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    • Phil on 8 novembre 2009 at 13 h 22 min

    En vous lisant je me demandais si vous connaissiez la réalité du monde scolaire (je parle de l’enseignement en classes primaires, pas le supérieur).
    Evoquant la brique admin. et comptable vous dites que « la surévaluation systématique du nombre d’élève par rapport au nombre réellement présent » (…) générait un écart important et coûteux en moyens surtout en début d’année avec parfois des effets sur l’ensemble de l’année… »
    Votre affirmation est gratuite et mériterait des exemples concrets. Elle montre que:
    1) Vous ne connaissez pas la manière dont sont calculés les effectifs d’élèves d’une année à l’autre.
    2) Vous semblez ignorer que les inspections d’académie sont plus promptes à réduire l’effectif enseignant d’une école qu’à l’augmenter.

    Par ailleurs, vous réduisez la « performance pédagogique » des enseignants à la réussite aux examens. Mais expliquez moi avec des mots simples comment faire pour que des ânes deviennent des étalons ?
    Vos enfants, si vous en avez, ne sont pas le seul produit de l’institution Education nationale, mais essentiellement celui de VOTRE éducation en tant que parents.
    Certaines années le niveau de la classe est bas parce que ses élèves sont lents à l’apprentissage, socialement défavorisés, peu concentrés, peu ouverts au savoir parce que ce n’est pas dans leur culture familiale (et mille autres raisons)…

    Vous parlez de « pertinence cognitive des dispositifs que chaque enseignant installe »et d’organisation des temps de séance, mais croyez-vous que les enseignants ont attendu votre géniale pensée pour réfléchir à ce genre de sujets ? Je vous renvoie vers les pédagogies Freynet ou Montessori, et bien d’autres chercheurs en sciences de l’éducation.

    Je passe sur le « suivi du travail à la maison par des enseignants disponibles en soirée »: 8h par jour à l’école me semblent très suffisants pour enseigner, les enseignants quand ils rentrent chez eux le soir sont fatigués et ont aussi une vie de famille (pas vous?)

    Vous vous inscrivez dans un mouvement qui, aujourd’hui, voudrait pouvoir tout quantifier, tout rentabiliser et finalement tout marchandiser. Vous êtes dans le quantitatif non dans le qualitatif.

      • admin on 8 novembre 2009 at 17 h 41 min
        Author

      Je ne veux rien faire croire, mais je tente de proposer un cadre d’analyse : celui de la recherche de rentabilité, d’efficacité, d’efficience, de productivité. Je refuse de me voiler la face devant les réalités de la société dans laquelle je vis, mais par contre j’essaie d’en repérer les logiques. les TIC en soit ne sont au service que de ceux qui s’en servent. Mais elles sont issus d’un progrès technique issu de travaux de recherche scientifique qui ne sont jamais neutres idéologiquement (lisez Bruno Latour à ce sujet).
      Oui je connais très bien les réalités de l’enseignement car j’y vis au quotidien. Je tente de dépasser les discours de formes pour repérer les pratiques de fond. La marchandisation des élèves existe aussi dans les salles des profs (et encore plus depuis l’avènement du libre choix de l’établissement – et je sais de quoi je parle, je travaille principalement dans l’enseignement sous contrat qui est constamment tiraillé entre ces deux extrêmes) , derrière les discours ordinaires, et vont parfois même se nicher dans les conseils de classe.
      Que vous le vouliez ou non, la question économique doit être un élément comme les autres de notre cadre d’analyse de l’école et de ses acteurs.

    • Phil on 8 novembre 2009 at 13 h 35 min

    Petit additif à mon commentaire précédent. Je viens de lire votre CV et du coup votre billet, selon moi, est d’autant plus consternant que manifestement vous connaissez bien la réalité du monde de l’enseignement.
    Les TIC sont de formidables outils que j’utilise abondamment y compris dans ma pratique pédagogique, mais ils ne sont pas au service de l’idéologie de la « rentabilité » comme vous voudriez le faire croire.
    Cette idéologie qui aboutit invariablement à la marchandisation de tout.

