Technique contre pédagogie

Ils sont de plus en plus nombreux à s’en plaindre dans les établissements scolaires : l’accessibilité des TIC n’est pas adaptée aux besoins pédagogiques et didactiques !

Listons quelques une de ces remarques sans préjuger de l’ordre d’importance de ces remarques :

– Aller dans une salle informatique pose des problèmes de réservation, de déplacement

– Les salles informatiques ne sont pas adaptées pour permettre aux élèves de prendre des notes ou de travailler à plusieurs sur un même poste ou encore de ne pas travailler tout le temps avec les ordinateurs

– L’enseignant ne peut pas circuler dans la salle informatique

– Les logiciels de supervisions de salles informatiques créent plus de problème à l’enseignant qu’ils ne l’aident

– Beaucoup de fonctionnalités sont bloquées, (son en streaming, vidéo, chat, blogs, wiki, etc…) pour des raisons de sécurité ou supprimées (clés USB, micro casque etc..)

– Les procédures pour installer de nouveaux logiciels sont bloquées par les administrateurs réseaux

– l’accès à Internet est aléatoire, et de plus le filtrage installé est bloque toujours des sites intéressants et non dangeureux

– Il y a toujours au moins 10% des appareils en panne dans la salle

– Le technicien qui intervient s’énerve vite dès qu’on lui demande de la souplesse

– Les techniciens critiquent les enseignants qui n’y connaissent rien et s’érigent parfois en policier donneur de leçons pédagogiques…

– L’imprimante partagée n’est pas toujours fontionnelle, comme le réseau…

– …

Cette litanie de remarques repose sur une série de constats variés et accumulés ici en une seule fois. Et quand on se demande pourquoi un grand nombre d’enseignants refusent d’intégrer les TIC dans leur pratique avec les élèves, on commence à comprendre qu’il y a aussi quelques obstacles du coté des techniciens… Ce qui est inquiétant c’est que l’on veut transposer les règles d’organisation des systèmes informatiques des entreprises dans l’école tel quel, sans se poser quelques questions élémentaires, comme celles que l’on se pose d’ailleurs rapidement dans l’entreprise : qui est au service de qui ? qui doit s’adapter à qui ?

Rappelons le avec fermeté : l’informatique scolaire doit être au service de l’enseignement et des apprentissages. On est en train d’observer une dérive inquiétante (et les ENT semblent aller dans ce sens) qui consiste à ce que les techniciens conçoivent des systèmes sans s’occuper des usagers réels, mais en se concevant eux mêmes comme les usagers idéaux. Non l’usager normal n’est pas un super technicen, et il ne faut pas qu’il le devienne. Or nombre de techniciens sans s’en rendre compte (à moins que…) posent de telles contraintes d’usage que seul lui même s’y retrouve dans le fonctionnement. Il est sur que le jour de la porte ouverte c’est bien… de montrer des ordinateurs et de parler sécurité, mais quand le lendemain de cette journée les enseignants ne peuvent utiliser pédagogiquement ces matériels pour réaliser des activités d’apprentissage, on se demande quelle en est la pertinence.

On explique ainsi de mieux en mieux l’impossibilité du passage d’une pratique personnelle à une pratique professionnelle : l’ensemble des contraintes techniques, dont on reconnaît l’importance dans certains cas, au lieu de rassurer empêche l’action. Si le responsable informatique ne veut pas d’ennui avec le matériel, le plus simple c’est que personne ne l’utilise…

Ce billet de « mauvaise humeur » ne veut pas faire un procés sommaire, mais invite, à l’instar de plusieurs collègues qui se sont exprimés dans plusieurs pays sur ce sujet, à tire la sonnette d’alarme. De nombreuses entreprises ont fait les frais de cette dérive, l’école s’y expose en ce moment. Il est nécessaire que les responsables imposent la logique de l’utilisation face à la logique techique et qu’ils mettent cette dernière au service des enseignements… au risque de voir l’école passer à coté des TIC, et cette fois pas par la résistance des enseignants, mais de ceux-là même qui ont la charge de faire fonctionner ces TIC… Seraient-ils de mauvais pédagogues ???

