Ouf, j'ai pris du retard !!!

A regarder le nombre de documents intéressants, de colloques ratés, de textes non encore lus, de vidéos à voir, d’émission de radio à réentendre, je me pose une question : comment structurer ses choix dans un tel environnement informationnel riche et varié ?

Le problème auquel je suis actuellement confronté est le suivant : comment articuler une pratique professionnelle exigeante (former demande du temps de lecture, d’analyse, de préparation….) et la nécessité de se tenir en veille tout en ayant le projet d’écrire à ce sujet. Le tout en ayant une vie familiale « rélle » et le plus équilibrée possible, un temps de sommeil raisonnable etc….  J’avoue qu’en réouvrant mon gestionnaire de RSS et en relisant les mails de ces derniers jours, je suis assommé. De plus en lisant rapidement tel ou tel texte je me demande si la qualité de l’écriture est encore compatible avec une veille large.

J’ai remarqué trois attitudes qui me posent question :
 1 La première consiste à ne lire presque rien sauf ce qui sert le point de vue que l’on défend et aussi le point de vue contraire le tout dans un périmètre restreint : écrire dès lors est simple, on creuse un sillon sans aller voir autour ce qui se passe. On comprend comment, écologiquement parlant, cette attitude ressemble étrangement aux gens qui parlent du réchauffement climatique en ne s’intéressant qu’au temps qu’il fait là où ils habitent. On imagine aisément qu’ils ont raison localement et durablement…
 
 2 La seconde consiste à ne rien lire précisément, mais à réagir à tout ce qui passe dans l’air du temps. Ainsi nombre d’auteurs de contributions en ligne pratiquent cet art qui leur donne une indéniable popularité, ils sont partout et s’expriment sur tout. Cette attitude, sur un plan psychologique, revient à se construire une identité en ligne qui ne repose pas sur la compétence personnelle mais sur l’aptitude à intervenir sur n’importe quel sujet. Il faut du temps pour faire cela… mais cela ne semble pas manquer
 
 3 La troisième attitude consiste à tenter de lire le maximum et de le traiter. Malheureusement dans ce cas là le traitement s’arrête souvent au bord du clavier… pas le temps d’écrire si l’on veut lire. En effet, le minimum de rigueur qu’impose cette attitude nécessite un travail important, surtout si l’on tente d’accéder à un minimum de qualité d’analyse, d’autant plus qu’à la lecture doit évidemment s’ajouter le « terrain », c’est à dire le lieu d’origine de ces corpus de données, auquel il est indispensable de se confronter
 
Il y a évidemment bien d’autres attitudes, mais ce qui m’inquiète en ce moment c’est de ressentir l’envie de beaucoup écrire et de vivre la difficulté à y consacrer autant d’investissement personnel que je le souhaiterais. C’est pourquoi en ce début officiel de vacances je vais tenter de consacrer du temps à reprendre le temps perdu… Vanité don quichottesque certes, mais aussi souci de tenir au moins mal la qualité d’un écrit qui s’appuie réellement sur une vision large du monde qui m’entoure et qui articule tous les niveaux d’analyses : de l’observation directer à l’analyse théorique…

Chacun de nous qui écrivons publiquement personnellement sur Internet et ailleurs aussi (eh oui, il n’y a pas qu’Internet) avons un devoir de qualité auquel il me semble de plus en plus difficile d’assumer, au risque de finir par se taire, ce qui n’est pas mon souhait… bien évidemment, mais peut-être faut il trouver d’autres formes ?

A débattre

BD

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