      • admin on 8 novembre 2009 at 17 h 41 min
        Author

      je m’étonne de votre commentaire. Vous n’avez pas compris mon propos ou vous l’avez déformé. Je tente simplement de mettre en débat la question vive de l’informatisation de l’école sous l’angle de l’économie du système. J’ose croire que l’on peut en parler sans crainte d’être catégorisé immédiatement. Si j’ai pu être maladroit dans ma formulation, c’est possible, mais je refuse votre procés :
      J’ai travaillé en lycée professionnel, auprès des jeunes sortis du système scolaire sans qualification, des chômeurs, des cadres de l’éducation, des enseignants et chaque semaine je suis dans les établissements scolaires privés et publics. Je parle donc d’un lieu que je connais bien et je sais aussi l’importance qu’ont les enseignants sur la réussite des enfants, regardez la durée d’écoute des profs par les élèves chaque semaine… 😉
      Je crois que vous avez surtout extrait des passages de mon texte sans en recherche la logique globale (cf mon précédent commentaire). Citer des phrases isolées sans rechercher la cohérence globale me semble une dérive importante.
      Je ne permettrai pas de citer vos citations de mon texte et vos commentaires, car à la lecture de chacune je m’aperçois que vous n’avez pas chercher cette logique globale. C’est même paradoxal de penser qu’au moment où j’écris pour alerter sur le risque idéologique de la productivité dans les ENT, on croit que j’en suis le chantre…

  1. Je pense qu’une plus grande productivité de l’école suppose une plus grande tranquillité, un plus grand confort, des élèves et des professeurs. Une plus grande disponibilité à la relation. Je rédigeais tout à l’heure un billet où la situation décrite me semble illustrer ce besoin. Si vous voulez y jeter un coup d’oeil, c’est ici: http://voixhaute.fr/2009/11/08/un-mp-pour-deux/

    • admin on 8 novembre 2009 at 17 h 43 min
      Author

    je prie les lecteurs de mon blog de bien vouloir aller jusqu’au dernier paragraphe de ce billet, cela évitera des déconvenues et de faux débats…

    J’ajoute à mon propos que la question des manuels numériques sur les ENT ou encore de la déclinaison des contenus dans les ENT mérite aussi d’être analysée avec le prise de la recherche de productivité de l’école

    • Phil on 8 novembre 2009 at 18 h 41 min

    Désolé mais j’avais bien lu la conclusion.
    La 1ère phrase est ambigue: « il faut mettre en garde l’ensemble du système éducatif sur le fait que le terme productivité peut être détourné très facilement, mais qu’il peut aussi facilement être rejeté dans aucune analyse », soyez plus explicite. De quel détournement parlez-vous ? (merci d’avance pour le complément d’information)

    La deuxième est plus claire : « Ne banissons pas ce mot mais situons le dans un cadre clair et surtout explicite »
    Elle correspond bien au playdoyer, annoncé dès les 1ères lignes de votre article, sur la transposition d’outils utilisés dans le monde commercial au sein de l’école.
    Vous en convenez d’ailleurs dans l’un de vos commentaires puisque votre cadre d’analyse est celui de recherche – dites vous – de rentabilité. C’est un cadre idéologique dominant ces temps-ci mais rien ne vous oblige d’aller dans ce sens, vous en faites le choix.

      • admin on 8 novembre 2009 at 22 h 10 min
        Author

      Désolé de vous contredire, mais je ne vais pas dans ce sens, je le pose comme problème à analyser, sans a priori….

    • Phil on 8 novembre 2009 at 19 h 11 min

    Dernier commentaire, sinon vous allez penser que je suis un abominable troll.
    Mais je dois dire que votre billet aura eu le mérite d’ouvrir le débat.