A débattre

BD

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(18 commentaires)

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  1. "Brillante" détentrice du DU Aptice, je vois peut-être un début d’explication à cette dérive : la réticence des établissements, pour ne pas dire plus, à reconnaître et utiliser cette nouvelle compétence que nous avons fait le choix d’acquérir et que personne ni dans les etablissements, ni dans les instances du rectorat n’a cherché à prendre en compte!
    Pire encore, que dire de ce collègue qui, après avoir réussi à se faire reconaître dans son établissement, se voit chaque jour decouragé voire harcelé pour qu’il "cède" ses 3 ou 4 heures d’ranmation TICE au profit d’un pur technicien qui sera directement "utilisable" pour la maintenance.
    Si notre formation, à la jointure entre enseignement et informatique, était connue, reconnue et mieux utilisée, le lien entre les enseignements et les outils informatiques s’en trouverait surement amélioré!

    • R. Perez on 20 mars 2006 at 8 h 23 min
    • Répondre

    Très bien ces critiques. Mais quels sont les moyens donnés aux établissements pour entretenir les réseaux informatiques ?

    • Phychi on 20 mars 2006 at 8 h 42 min
    • Répondre

    Je suis globalement d’accord avec votre constat, mais les sources de problèmes avec les TICE peuvent être multiples.
    Je ne résiste donc pas à l’envie de vous parler de ma propre situation. Professeur dans un collège d’Alsace, je suis responsable informatique depuis 10 ans (chez nous on appelle ça un P.R.I : personne ressource informatique). À mon arrivée, il n’y avait qu’une dizaine de vieux ordinateurs dans une salle « informatique » caricaturale et sans réseau. Accusé par ma première Principale de « dilapider l’argent public » (sic !) pour avoir fait mettre 32 Mo de mémoire au lieu de 16 Mo dans un Pentium 90 (!!), j’ai du sans cesse me battre pour tenter d’imposer l’idée selon laquelle l’éducation nationale ne devait pas passer à côté des TICE.
    La principale suivante, nettement plus avancée « intellectuellement ‘ 😉 m’a permis de mettre en place un véritable réseau informatique avec un serveur sous Linux (en 1998) et une quarantaine de machines réparties entre salle info, CDI et salles de cours.
    Tout au long du fonctionnement du réseau, j’ai essayé de maintenir un équilibre entre sécurité et flexibilité, comptant sur mes collègues pour surveiller leurs élèves afin qu’ils n’installent pas de logiciels « pirates » et effectuant des clones de machines de temps à autre pour remettre le système à neuf. L’usage de la salle info a été assez intensif, même si elle n’était effectivement pas adaptée à un travail écrit.
    En 2002 je me suis dit que ma réussite locale pouvait me donner une bonne expérience pour les autres et je me suis engagé dans la mission TICE académique à mi-temps. Ça a été mon premier « coup » : les « pontes » des TICE que je côtoyais au rectorat ne pensaient qu’à leur propre carrière et n’avaient que le mot « sécurité » à la bouche. Le mot anglais qui me vient immédiatement à l’esprit est « obfuscate» : cacher tous les mécanismes afin que les utilisateurs ne comprennent rien. Tout serveur devenait une « boîte noire » uniquement contrôlée par quelques techniciens du rectorat. C’est ainsi que la maîtrise de l’informatique devait progressivement passer des mains pédagogiques à celles d’ingénieurs ne tenant aucun compte de la façon d’enseigner.
    Le coup de grâce m’a été donné cette année scolaire, lors du déménagement dans nos nouveaux locaux (après reconstruction du collège). Durant tous les travaux, j’avais été tenu à l’écart des réunions techniques sur le réseau. Ce n’est qu’en septembre 2005 que j’ai constaté que notre nouveau réseau serait en fibre optique… sans aucun investissement du département dans la partie « active » (cartes réseau fibre, commutateurs…). Manque de dialogue et manque d’argent font que depuis novembre 2005 jusqu’à mars 2006 (jusqu’ici puisque rien n’est réglé), nous n’avons plus de réseau, plus d’Internet et même plus de machines (les nouvelles sont dans des cartons que j’ai interdiction de déballer).
    Devant ma mise à l’écart systématique, le manque de concertation et le mépris évident affiché par notre gestionnaire, les techniciens du département (payeur pour un collège) et les entreprises sous-traitantes, j’ai donné ma démission de PRI avec effet en fin d’année scolaire. De toute façon, en tant que simple « pédagogue » utilisateur je suis devenu partie négligeable dans la planification de l’informatique scolaire !

