Mais ce qui renforce surtout ce recours aux smartphones : au moins, ils l’ont dans la poche. La plupart du temps il fonctionne bien. Si la 4G n’est pas générale, la 3G et le wifi suppléent pour certains. Et de plus certains usages ne nécessitent pas d’avoir recours à Internet. Tout cela suffit à encourager cette évolution.

Au côté des ENT, des EIM et autres dotations, se révèle un monde de la débrouille pédagogique. Ce monde est bien loin des innovations médiatisées. Il est surtout la preuve de la prise en compte d’un nouveau contexte. Le crayon (l’encrier sur la table le crayon à l’oreille, le stylo à bille) laisse de la place à ces nouveaux objets numériques multicompétences. Certains parlent de couteaux Suisses en référence aux célèbres produits de la marque « Victorinox ». On a aussi parlé de « cartable numérique » il y a plusieurs années. Peu importe le nom qu’on lui donne. Les multiples fonctionnalités intégrées dans ces appareils en font désormais un instrument particulièrement intéressant dans la classe. Pour peu qu’on ajoute encore quelques capteurs aux appareils actuels ainsi que d’habiles applications et on pourra alors parler d’instrument principal au service de l’être humain, mais aussi d’instrument majeur pour l’apprentissage et l’enseignement.

Reste à savoir l’avenir qui va être réservé au numérique scolaire dans la prochaine législature. Si tous les candidats prônent le numérique, la plupart n’ont qu’une vision très limitée de ces problèmes. La plupart des partis politiques sont encore marqué par une idée centralisatrice qui veut que si l’on forge tôt les esprits des enfants alors ils deviendront dociles… au pouvoir en place. C’est pourquoi tout détournement, tout contournement sera limité ou combattu. A moins que fort de la puissance acquise sur le marché les grandes entreprises du numérique ne soient sollicitées par l’Etat pour suppléer à ses difficultés. Du coup, ce serait la loi du marché qui s’imposerait. Il est probable que, dans ce cas de figure, les smartphones seraient au premier rang des instruments : car s’ils servent la vie de chacun de nous, ils la modèlent et l’encadrent, de manière souterraine et imperceptible. Nous serions alors éduqués au travers du marché au lieu de l’être au travers d’une intention d’une Politique éducative.

Revenons alors à la salle de classe. La fameuse « liberté pédagogique » doit-elle permettre cette évolution vers le « nouveau crayon-livre » ? Les tentatives d’encadrement sont-elles vaines ? On se trouve en fait face à un problème qui n’a pas encore été réellement pensé. Dans un film (désormais introuvable ?) de Curiosphère on entendait des jeunes de classes de 1ère parler de leurs usages en classe. Cette émission montrait la normalité, pour les élèves, de l’usage du téléphone portable (à l’époque en 2010) et effleurait la question du potentiel pour apprendre (consultation de dictionnaires… calculatrice). Les témoignages recueillis auprès des enseignants semblent tous confirmer que cet usage en classe accompagné par l’enseignant est préférable à l’usage clandestin. De plus il ne génère pas autant de troubles qu’on pourrait s’y attendre.
Ayant été violemment attaqué dans un ouvrage paru en septembre 2016 m’accusant d’encourager cet usage, je m’aperçois que les auteurs de ces propos ne connaissent pas le milieu dont ils parlent et surtout ne l’observent ni ne l’analysent en profondeur. Dans ce blog comme dans l’ensemble de mes écrits (café pédagogique, cahiers pédagogiques et aussi articles scientifiques) et depuis près de trente années maintenant, j’avance l’idée essentielle que le monde éducatif ne peut se tenir à l’écart de ce questionnement. L’observation de la manière de faire n’est pas la recommandation. C’est une posture essentielle de celui qui veut donner à voir pour réfléchir plutôt que d’imposer son point de vue aux autres. Malheureusement, et le quotidien me donne raison, prendre la parole en public c’est risquer la controverse, fut-elle difficile, face à des personnes qui proposent souvenir comme règles leur opinion plutôt que des analyses… Cela semble être une des dérives du débat public dans les médias mais désormais aussi sur les réseaux sociaux…

A suivre et à débattre

Bruno Devauchelle

Pour citer cet article : admin, "Le smartphone devient-il le nouveau « crayon-livre » de l’élève ?," in Veille et Analyse TICE, 16 avril 2017, http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2035, visité le 27 juillet 2017.

