Quand l'économie se penche sur l'individualisme.

Il vous reste encore un mois pour aller en kiosque lire le numéro spéciale que la revue « enjeux ls échos » consacre à « Moi d’abord ». L’individualisme triomphe dans la société, l’entreprise et la vie privée. Demain la fin du collectif ? ». Abordant la question de l’individualisme sous des angles variés, et pas seulement économique, les rédacteurs de ce numéro spécial traquent toutes les formes actuelles de prise de pouvoir du « moi ». Au moment où une certaine forme de libéralisme gagne toutes les couches de la société, regarder comment il se traduit au niveau des individus permet d’apercevoir les contours d’une évolution. Philippe Breton, invité dans une courte interview à donner son regard, nous rappelle que c’est plutôt la normalisation (des tenues vestimentaires, des goûts, des machines, …) collective qui semble émerger, mais une collectivisation des apparences pourrait être l’écho à un refus du contact direct, la perte de l’oralité, la perte du sens de la parole en face à face pour éviter la violence de ce contact. Les travaux de Philippe Breton nous amènent à nous écarter des illusions technologiques en nous rappelant qu’elles sont avant tout le miroir de l’évolution humaine plutôt que son moteur et que la véritable révolution n’est pas technologique mais plutôt philosophique avec la montée d’une pensée sociale de « défusion »…. L’ensemble des articles de cette revue permet de dresser un panorama qui mériterait surement d’aller plus loin dans le débat. Ainsi à propos des blogs, il y a plusieurs confusions qui montrent que la revue refuse d’aller plus loin dans l’analyse. De même à propos de l’éducation, l’argument central de du sens de la compétition qui se développe dans l’esprit de tous les élèves (voire aussi à ce sujet un ouvrage publié par un journaliste du Nouvel Observateur à propos des élites) est certes intéressant, mais l’article est trop superficiel pour permettre d’envisager avec sérieux ce type de questionnement. A vouloir brosser un tableau large, on risque de n’être que superficiel, ce qui est trop souvent le cas dans ce numéro. Par contre saluons l’intérêt de ce numéro qui devrait inciter à réfléchir plus avant, pour rechercher ce qui, au delà des articles cités, permettra de comprendre mieux les choses. On ne proposera pas forcément au lecteur de se plonger dans la lecture de l’ouvrage de Bernard Lahire « la culture des individus », mais on lui suggérera d’en lire les compte rendus, tant il est intéressant de comprendre que entre le collectif et l’individuel, il n’y a pas rupture, mais une étrange continuité qui amène chacun de nous à accepter un progressif métissage culturel, et à en faire, individuellement, si tant est que la normalisation nous y autorise, la base de notre liberté. JP Sartre, dans ses propos sur l’existentialisme, pourrait bien nous aider à comprendre le sens à donner actuellement à ce mot. A moins qu’il ne faille se résigner à subir. Quant aux TIC, là dedans, elles sont instrumentalisées dans un débat qui est davantage celui d’une société qui se débat dans ses contradictions que celui de « personnes » , « d’usagers » qui tentent de se frayer un chemin de vie avec les outils à leur disposition.

BD

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