    Un responsable informatique fortement désabusé !

    • Jean-Georges Guern on 20 mars 2006 at 9 h 12 min
    • Répondre

    Vos remarques sont très justes et je viens de lancer une opération de boycott total de l’outil informatique depuis que dans notre académie, celle de Rennes, certains se sont "amusés" à nous installer un nouveau système de filtrage qui ne nous permet plus d’accéder à l’internet en toute sérénité.
    Si ces gens découragent les utilisateurs réguliers des TICE on peut se demander comment ils vont convaincre les plus rétifs.
    Pour ma part j’ai renoncé, à mon plus grand regret, et je suis revenu à des pratiques de classes plus traditionnelles…

    • Bruno Devauchelle on 20 mars 2006 at 9 h 18 min
    • Répondre

    Un lecteur dont la contribution ne sera pas mise en ligne (il n’a pas complété son adresse email, et je me suis donné, entre autres, comme règle de ne publier que ceux qui la font apparaître) pose la question des moyens donnés aux établissements pour gérer les réseaux informatiques. Si cette question mérite effectivement d’être posée, elle ne peut l’être seule. Si moyens il y a il faut aussi savoir comment ils sont orientés, ou ciblés. Bruno Devauchelle

    • Jean-Pierre Fournier on 20 mars 2006 at 11 h 38 min
    • Répondre

    Le message et les commentaires m’ont fait grand plaisir, je m’y retrouve pleinement. La plupart des enseignants sont dissuadés de se servir des TICE pour toutes les raisons indiquées. Seuls peuvent surnager ceux que leur discipline préparent mieux (Technologie). Ce qui n’empêche pas notre hiérarchie à nous encourager "soyez modernes ! il faut s’y mettre !".
    Le mieux serait que des (pas un seul) volontaires puissent être formés et avoir des heures prévues sur leur temps de service pour mettre en place et assurer un minimum de maintenance et de suivi pédagogiques, pendant que dans le même temps des agents assureraient la partie purement techniques, avec échange entre les deux; ça rendrait service à tout le monde en qualifiant deux professions.

    • Jean-François Leroux on 20 mars 2006 at 14 h 02 min
    • Répondre

    Pardon de ce commentaire qui va vous paraître sévère mais il me semble que vous mêlez plusieurs problèmes :

    vous rappelez justement que l’usager ne doit pas devenir un "super technicien", puis évoquez les problèmes de sécurité posés par les réseaux pédagogiques. Soit, mais quel rapport de l’un à l’autre ? Que l’outil doive être au service de l’usager, oui. Faut-il pour autant ignorer toutes les règles de sécurité élémentaires et exposer l’établissement à des ennuis divers, allant de l’infection virale à la condamnation pénale pour téléchargement illégal de "cracks" logiciels ? L’administrateur du réseau qui filtre l’accès au Web ne fait que protéger ledit réseau de soucis bien connus. Si les utilisateurs ne peuvent le comprendre, c’est qu’ils sont bien naïfs, à mon sens. Il ne faut pas de "compétenecs techniques" spéciales pour comprendre qu’un chat de rencontres n’a pas sa place dans le cours de mathématiques, je crois…
    Par ailleurs, je vois nulle trace de "technicisme" dans les problèmes d’indisponibilité ou de panne que vous évoquez. Problème de moyens, sans doute, encore que les régions dépensent des sommes de plus en plus importantes pour ce poste. Quels obstacles les prétendus "techniciens" que vous incriminez opposent-ils à leurs collègues ? Si une machine est en panne, pensez-vous que ce soit mauvaise volonté de la part de l’administrateur ? Je ne comprends pas du tout votre argumentation de ce point de vue – surtout quand on connaît le statut quasi bénévole des administrateurs en question.