Avr 15 2017

Humeur de printemps…

Des choses que je déteste :
Les gens qui ont mauvais caractère, qui ne cherchent par à améliorer les relations avec les autres, qui sont désagréables
Les gens qui disent des généralités sur l’école et que la presse relaye parce qu’ils sont connus
Les gens qui sont dans « l’effet de faux consensus, c’est à dire qu’ils pensent que tout le monde est d’accord avec eux ou qui pensent que tout le monde voit les choses comme eux…
Les gens qui vont comme un lundi et comme un vendredi

Mais il y a aussi plein de choses que j’aime…
Quand l’humain sait être humain
Quand on parle de ce qu’on connait, mais en reconnaissant qu’on n’en connait qu’une partie
Quand on partage dès le matin son humeur positive et heureuse

Pourquoi ces propos dans ce blog.
Parce que le numérique n’améliore rien dans ces domaines… humains
Parce que ça cause beaucoup sur les TICE…
Parce que l’on préfère trop souvent faire briller les chromes en oubliant les bas de caisse du numérique éducatif

Et enfin, parce que depuis vingt années que je partage sur le web (liste de diffusion de 1997 à 2004, blog depuis 2004, café pédagogique depuis 2001), et depuis 38 années que je travaille dans le secteur de l’enseignement, j’enrage de l’immobilisme général de notre école face à ces évolutions que l’on a laissé se faire sans jamais réellement offrir une vision globale et la traduire par des dispositifs réellement efficaces pour tous. Nous sommes en train de laisser beaucoup de monde sur le côté de la compréhension du monde numérisé… N’est-il pas trop tard pour réagir… Mesdames Messieurs, les ronchons chers à Michel Serres, changé votre façons d’être… et de faire.

Pour citer cet article : admin, "Humeur de printemps…," in Veille et Analyse TICE, 15 avril 2017, http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=2030, visité le 27 juillet 2017.

Mar 20 2017

Pourquoi finalement je n’aime pas l’école… à l’ère du numérique mais aussi avant ?

