Démarrer ou finir une année en silence !!!

Non ce n’est pas possible. Aurai-je déserté le web ? N’arriverai-je plus à trouver le chemin de l’écriture et du partage sur le web ? En tout cas le silence relatif de ces dernières semaines que traduit la faible alimentation de ce blog interroge en premier lieu son auteur.

Avant d’aborder les questions qui se posent à la charnière de ces deux années en matière de TICE, il me faut revenir sur la tenue de ce blog et les questionnements qu’il soulève pour son auteur.

De manière régulière, je suis impressionné par la production des autres. D’abord, la quantité impressionnante de textes me pose question quand à la légitimité de cette expression. D’autant plus que je soupçonne nombre d’entre eux d’avoir un quotidien proche du mien, c’est à dire pas mal surchargé. Ensuite, la qualité relative des écrits montre que cette écriture n’a pas le même rôle pour chacun de ces auteurs et surtout ne s’articule pas de la même manière avec la trajectoire personnelle de ces auteurs. Ainsi je me laisse à penser que les blogs sont avant tout de formidables « miroirs à devenir » pour leurs auteurs. D’ailleurs il suffit de regarder la blogosphère et ses éruptions momentanées dans d’autres univers pour se rendre compte du poids de ce devenir potentiel que propulse leur blog (Loïc Le Meur ou Karl Zéro en sont un bon exemple)

Écrire est un engagement sérieux. Écrire et diffuser publiquement ses écrits est encore plus sérieux. L’université française me rappelle souvent à l’ordre en la matière, jugeant la valeur d’un écrit de manière bien particulière (je vous laisse lire les deux ou trais ouvrages parus récemment sur ce monde) et en tout cas se dépêchant de mettre de coté un certain nombre de pratiques d’écritures qui ne sont pas conformes à « certaines normes ». Tentant moi-même de m’affronter à ces normes j’ai cru comprendre que la première d’entre elle était le souci de la pensée de l’autre, c’est à dire de la référence au travail déjà fait, à la preuve, à l’argumentation, au sérieux… Quelle n’est pas ma déception de lire plusieurs des contributions des différentes biennales de l’éducation et de la formation mise en ligne. En effet, outre le fait que nombre de participants n’envoient même pas leur texte, alors qu’ils s’y sont engagés, ceux qui y communiquent feraient bien de poser la question de la qualité scientifique d’une communication dans ce lieu. A moins que cette manifestation ne soit pas scientifique. Alors qu’est-ce qu’un écrit de qualité ? Un livre diront certains, malheureusement je dois constater que certaines collections et de nombreux livres ont des règles variées, voire déroutantes sur le plan scientifique. Le summum serait l’article dans une revue avec comité de lecture. Mais la encore j’ai un doute à la lecture de certains de ces articles dont la présence doit davantage au réseau relationnel qu’à la connaissance intime de l’objet de la communication.

Non, décidément, écrire n’est pas un engagement sérieux. C’est un engagement intéressé, d’accord, mais quel est l’intérêt réel ?

Car je dois bien dire que c’est là un véritable enjeu de l’écriture, quel qu’en soit le support et la diffusion. C’est pourquoi d’abord je me permets cet écrit qui vise à me faire reconnaitre dans la communauté des blogueurs actifs et de surcroit réfléchissant (quelle prétention, tel le miroir). Si je mets l’intérêt au premier plan c’est qu’il me semble qu’il ne faut pas hésiter à mettre les choses à plat. Et ainsi comprendre la dimension « politique » de l’écriture publique. C’est prendre le droit à la vie de la cité que de s’exprimer, de surcroit de la manière la plus aboutie chez les humains, pas l’écrit. Si je prends droit à participer à la vie de la cité, c’est que j’y ai un intérêt qui vaut surement autant que celui des autres. Ce qui arrive désormais avec le développement rapide des possibilités de publier sur le web (et en particulier les blogs) c’est la mise en question possible de toutes les autres formes d’écrit et donc le questionnement pour elles de leur légitimité. Et c’est aussi pour ça que je me suis tu pendant plusieurs semaines sur ce blog. En effet ma légitimité m’a fait défaut ou en tout il m’a fallu l’interroger. C’est ce que je vous invite aussi à discuter en cette fin d’année 2006, en espérant que 2007 apportera quelques nouveaux éléments de réponse autrement convaincants que les récentes et futures manifestations autour du Web2 ou du Web 3 qui, pour moi sont surtout de la poudre aux yeux et de la promotion d’intérêts probablement bien plus légitimes que les miens

Bruno Devauchelle

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(3 commentaires)

  1. Je partage un peu les mêmes vues et j’avoue ne pas être capable non plus de produire ne serait-ce qu’un message par semaine.
    Je mets en ligne des articles ou des ressources selon mon humeur.
    Mais il est clair que rien n’est totalement gratuit dans cet acte.
    Je ne sais où est la légitimité mais c’est une bonne réflexion car il est clair que le passage de l’autorité à la popularité et de la pertinence à l’influence s’établit au sein de la blogosphère.

    • Clément Laberge on 2 janvier 2017 at 14 h 56 min
    • Répondre

    Dix ans plus tard… je reviens à ce texte!

    https://remolino.qc.ca/2017/01/02/cetait-en-janvier-2007/

    Et je te souhaite une très bonne année!

    1. Merci Clément de ce retour, il est aussi pour moi l’occasion d’un retour en arrière salvateur, au moment où je publie mon troisième livre…
      C’est aussi l’occasion de te souhaiter le meilleur pour cette nouvelle année.
      Au plaisir de te rencontrer à nouveau dans les temps à venir
      Amitiés

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