    Enfin, sur le fond même du propos, il y a à mon avis une vraie méprise : vous dites que l’EN se trompe à vouloir faire de l’informatique pédagogique un système d’information, comme on le fait dans les entreprises (où l’on en reviendrait – ce qui reste à voir, selon mes informations). Or, c’est précisément le passage d’une informatique de "bidouilleurs", parfois talentueux mais seuls, à un système d’information cohérent, reposant sur des règles claires, des procédures connues de tous, une informatique industrialisée en somme, que viendra le salut : l’outil doit servir à des fins pédagogiques, oui ; par suite, sa gestion au plan technique doit être totalement transparente pour l’usager afin qu’il n’ait in fine qu’à respecter un certain nombre de règles élémentaires pour l’utiliser.

    Bien plus, l’informatique ne peut plus être conçue comme un outil tronçonné, où le pédagogique, l’administratif, le "relationnel" auraient des réseaux distincts et étanches. La société tout entière va dans le sens d’une information ouverte et croisée. Les parents veulent (et on peut le comprendre) des informations, sur les enfants et pour leurs enfants, en ligne et d’un accès facile. Il n’est pas question de technicisme, là encore : cette informatique-là, avec ses charges énormes et ses contraintes légales, ne peut être qu’une informatique professionnelle et industrielle. Cela déplaît sans doute à quelques enseignants, par tradition individualistes (pour ne pas dire hostiles par principe à toute forme d’organisation collective) , mais le moyen de faire autrement ? Faut-il refuser de faire entrer l’école dans son siècle – un peu au moins – pour préserver cet individualisme ?

    Non seulement, il n’y a pas de "technique contre pédagogie" – pas ailleurs que dans l’esprit de gens qui perçoivent mal les enjuex de l’informatique scolaire – mais il n’y aura pas de véritable usage de l’informatique dans une optique d’enseignement tant que la "technique" fera peur, tant qu’un certain nombre de collègues assez technophobes par principe ne comprendront pas qu’elle est leur recours et leur secours, non pas un frein à leur pratique.

    Désolé d’avoir été un peu long.
    Bien cordialement.

    PS : je suis enseignant.

  2. Technique contre pédagogie – Bruno Devauchelle

    Technique contre pédagogie – Blog personnel modéré et non anonyme de Bruno Devauchelle Bruno décrit une situation vécue par nombre d’enseignants: plusieurs barrières à l’intégration des TIC sont érigées par des techniciens ou des responsables TI

    • Honchamp on 23 mars 2006 at 2 h 19 min
    • Répondre

    Je suis profeseure d’hist-géo , j’essaie de faire travailler régulièrement mes élèves sur internet , eavec des recherches cadrées . Ex récent , en 3è , la défense nationale : site académique de nancy , diaporama et questionnaire ..mais c’est sous powerpoint !!! Pas powerpoint sur les ordis de la salle multimédia .. Et impossible de telecharger le petit programme qui permet de lire powerpoint … C’est reservé à l’administrateur réseau ! Idem pour utiliser google earth , impossible de tele charger ce qu’il faut , idem pour real player que je voudrais pour leur faire écouter des hymnes militaires sur le site du ministère de la défense …
    Evidemment , je demande à mon administrateur réseau …Mais il est débordé , c’est un collègue , il est payé pour 1/ heure supplémentaire par semaine ..

    Alors , si , il existe bien des freins techniques !!! D’autant plus que certains sites sont de plus en plus sophistiqués !

    • Wibart on 23 mars 2006 at 11 h 08 min
    • Répondre

    Je partage votre idée car en tant que personne ressource T I C aprés avoir été formateur MAFPEN , je me heurte à des difficultés de fonctionnement du réseau dues par exemple à l’utilisation de poledit au lieu d’un logiciel de fonctionnement bien construit (GESTION 5), à l’utilsation pour un collège de prés de 900 élèves d’un vieil ordinateur réseau sous NT4 avec 74 gigas de disque dur….
    Enfin quand donc le statut réel de personne ressource attribué à un enseignant donnera -t-il lieu à un statut réel avec décharge horaire, heures supplémentaires. Une heure supplémentaire est donnée pour plus de dix heures semaine. Est-ce ainsi que l’on compte encourager les bonnes volontés?