Partant du titre provocateur d’un ouvrage publié en Amérique du Nord et relayé par certains tenants de l’école traditionnelle (celle qui répète qu’il faut répéter pour apprendre), mais ouvrage souvent mal compris, il me semble nécessaire de reposer les équations qui me semblent fondamentales pour parvenir à un développement personnel au mieux de ce qui est possible. Avant de trouver des solutions, il faut essayer de comprendre. Première chose à éliminer l’idée d’un modèle uniforme qui marcherait pour tout le monde. Autrement dit la méthode universelle. Pourquoi, parce que nous sommes tous différents et que ces différences sont à la base du fonctionnement d’une société (au sens ethnologique). Accepter la différence est quelque chose de très difficile dans un monde qui cherche, en particulier depuis les Lumières à trouver une voix identique à tous et une voie identique pour tous.
En quoi le monde numérique pose-t-il problème dans ce contexte ? Parce que de ce côté aussi la tentative d’uniformisation est grande. Partir de 0 et de 1 pour accompagner le monde et ses activités, c’est réduire la réalité à une forme qui n’est pas la réalité. Et pourtant, nous avons pu y croire avec les premiers temps de l’intelligence artificielle dans les années 1980. Or nous pourrions encore y croire avec le retour de cette même intelligence artificielle, revue et corrigée à l’aune de la puissance de calcul des ordinateurs, qui nous promet encore ce même modèle uniformisé (bien qu’il s’en défende souvent). Nos politiques, centralisateurs et républicains de tous les côtés de l’échiquier, savent bien que le peuple est « toujours difficile à gouverner » (citation de Régis Debray qui évoque un propos de Mr Darcos en 2002). Justement parce qu’il entend que les différences soient reconnues et acceptées et non pas qu’elles soient écrasées par un « en haut » théorique. Du coup les tenants de la critique du système s’emparent de cela pour encore davantage tenter de « normaliser » la société.
L’ambiguïté de la pensée humaine est constante. Entre le moi et le collectif nous sommes en permanence en tension. Dès l’école, voire la crèche même, en tout cas dans l’ensemble de l’Education, cette question est posée : « comment je me construis différent dans un monde qui me préfère identique ? ». Le projet de l’école, incarné dans l’ensemble de ces mécaniques internes de fonctionnement s’est informatisé de manière massive au cours des quarante dernières années. Cette informatisation n’a eu de cesse que de renforcer l’identique. Entre l’Environnement Numérique de Travail (ENT) et mon Environnement Personnel d’Apprentissage (EPA) il y a un écart, et les organisations (école, université, administrations, entreprises) ont tendance à essayer de faire disparaître le second au profit du premier : « ton EPA, c’est l’ENT » ! Et l’ENT, au-delà des textes officiels s’est enrichi de multiples fonctionnalités, englobant toute l’activité scolaire. Désormais en s’intéressant au BYOD (cf. le référentiel CARMO), la tentative de colonisation de l’EPA se développe… pour la bonne cause bien sûr, celle qui utilise l’argument de la prise en compte de l’utilisateur pour mieux le contraindre.
Mais l’école c’est aussi simplement apprendre. Là encore, le développement des sciences du cerveau montre qu’un même chemin se trace progressivement. Au nom des neurosciences, on contraindrait le cerveau à entrer dans un modèle de développement cognitif. Le marketing ne doit pas être très loin d’ailleurs qui vise peu ou prou le même objectif (utiliser le temps de cerveau disponible pour le normaliser). Le rêve de la mécanique du cerveau, que nous avons d’ailleurs souhaité, envisagé, il y a plusieurs années en faisant des études de psychologie, puis en nous intéressant à l’informatique et à l’intelligence artificielle, reste tapi dans l’inconscient de chaque humain.
Et pourtant il y a des jeunes qui souffrent d’être élèves. Et pas forcément des jeunes atypiques. Car être élève c’est entrer dans ce processus de normalisation. Lorsqu’enfant on se réveille en pleurant pour ne pas aller à l’école parce que celle-ci vous rend malheureux, il n’y a pas d’alternative. Lorsqu’enfant on attend impatiemment la récréation pour enfin vivre dans l’espace clos de la cour et que l’on se voit contraint d’y renoncer par punition, on enrage non seulement de la salle de classe, mais de l’école toute entière. Lorsque même avec l’ordinateur on est enfermé dans la logique scolaire alors qu’on y perçoit une source d’enrichissement et d’ouverture on sent bien qu’il n’y a pas là non plus de porte de sortie.
Mais alors que faire de cette thèse selon laquelle on n’apprend bien que lorsque l’on a déjà appris. Autrement dit il faudrait installer des automatismes mentaux pour passer à la compréhension du monde. Que faire de sa traduction en milieu scolaire qui viserait à faire de l’école un système de mécanisation des cerveaux (cf. The Wall de Pink Floyd, ou encore Tranche de vie de François Béranger) ? Le problème est plus global. Les témoignages de jeunes qui vivent dans des conditions familiales très difficiles pourraient nous ouvrir les yeux, mais ils sont trop rares pour être entendus et trop radicaux pour être entendables, surtout en ce moment. L’égalité républicaine promise doit renoncer à son idéal de 1791. Vouloir normaliser les esprits est un projet vain. Avec ou sans le numérique, l’Ecole n’y peut rien. Car l’un des projets du tout numérique à l’école n’est pas d’ouvrir de nouveaux espaces mais bien plutôt d’encadrer ces nouvelles libertés offertes par ces nouvelles machines. Mais ces nouvelles libertés ne sont accessibles qu’à certains, qui s’empressent de les refuser aux autres dès qu’ils les ont mises à profit pour eux-mêmes.
Et surtout il y a le projet économico-politique qui sous-tend le développement du numérique dans la société actuelle. Ce projet dépasse largement le cadre du monde académique dont il connaît les limites. Ce projet invente la normalisation par l’usage. Un usage normalisé qui repose sur des contraintes souterraines (algorithmes, données, marketing, travail…) qui donnent l’impression de liberté mais qui au contraire enferme la liberté individuelle dans des procédures écrites par certains et imposées à tous. On peut retrouver les ferments de ce projet dans la philosophie ergonomique de sociétés comme Apple et désormais de la plupart des sociétés du monde informatique : rendre les produits numériques tellement intuitifs que l’on ne perçoit même pas qu’ils vous imposent leurs règlent et qu’ils tentent de vous normaliser…. Quant à l’école, elle a été le précurseur de ce mouvement, maintenant elle en deviendrait facilement la caution…

A suivre et à débattre

BD

Mar 15 2017

Salon du livre…samedi de 14h à 16 h

Samedi 25 de 14h à16h, nous serons plusieurs auteurs ayant publié récemment des ouvrages chez ESF http://www.esf-scienceshumaines.fr/.