    Je voulais juste ajouter un mot, sur l’absence de neutralité idéologique des progrès techniques dont vous parlez en commentaires. J’abonde dans votre sens. Et d’ailleurs la première valeur qui a présidé à la création du web est celle du partage du savoir et du don.

    Si Tim Berners-Lee n’avait pas versé son invention (HTTP et HTML) dans le pot commun de l’humanité, le web serait probablement réservé aux entreprises et à une élite capable de se payer des licences d’exploitation du réseau. Ce n’est pas neutre.
    Vous n’ignorez pas non plus les mouvements du logiciel libre et de l’Open source, qui ne sont pas neutres idéologiquement.
    Progrès technique et rentabilité ne sont donc pas forcément liés. Et d’autant moins, me semble-t-il, dans les sciences de l’Education qui sont reliées à l’humain, à son bien-être, à sa capacité d’exercer son libre-arbitre (au fait, vous les quantifier comment ces deux notions?) plutôt qu’abreuvé d’un savoir qu’il devra régurgiter lors d’examens.
    Mesurer la productivité-rentabilité de l’enseignant, dans son coeur de métier, en la comparant aux résultats d’examens de ses élèves me paraît une vision à courte vue. En tout cas bien dans l’air du temps.

    Je ne souhaite pas vous faire de procès d’intention, mais au moins attirer l’attention sur certaines « valeurs » non quantifiables dans l’Education et dont l’idéologie du moment (dont on voit les dégats dans le monde en termes d’inégalités) aimerait bien faire table rase.

      • Castigou on 9 novembre 2009 at 21 h 29 min

      Oui enfin le logiciel libre et l’absence de rentabilité n’ont aucun rapport. Libre ne signifiant pas gratuit (on a pas fini de le répéter…).

        • admin on 15 novembre 2009 at 15 h 33 min
          Author

        Faux, libre a bien un rapport avec la rentabilité ou l’absence, c’est d’ailleurs la principale question que se posent ceux qui décident de proposer leurs logiciels en open-source, en libre et/ou en gratuit….
        Il ne faut de toute façon jamais oublier que la question financière est au coeur du modèle de notre vie sociale… qu’on le veuille ou non… qu’on soit d’accord ou non… après libre à chacun de voter, ou d’agir autrement… que ce que la norme sociale et politique nous impose, sans compter la loi !!!

  2. 2 passages m’ont interpellé car c’est à ce niveau que se place ma réflexion actuelle. En effet, la dimension didactique et surtout pédagogique ne me semble pas suffisamment mise en avant dans l’élaboration des ENT :
    « On cite désormais aussi la prolongation de l’action pédagogique et didactique au delà de l’espace temps scolaire. Autrement dit on envisage une amélioration du travail des élèves à partir de la mise en place d’outils qui ne dépendent plus de la bonne volonté de l’élève de prendre des notes, d’emporter à la maison tout ce que les enseignants leur donnent, mais bien de la volonté de l’institution scolaire. »
    > C’est la mise au travail des élèves et de leurs motivations qu’il est nécessaire d’interroger ; si elle est trop extérieure à eux, il ne se passera rien de plus. On peut toutefois remarquer que l’attrait des TIC est souvent un levier intéressant dans cette implication.

    « Pourtant l’observation des pratiques quotidiennes montre qu’il y a, à ce niveau de détail, des éléments qui pourraient être pris en compte de manière pertinente : allant de la manière d’organiser le temps d’une séance à la qualité pédagogique des supports, voire même à la pertinence cognitive des dispositifs pédagogique que chaque enseignant installe. »
    > Dans le même ordre d’idée, la souplesse de TIC devrait nous inciter (je suis enseignant en lycée) à travailler l’aspect des apprentissages es élèves plutôt que de se contenter d’accumuler des informations numérisées.

    Je suis d’accord avec vous sur la prise en compte de la dimension économique de l’analyse de l’école.

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