    • Etienne Durup on 24 mars 2006 at 2 h 16 min
    • Répondre

    Je retrouve dans la phraséologie de Jean-françois les formules toutes faites du discours régnant actuel :

    – qui opppose les prétendus "bidouilleurs" (grâce auxquels l’informatique pédagogique est bien souvent sortie du néant ou de l’âge de pierre) aux "véritables informaticiens professionnels" (dont on oublie un peu trop vite et trop commodément qu’une écrasante majorité d’entre eux est constituée d’enseignants cooptés dans notre système actuel)
    – qui nous rebat les oreilles avec les mots "industrialisation", "sécurité", "transparence de la technique" et "respect de règles élémentaires" qui ne sont que des formules toutes faites et dépourvues de substance quand on les manipule sans précaution et sans chercher à les replacer dans un contexte d’utilisation réel.

    J’appelle moi-même à "industrialiser" ce qui mérite de l’être (comme le déploiement de 500 serveurs identiques dans une académie) mais ne faisons pas de ce terme une panacée et surtout évitons de l’utiliser pour répondre à quelqu’un qui vous parle de pratiques pédagogiques. Si on pouvait industrialiser la pédagogie avec une chance de succès ça se saurait depuis lontemps. Dans le monde d’Huxley peut-être… et encore. Vous connaissez la parabole des jumeaux…

    De la même façon LA "sécurité" n’est ni une abstraction, ni une vertu immanente d’une informatique "industrialisée" et robotisée. La sécurité est le résultat d’une dialectique constante entre les objectifs, les moyens et le milieu environnant, un équilibre délicat entre les risques et les enjeux qui nous ont menés aux usages.

    LA "transaparence de la technique" est soit un compte de fée pour rêveurs (ça c’est pour ceux qui sont animés de bonnes intentions) ou un moyen d’auréoler ce qu’on ferait mieux d’appeler "l’opacité de la technique", ce tour de passe-passe par lequel les personnes de pouvoir aiment bien s’assurer de la domination qu’elles exercent ainsi sur ceux "qui ne savent pas". Bien sûr on préfère tous ne pas avoir à se plonger dans la technique pour se consacrer à notre tâche d’enseignement. Mais l’opacité et l’ignorance sont des remèdes pires que le mal. Elles conduisent, entre autre, à l’abandon de notre libre arbitre et de la possibilité d’évaluation des conditions d’enseigner qui nous sont faites.

    Quant aux "respect d’un certain nombre de règles élémentaires" qui serait le remède miracle par lequel tout arrive ça me laisse pantois. Il n’y a pas plus de règles élémentaires miracles qu’il n’y a de transparence salvatrice. Et ce n’est certainement pas aux techniciens seuls de fixer les règles subtiles qui vont permettre de répondre aux objectifs variés dans le temps comme dans l’espace des multiples modes de fonctionnement pédagogique. Les enseignants ne sont pas tous des enfants mal dégrossis auxquels il serait bon d’enseigner les règles du "bien conduire" la merveilleuse machine informatique.
    Et quand bien même cela serait, alors le discours se contredit : comment voulez-vous que les utilisateurs appliquent des règles contraignantes quand ils ne comprennent pas ce qui les sous-tend. Si quelque chose est totalement transparent alors il n’y a pas de règles afférentes. S’il y a règles d’usage et des contraintes alors c’est que la transparence a cessé.

    Oui redisons-le clairement : l’informatique doit être au service de l’enseignement et non le contraire. Les choix techniques doivent intervenir en dernier lieu quand les objectifs ont été fixés et actés. Ceci ne peut se faire sans un minimum de connaissances concernant la technique ; en effet pour fixer ces objectifs encore faut-il savoir ce que l’on peut obtenir de l’outil (et dans quelles conditions) à un instant donné. Voilà pourquoi les enseignants qui ont souvent sacrifié beaucoup de leur vie personnelle pour être à la fois des enseignants dignes de ce nom et des informaticiens pour certains reconnus (voir débauchés) par les milieux professionnels sont des personnes irremplaçables pour mettre (ou faire mettre) les moyens technologiques en adéquation avec les ambitions du système éducatif.

  3. ho la la … encore un consommateur qui croit que le réseau informatique d’un établissement est le même qu’à la maison !

    Au dela des aspects techniques … du genre, j’installe mon programme au mépris du respect de la licence exploitation.