Comme mes collègues, nous serons heureux de vous rencontrer, de dialoguer avec vous

Retrouvez-nous au Salon du Livre de Paris
Porte de Versailles square A52

Bruno Devauchelle

Mar 12 2017

Éduquer avec le numérique (à voir en ligne)

Plus question de tergiverser : si nous voulons que nos enfants soient libres et capables de prendre en compte l’environnement que nous adultes leur imposons, il est essentiel de les éduquer avec le numérique. Arrêtons d’hésiter, comme le fait l’Éducation Nationale depuis trente ans. Ne laissons pas n’importe qui s’emparer de cette éducation au nom du seul intérêt marchand des officines qui proposent des innovations (ou pas) qui rappellent la difficulté du monde académique à imaginer de nouvelles formes.
Pour voir la conférence qui présente ma réflexion vous pouvez aller ici : http://www.scolanum.fr/bdedu/

Dans le livre « Éduquer avec le numérique » (ESF 2017) que j’ai écrit à partir de mes chroniques publiées depuis 2012 dans les « colonnes » du Café Pédagogique (www.cafepedagogique.net) , chaque vendredi, j’essaie d’approfondir cette question sous différents angles. Ma principale préoccupation est d’amener l’ensemble des acteurs du monde académique à changer définitivement de regard sur ce monde. Au lieu de l’intégrer, c’est à dire de l’adapter à l’école, au lieu de tenter de mettre l’école au service de cette « socialisation généralisée de l’informatique », je propose, comme dans mon livre précédent (« comment le numérique transforme les lieux de savoirs ! » FYP 2012) ou encore du premier (« Multimédiatiser l’école ? » Hachette 1999), de tenter de repenser l’accès aux savoirs dans une société renouvelée dans ses modes d’information et de communication. Tenter de replâtrer, d’adapter, d’intégrer ne sert à rien. Il faut d’abord introduire réellement le numérique dans le monde scolaire et universitaire et en faire une véritable composante du savoir, de sa construction, de sa diffusion de son partage. Autrement dit passer d’une institution de diffusion à une institution de partage.

PS.
Cette vidéo a été fabriquée avec un boitier Ubicast (voir leur site : https://www.ubicast.eu/fr/produits/studio-webinars-streaming-automatique/). A la suite de l’enregistrement, j’ai utilisé le logiciel fourni pour chapitrer la conférence et rendre ainsi plus facile l’accès à tel ou tel point de mon exposé.

Mar 06 2017

Vous rencontrer le 8 mars 2017 à 18 h

Au plaisir d’échanger avec ceux qui pourront venir.

C’est libre, ouvert et gratuit… (CC)

Cordialement

Bruno Devauchelle

 

Mar 03 2017

Pourquoi ils veulent tous défaire l’idée des digital natives ? Ils n’ont jamais existé !!!