    Il faut peut être préciser quelques points :
    – quelques points sur la législation,
    – les règles d’usage du réseau ???
    – moyens donnés pour la maintenance,
    – accompagnements des pratiques,

    Il faut peut être prendre contact avec son conseiller TICE 😉
    Il a plein d’outils à proposer …

    perso, j’administre un réseau et dans ce cas de figure :
    – j’ai affaire un raleur de première
    – qui ne voit que son intéret

    Seule les requètes respectant la règle énoncée sont prises en comptes.
    L’accompagnement des professeurs et fait dans la limite des capacités, l’acquisition de certains concepts demande un investissement personnel.

    Dans le cas contraire, on reste au point mort. On ne fait que de l’assistance voire de l’assistanat… et là, j’ai autre chose à faire !!!

    J’ai réglé le pb en documentant un Max de chose. Il suffit donc de lire :
    clg-maurois-neuilly.ac-ve…

    jsb

    • Jean-François on 28 mars 2006 at 23 h 38 min
    • Répondre

    Etienne > je passerai sur le caractère méprisant de votre réponse, qui ne m’intéresse pas.
    Quant au fond : vous me reprochez des formules toutes faites ou des généralités que vous employez vous-même. Je ne croyais pas utile d’expliquer que la sécurité minimale d’un réseau (même domestique) requiert des règles d’usage clairement définies pour tous (même si vous en êtes le seul utilisateur). Un exemple : si vous autorisez tout le monde à télécharger et à installer des logiciels à la demande, vous allez vite vous retrouver avec des ordinateurs contaminés par toutes sortes de cochonneries (à tous les sens du terme), ce qui est contraire à l’esprit même dans lequel on a installé l’outil. C’est aussi simple et bête que cela. Prenez votre ordinateur personnel, connectez-vous sous le compte administrateur et commencez à télécharger au gré des humeurs : vous m’en direz des nouvelles.
    Prenez maintenant les fichiers logs d’un établissement connecté au Web, et examinez les requêtes faites – pendant les heures de cours – par les élèves. Vous m’en direz aussi des nouvelles.
    En ce qui concerne "l’industrialisation", le terme était employé à dessein et je le maintiens : les réseau d’établissements vont s’homogénéiser, ne serait-ce que parce que c’est l’intérêt des régions et cela implique une industrialisation de leur déploiement, que cela vous plaise ou non. C’est vrai dans ma région, c’est (ou ce sera) vrai dans la vôtre aussi. Je comprends bien que le petit pouvoir de l’administrateur local, quand il croit jouir d’un pouvoir par l’informatique, risque d’en être diminué mais c’est ainsi et c’est tant mieux. Les administrateurs sérieux y trouveront leur intérêt et leur réseau aussi – par suite les professeurs, les élèves, les membres de l’administration. Autre preuve de votre mauvaise foi : je n’ai jamais parlé d’industrialiser la pédagogie, comme vous feignez de le croire. Vous vous inventez des cibles, ce n’est pas très honnête.

    Il est par ailleurs évident que l’évolution très rapide des technologies interdit que l’on exige des utilisateurs une "compétence technique" pour être en mesure d’utiliser le réseau – du reste, où serait-elle apprise ? Cela ne signifie pas, comme vous le suggérez dans une rhétorique qui n’abuse que vous, que quiconque souhaite les maintenir dans l’ignorance mais plutôt qu’en tant qu’utilisateurs, ils doivent être en mesure de se servir de l’outil sans avoir besoin d’y intervenir sans cesse pour le faire fonctionner. Vous m’accusez, une fois encore, de vos propores contradictions.

    Enfin, vous écrivez :"Si quelque chose est totalement transparent alors il n’y a pas de règles afférentes. S’il y a règles d’usage et des contraintes alors c’est que la transparence a cessé." De deux choses l’une : soit vous jouez sur les mots, soit vous êtes malhonnête. Transparence de l’usage ne signifie évidement pas que chacun puisse faire n’importe quoi n’importe quand, et je ne vois pas dans quel domaine de l’activité humaine on pourrait donner un tel sens à cette expression… Il y a des règles parce qu’il y a un outil partagé, comme il y a un code de la route parce que la route ne vous appartient pas plus qu’à votre voisin. Et vous n’avez pas besoin de connaître la mécanique pour savoir qu’il existe une règle qui vous interdit de passer au feu rouge, ni pour en comprendre la raison.