Depuis que l’idée de Marc Prensky a été popularisée, nombre de publications se sont emparées de l’idée de « digital natives » pour tenter de la mettre à mal, voir de s’y opposer de manière radicale. Si le propos initial est caricatural, comme l’a montré Jean François Cerisier (http://blogs.univ-poitiers.fr/jf-cerisier/2012/04/22/quand-marc-prensky-enterre-trop-vite-les-digital-natives/) il faut cependant s’intéresser au pourquoi de ces réactions multiples. Il semble qu’il faille s’intéresser à l’imaginaire pour mieux comprendre la question. Nous considérons que l’idée selon laquelle lorsque l’on est « né avec » suffit à dire que l’on sait « faire avec » est une illusion qui perdure depuis nombre d’années. Mais que cette illusion est le reflet d’un rapport au vieillissement, au renouvellement des connaissances et plus généralement au développement de la connaissance humaine assez mal vécu. Car l’observation d’un groupe de jeune et de moins jeunes qui font face à des nouveautés dans leur espace de vie montre que les différences de comportement et d’appropriation de ces nouveautés sont très importants. Dès lors que l’on parle de groupes ou catégories comme les enfants, les jeunes, les adultes, les vieux, on réduit chacun à tous et on efface les différences, au nom, en particulier, d’une vérité statistique (rappelons ici qu’avec des statistiques mal comprises, tous les zèbres sont gris). Uniformiser les autres c’est un moyen d’éviter d’entre plus précisément dans l’analyse. C’est ce que font donc certains travaux de recherche qui, pour tordre le cou à cette idée globale, mettent à jour ces différences. Cet engouement pour la critique des « digital natives » révèle surtout une ignorance de la réalité, que ce soit celle des jeunes ou celle des adultes et des personnes âgées : d’une part les différences sont d’abord un phénomène intrinsèquement humain, d’autre part elles existent et ont été démontrées depuis longtemps. Mais c’est le mythe égalitaire qui, forgé à la suite des lumières, rend difficile à admettre l’idée qu’il ne sert à rien de lutter contre les différences mais qu’il faut lutter contre les inégalités qu’elles génèrent. C’est probablement l’une des raisons de l’échec du modèle scolaire français.

Revenons ici à cette question de l’imaginaire comme instrument de compréhension : En premier lieu l’imaginaire du conflit des générations, ensuite l’imaginaire du progrès technologique, puis l’imaginaire de l’apprentissage des techniques, puis l’imaginaire de l’apprentissage spontané et enfin l’imaginaire de la maîtrise du savoir par les adultes. Cette liste qui n’est pas exhaustive est suffisamment large pour que nous l’examinions point par point.

– Le conflit des générations
Cette rengaine dont on a des traces depuis l’antiquité semble être une constante de l’évolution de l’humain. Le vieillissement est un phénomène naturel dont on voit bien qu’il pose question à tout humain. De Nietzsche à Ray Kurtzweil l’idée d’un humain éternel ou surhumain est valorisé et idéalisé. Plus simplement, et concernant les objets techniques, on ne peut qu’être impressionné par l’attirance qu’ils ont sur les jeunes. Cette attirance se traduit bien sûr par des pratiques et progressivement se construit un discours déjà ancien du dépassement par les jeunes d’un monde construit par les adultes. Ce renversement est d’autant plus mal vécu qu’il renvoie les adultes à leur incompétence proportionnelle à l’aisance des jeunes. Comme nous l’avons dit plus haut, il y a de grandes diversités dans l’appropriation des technologies quelques soient les générations. C’est ce qui explique ces diversités de point de vue. Mais cela soulève la question de l’intention de ceux qui magnifient ou fustigent les compétences des jeunes.

– Le progrès technologique
La science et la technique ont atteint à la fin du XXè siècle un niveau de crédibilité très important. Dans l’imaginaire de chacun, il y a une confiance et une croyance en l’efficacité de la technique jusqu’à résoudre des problèmes humains, à la place des humains, le filtrage automatique des fausses informations étant le dernier avatar. Les jeunes, mis devant les faits s’en emparent a priori sans crainte c’est bien ce qui impressionne des adultes qui voient certes des avantages, mais aussi des dangers au déploiement irraisonné de ces technologies. Evoquons ici la robotisation et les objets connectés comme questionnement en émergence. Pourtant certains adultes, concepteurs de ces produits, pensent que les jeunes ne les maîtrisent pas. Ceci est probablement vrai, mais n’est-ce pas aussi une idéalisation du bon usage qui ne peut se faire qu’en suivant le mode d’emploi fait pas les adultes ?

– L’apprentissage des techniques
Dans une société qui, dans le monde scolaire, a longtemps valorisé les humanités puis les abstractions mathématiques, l’apprentissage des techniques est souvent considéré comme de « bas niveau ». Une sorte de mépris, parfois, qui dévalorise cet apprentissage. Ce qui surprend l’adulte c’est l’habileté du jeune, ou du moins de la plupart d’entre eux, face à ces apprentissages. Cette habileté s’exprime d’ailleurs avant le langage lui-même, comme on peut le constater chez les tous petits. La fascination face à ces habiletés, ce qui a amené à parler des digital natives, a en contrepoint généré une défiance face à ces habiletés, surtout dans le monde scolaire, académique. C’est une des sources de cette mise en cause de la manière dont les jeunes prennent en main ces techniques et les maîtrisent. On dit qu’ils savent faire des choses, mais pas bien, ou de manière insuffisante. Ceci tend à renforcer la critique des adultes qui oublient souvent que les apprentissages techniques sont très souvent des apprentissages contextualisés et donc limités.

– L’apprentissage spontané
Une autre dimension traverse l’imaginaire collectif, celui de l’apprentissage spontané. En réalité, cette idée vient surtout du fait que l’on ne s’est pas aperçu qu’il y avait un processus d’apprentissage, on le l’a pas vu. Pour qui observe de près ce qu’est apprendre, on s’aperçoit qu’il y a des effets de maturation qui se révèlent au travers de franchissement brusque de seuils. D’un seul coup on a l’impression que l’enfant sait, a appris, parce que l’on voit le produit de cet apprentissage. Mais si l’on s’intéresse de plus près au processus apprendre, on s’aperçoit qu’il associe de multiples activités visibles et invisibles, ou même inconscientes. Dans un autre registre, un enfant qui imite ne le montre pas. Il regarde attentivement la situation, en capte les éléments qui l’intéressent pour à un moment les réutiliser, les ayant appris.

– l’imaginaire de la maîtrise du savoir
Nombre d’adultes, même s’ils diront le contraire devant témoins, ont une conception de leur maîtrise du savoir qui leur rend difficile la reconnaissance de celle des autres. C’est encore plus vrai quand la position instituée (enseignant, expert, savant etc.) attribue a priori cette maîtrise à celui qui est « labellisé ». Il n’est donc pas étonnant que l’habilité de jeunes face à des techniques surprenne l’adulte et le mette mal à l’aise car mettant en cause la posture instituée. De même dans un système d’enseignement normé, un seuil de maîtrise du savoir est fixé indépendamment des apprenants et dont les enseignants ont la charge. Ce conflit de « maîtrise du savoir » est bien sûr inquiétant et renvoie chacun à son propre rapport imaginaire au savoir.

La popularisation de l’expression « digital natives » s’appuie sur ces éléments imaginaires. Les critiques de cette expression et de son incarnation n’échappent pas non plus à ces dimensions de l’imaginaire. C’est un des biais souvent rencontré mais peu mis à jour dans nombre de recherches menées sur le sujet. En préjugeant d’une maîtrise idéalisée définie parfois par des référentiels mais rarement par des indicateurs précis, les adultes disqualifient a priori toute compétence globale chez les jeunes. En quelque sorte on fixe la barre de la maîtrise si haute qu’on en oublie que cette hauteur est en soi la disqualification de l’autre. Cette manière de faire est souvent inconsciente. Au cours d’échanges avec plusieurs collègues sur ce thème, nous avons eu beaucoup de mal à faire admettre la nécessité d’une explicitation des repères à partir desquels on évalue la maîtrise. On dira que l’on casse le thermomètre pour éviter de mesurer la température ! mais à contrario on pourra dire qu’en créant un thermomètre on choisit les repères et qu’on les impose à celui à qui on applique la mesure de température. Pour le dire autrement, comme pour les tests de QI, tu es intelligent parce que mon test le montre… change le test et tu seras beaucoup moins intelligent. C’est un peu ce qui se passe quand un brillant élève de classe Terminale se retrouve avec une très mauvaise évaluation en classe prépa… Sans les idéaliser, ne négligeons pas les compétences des jeunes, même si nous adultes, éducateurs, enseignants n’y sommes pas pour grand-chose…

A suivre et à débattre

BD

Fév 27 2017

A lire… un projet pour le numérique éducatif du XXIe siècle ?

Après avoir fondé « le livre scolaire.fr » nouveau venu dans le champ des manuels scolaires en proposant un modèle de conception participative, François Xavier Hussherr a créé Gutenberg Technology. Cette entreprise se consacre au lien entre monde numérique et monde de l’apprentissage autour des outils de conception d’e-learning et de leur mise en œuvre en s’appuyant aussi sur les évolutions dans le domaine de l’adaptive learning. Avec son épouse Cécile, agrégée, docteur et enseignante de lettres, ils publient un livre dont l’ambition est de proposer d’engager une évolution assez radicale du modèle éducatif. L’argument principal qui fonde leur réflexion est la place prise pas la digitalisation de la plupart des activités de notre quotidien. Leur propos est de dégager, à partir de tendances fortes, présentées dans la première partie de l’ouvrage, des axes de travail pour faire évoluer l’éducation. Même si certains y verront la main du libéralisme et de la privatisation du monde scolaire, il est toujours intéressant de tenter de comprendre les arguments qui viennent du dehors du monde scolaire (en partie).