    Mais vous savez bien tout cela, évidemment. Derrière la "phraséologie" que vous me reprochez, il y a évidemment autre chose, qui vous échappe par moments, quand vous présentez un enseignant héroïque, reconnu par l’industrie qui aurait pour ainsi dire bâti l’informatique de ses petites mains… Quelle pitié ! Passons.
    Je maintiens tout ce que j’ai dit, non pas parce que je ne vous aurais pas compris, ou parce que je serais la victime consentante d’une idéologie techniciste. Non, simplement parce que je ne vois comment il pourrait en aller autrement dans les établissements d’aujourd’hui et parce que – en tant qu’enseignant – j’aspire à utiliser l’outil informatique avec sérénité, à des fins pédagogiques, avec mes élèves et POUR EUX !

    • Jean-François on 28 mars 2006 at 23 h 48 min
    • Répondre

    Honchamp > Je comprends tout à fait l’agacement (légitime) devant une activité ratée faute du bon logiciel au bon endroit et au bon moment. Cependant, le frein n’est pas "technique" dans ce cas, il est humain. Vous le dites vous-même, l’administrateur est un bénévole ou quasi, sans doute très peu payé pour ce surcroît de travail et il ne peut pas se couper en deux… Voilà, la vraie difficulté me semble-t-il. Non ?
    Du reste, vous pourriez convenir avec lui de ce qui doit être installé, en début d’année, ou lors de réunions trimestrielles par matières, ou encore dans un petit cahier qu’il laisserait en salle des professeurs afin de recueillir les demandes. N’est-ce pas envisageable ? Dans mon établisement, les demandes sont faites par matières et il n’y a pas de souci particulier. En cas de demandes contradictoires (deux logiciels pour la même tâche), on peut proposer les deux si cela ne gêne pas le fonctionement du travail, ou alors suggérer un vote pour que l’équipe décide de ce qui sera installé.
    C’est du moins dans cette optique que je vois les choses.

  4. Bonjour, Je demande aux participants à ce blog de veiller à respecter les codes de « bonne » communication. Ceci signifie que les oppositions ne doivent pas passer de l’analyse critique d’une situation ou d’une fonction à la critique de la personne qui émet des propos. Je désapprouve totalement ce mode d’échange. Je me permettrai dès lors d’envoyer un message à l’auteur pour lui demander de corriger son propos si cela s’avère nécessaire. Bruno Devauchelle

    • Jean Philippe on 15 avril 2006 at 23 h 37 min
    • Répondre

    Bonjour,
    J’ai decouvert ce blog au cours d’une recherche sur Internet. Le sujet m’interpelle…
    Il semble que le mot-cle soit "benevole". Eh, oui, force est de constater que le systeme educatif repose sur le benevolat. Est-ce normal ? Je ne le pense pas. Est-ce meme souhaitable ? Pas davantage !
    L’EN n’a pas les moyens de ses ambitions, c’est evident. Des lors, je m’interroge sur les motivations des enseignants stakanovistes qui, prenant la releve d’un systeme en deroute, accumulent frustrations et deconvenues. Je veux etre clair : je suis moi-meme instituteur et coordinateur informatique. Le ministere me gratifie d’une heure supplementaire par semaine pour que je mette mes connaissances au service de mes collegues, ce que je fais bien volontiers… UNE heure par semaine, et non pas dix !
    Car enfin, ces connaissances sont le fruit d’une formation personnelle et je ne dois rien a l’EN pour les avoir acquises. D’autre part, je considere que le travail que j’assume aupres de mes collegues – en sus de mes obligations d’enseignant – DOIT etre reconnu.
    J’ai assiste a l’evolution du metier ces 20 dernieres annees. Quelle deception ! Je constate l’emergence d’une "caste" de theoriciens, veritables scientifiques de la pedagogie, n’ayant jamais ete confrontes aux realites du terrain, et qui ont la pretention de me dire comment mener une classe. De plus, l’integration des TIC se fait avec une parcimonieuse economie de moyens qui, loin de satisfaire aux besoins reels des enseignants, les tient a une distance "raisonnable" de toute instance decisionnelle. Je vous le dit comme je le pense : c’est une farce !
    Enseigner est une PROFESSION et non un sacerdoce !
    Cela m’amene aux collegues dit "reticents". Je comprends et respecte leurs arguments. En effet, comment les convaincre du bien fonde de l’integration des TIC quand on donne l’exemple de ce qu’ils redoutent le plus : une charge de travail accrue. Et pour esperer quoi en retour ? L’indifference.
    Pourtant je crois aux nouvelles technologies, je les utilise dans le cadre quotidien de ma pratique pedagogique. C’est MON choix et non celui du ministere. Dans ce cas de figure, comment le systeme peut-il etre coherent puisque nous sommes des milliers dans ce cas, chacun agissant conformement a ses propres objectifs. C’est la que le bats blesse. Tant que l’EN n’assumera pas les couts inherents a une veritable integration des TIC a l’ecole (formation, encadrement, maintenance, etc.), la maitrise des pratiques pedagogiques lui echappera. Vous qui me lisez, exigez que l’on reconnaisse votre contribution a sa JUSTE valeur car, dans le cas contraire, le jeu n’en vaut pas la chandelle.
    Les TIC ne sont pas une solution aux problemes de l’ecole et doivent etre considere pour ce qu’elles sont : des outils.