Il faut, pour éclairer le lecteur, diviser le livre en deux parties. La première est consacrée aux formées émergentes d’usage du numérique en éducation. De la neuroéducation à la classe inversée, de l’autonomie de l’élève à la personnalisation de l’enseignement, les auteurs nous font entrer dans ce qu’ils appellent dans un chapitre qui conclue cette première partie « le professeur du XXIe siècle). Basé sur plusieurs exemples et références prises aussi bien dans la pratique enseignante que dans des travaux de recherche, en pédagogie ou en informatique, l’argument principal est celui de la prise en compte des pratiques émergentes, classes inversées, différenciation, personnalisation, enseignement adaptatif. Il s’agit de montrer combien cette montée en puissance est le signal d’un changement que le monde éducatif ne peut plus ignorer, à commencer par ses décideurs.
La deuxième partie de l’ouvrage démarre en posant la question de la privatisation de l’éducation (sans pour autant la défendre en tant que telle) et en exprimant la question du financement de l’éducation. Evoquant le plan numérique gouvernemental, tout en reconnaissant le bien fondé du projet, les auteurs mettent en évidence qu’il sera « toujours » insuffisant. Cela parce que les modèles de financement du système scolaire sont désormais obsolètes face à d’autres systèmes émergents dans le monde. Sans développer l’idée d’une nécessaire privatisation de l’école, la proposition est une ouverture à un modèle plus souple. Cela ne manquera pas de faire réagir dans différents cénacles.
C’est autour de la question du BYOD que les auteurs vont amener progressivement leurs 12 propositions qui concluent leur ouvrage. La plus surprenante de ces propositions est celle qui les présente toutes et les englobe : celle d’un appel au référendum et à la prise en main, par les citoyens du destin numérique de l’école : « il est important que cette démarche soit un exemple de démocratie participative » (p.167). Viennent alors les propositions qui vont des plus classiques, formation, équipement, infrastructures au plus risquées, BYOD, modification de l’encadrement du contrôle du privé. Et bien sûr sans oublier les classiques incitations au développement de la filière industrielle de l’informatique en direction de l’éducation et l’enseignement renforcé de l’informatique et du numérique dans le monde scolaire.

Il ne faut pas oublier, dans cet ensemble de propos, l’importance que les deux auteurs accordent à la question du handicap et de ses diverses formes. Il s’agit de prendre en compte les troubles de l’apprentissage et en particulier les dyslexies, dyscalculies etc… Ils voient dans les moyens numériques une aide précieuse qu’il faudrait renforcer et développer en s’appuyant, entre autres sur la recherche.

Dans la conclusion, il est question de changement et surtout de volonté de changement. Voulant en montrer la nécessité, François Xavier et Cécile Hussherr invitent les décideurs à « engager une réforme en profondeur ». Cette volonté doit inclure en particulier la volonté de réduire dans et par le système scolaire toutes les formes d’inégalités. Même si cette proposition, et toutes celles de ce livre peuvent sembler aller de soi, on peut faire l’hypothèse qu’elles resteront encore quelques temps dans les tiroirs, tant les statistiques démontrent que l’actuel système scolaire est persistant dans son incapacité à faire face à ce problème. L’idée d’en appeler au référendum et au vote citoyen peut sembler surprenante, mais on sent bien qu’il y a là aussi un appel à la réconciliation entre l’école et ses usagers, l’utilisation quotidienne des moyens numériques semblant montrer qu’on en est de plus en plus loin si on les ignore.

François Xavier Hussherr et Cécile Hussherr
Construire le modèle éducatif du 21è siècle, les promesses de la digitalisation et les nouveaux modes d’apprentissage, FYP, 2017, 191p.

Fév 22 2017

Difficile d’inventer le futur…

Thot Cursus signale ce 21 février la publication d’un document sur le futur de l’école : « Rapport-bilan FuturEduc : imaginer l’école pour tous à l’ère numérique« . On sent que nombre d’organismes, institutions et associations sont tentées de cette vision du futur, comme l’a proposé l’IFE pour l’enseignement supérieur il y a plusieurs mois ou l’exercice EDUMIX qui a eu lieu il y a quinze jour à Venissieux.

Mais inventer l’avenir c’est aussi tenter d’orienter le présent. En effet,devant l’habituelle angoisse de l’avenir dont la science fiction est un représentant honorable, chacun tente d’imaginer ce que sera le futur avec aussi un autre dessein : ne pas être dépassé, ne pas se laisser surprendre. Mais l’histoire a tendance à bégayer et avant de vouloir à tout prix imaginer l’avenir, il est parfois intéressant de relire ce qui a été dit et écrit au cours de l’histoire sur ce sujet. Ainsi le fameux « 1984 » de George Orwell, ou encore bien d’autres tentatives comme celle se Steven Spielberg avec « Minority Report ». Il faut aussi penser à René Barjavel et plusieurs de ces écrits qui sont étonnants dans leur vision du futur.

Une fois que l’on a une vision du futur, on tente de préconiser le présent et en particulier celui de ce qu’il convient de proposer aux jeunes. C’est justement le propos de FuturEduc qui entend proposer des axes de travail à privilégier pour l’école d’aujourd’hui. La lecture de ce travail laisse le lecteur sur sa faim à beaucoup de points de vue. Il en est un qui nous semble devoir être signalé, c’est encore une fois cette absence de référence à ce qui s’est écrit dans le passé. Pourquoi ? Parce que cela aurait permis de dégager constantes et variables, essais et erreurs etc… Donner l’impression qu’on imagine l’avenir ne doit jamais cacher qu’on s’appuie d’abord sur ce  que l’on a accumulé en soi au cours des années.

J’ai pu le vérifier en comparant ce qui est écrit dans ce rapport et ce que, nous-même avions écrit à la fin des années 1990. Il est intéressant d’y trouver des similarités avec ce que l’on peut lire aujourd’hui. Non il ne s’agit pas de plagiat. Il s’agit plutôt du bégaiement de la pensée prospective. Nous avions ravivé ce texte en 2015, étonné déjà de voir l’amnésie ou plutôt l’ignorance de ce que l’on percevait déjà à ce moment là.

Plus qu’une critique, il s’agit ici de signaler l’importance qu’il y a à repérer dans l’histoire les signaux des évolutions en cours. Pour ce faire, relire les auteurs passés n’est pas inutile. Ainsi en pédagogie en est-il de même. Certes on ne peut pas tout connaître et tout lire. Mais il faut rester vigilant sur ce que les uns et les autres écrivent et sur ce que nous même proposons. A force d’innovations, d’inventions, de prospective, on risque d’en oublier les lenteurs, les inerties mais aussi les constantes, les régularités, les stabilités qui sont aussi porteuses de dimensions positives. On le voit d’autant mieux en ce moment en analysant les « replis sur soi » qui se développent dans  notre environnement social à l’échelle mondiale. Pourquoi sommes nous tentés par ces ilots communautaristes et protecteur ? Probablement parce que l’avenir nous fait peur. Mais il nous fait peut à cause de l’image que nous avons de notre présent. Image souvent partielle et tronquée. Image d’abord subjective….

Du coup l’intérêt de ces exercices de prospective est bien sûr de nous inviter à inventer l’avenir et aussi d’orienter le présent. Mais il serait dommage que ces exercices ignorent les leçons de l’histoire. On pourra réentendre avec plaisir la leçon inaugurale au collège de France de Patrick Boucheron « ce que peut l’histoire« .

A suivre et à débattre

BD

Ci dessous les liens (cliquables dans le texte)

 

  • http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/28588/rapport-bilan-futureduc-imaginer-ecole-pour/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+ThotCursus+%28Thot+Cursus+-+Articles%29#.WK1BM39Qmip
  • http://reseau.fing.org/p/futureduc
  • https://edupass.hypotheses.org/950
  • http://www.edumix.fr/
  • http://www.brunodevauchelle.com/blog/?p=1780
  • http://www.college-de-france.fr/site/patrick-boucheron/inaugural-lecture-2015-12-17-18h00.htm

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