  5. Une solution alternative aux salles informatiques est le chariot d’une vingtaine de portables liés à un routeur sans fil.
    La chariot se promène de classe en classe au besoin. Partout où je l’ai vu utilisé son succès était indéniable et de grande souplesse et à une fraction du coût d’une salle informatique et à un taux d’utilisation pertinente et fonctionnelle très élevé.

    Par ailleurs, pas besoin d’informatique dans la classe pour en prescrire les usages hors classe; la plupart des élèves y on accès à la maison, chez des amis, à la bibliothèque municipale ou scolaire et même à l’école. Les prochaines consoles de jeux intègrent les capacités de navigation… J’ai vu des professeurs intégrer l’informatique sans informatique alors que d’autres avaient l’informatique … pour présenter des PowerPoints assommants ou des notes de cours sur tous les postes.

    Non, devant des choix technologiques, ce qui bloque c’est la philosophie. Dans ce cas-ci, la remise en question de la relation maître-élève en celle d’accompagnant-apprenant. C’est surtout de ça dont les administrateurs scolaires et autres carriéristes ont peur. Élèves et professeurs ont tous les moyens d’être beaucoup plus autonomes qu’ils ne le sont actuellement…

    Il est possible de se passer des empêcheurs avec un peu d’imagination et de réseautage. Combien d’élèves ont des téléphones portables ? On peut déjà commencer par là pour intégrer les TICs en classe : )…

  6. Je voudrai rebondir à ces propos Il s’agit de l’utilisation en perte de vitesse alarmante du jeu collectif et plus particulièrement du jeu éducatif dans l’apprentissage, à la maison comme à l’école (et de son remplacement souvent par des TIC ou le C n’est pas souvent communicant). Or le jeu est un outil indispensable pour la construction de l’enfant, son éveil, , il permet : la communication entre les enfants, la famille (parents-enfant), les amis… il permet d’aider les enfants en échec scolaire, ceux qui se bloquent face à chaque évaluation et qui se désintéresse du cursus traditionnel, il permet d’apporter des connaissances, d’asseoir les savoirs, de les tester… On pourrait citer des dizaines d’avantages
    Il faut donc réhabiliter le jeu. Pour ma part, j’ai créé un site http://www.jeprogresse.com (je vous invite à vous y rendre) sur lequel, avec l’aide d’enseignants et de professionnels de l’enfance, on propose et classer les jeux (des marques du commerce) par ce qu’ils peuvent apporter aux enfants : lecture, langage, logique, attention visuelle…
    J’espère pouvoir faire avancer le débat et continuerai à me débattre pour faire en sorte, à mon échelle, de sensibiliser les gens à ce problème. Je n’ai rien contre les TIC, mais n’oublions pas l’importance du jeu. Organisons de la place pour tous.

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