Il faut arrêter de donner les vieux postes informatiques aux écoles primaires !

La récente annonce de don d’ordinateurs par la Poste à des écoles primaires, ainsi que des rencontres avec des équipes d’établissement confrontés à cette réalité amène à tirer la sonnette d’alarme : il est temps de prendre les écoles primaires au sérieux et de leur permettre d’accéder à des équipements fiables et surtout utilisables en classe. Quelques exemples permettront de montrer différentes facettes du problème. Dans cette classe, en janvier 2005 un gentil parent a fait don d’un appareil venu de son entreprise. L’enseignante annonce aux élèves le cadeau de noêl qui ravit toute la classe. Ils commencent à déchanter quand voulant imprimer, ils se sont aperçu qu’ils n’avaient pas le pilote. Impossible d’accéder à internet, l’établissement n’avait pas cablé la classe. Quand au vieux logiciel pédagogique dont disposait l’institutrice il s’affichait partiellement sur l’écran en 640X480 au lieu du 800X600 requis l’ordinateur était probablement plus vieux que le logiciel. Dans cet établissement, un salle entière a été équipée de vieux ordinateurs. Impossible d’y faire tourner le moindre logiciel autre que le traitement de texte disponible. Toute installation bloque, l’enseignant a heureusement construit un projet d’écriture. Dans de nombreuses circonstances de multiples problèmes se présentent. Dans cet autre établissement l’hétérogénéité et l’ancienneté du parc laissait rêveur. Pas de driver de carte son (pourquoi mettre du son sur un ordinateur à l’école primaire), imprimante matricielle à rubans introuvables, souris incompatibles, Internet aléatoire, etc. Quant aux logiciels, le même pouvait ne pas s’installer sur tous les postes, mais seulement sur un ou deux. L’idée selon laquelle l’école primaire peut recycler d’anciens postes informatiques est contraire à l’intérêt des élèves et de leurs enseignants. Un affichage de qualité, des périphériques faciles à faire fonctionner, du son audible etc sont indispensables pour mener de réelles activités pédagogiques pertinentes. Quand on observe de nombreuses salles informatiques d’établissement, on s’aperçoit que cette dimension du son est laissée de coté : pouvoir enregistrer sa voix, écouter les commentaires, voire faire des visio conférences sur Internet reste une possibilité d’autant plus rarement utilisée qu’elle difficile voire impossible à mettre en ouvre. L’école primaire n’est pas le centre de recyclage de l’informatique d’entreprise ou celle des établissements secondaires. On peut même considérer qu’en primaire les enfants ont beaucoup plus besoin d’accéder à des machines de qualité si l’on entend les familiariser avec ces outils. Or si les déceptions et les plantages constituent le quotidien des classes, l’effet sera catastrophique et l’image de ringardise technologique de l’espace scolaire sera très ancrée dans l’esprit de chaque enfant et chaque parent. Quant aux municipalités, il est nécessaire qu’elles engagent à ce sujet une analyse approfondie du contexte qu’il est nécessaire de proposer aux écoles. Ainsi elles pourront accompagner au mieux, dans un souci de continuité entre la maison et l’école, le développement des équipements pertinents. Il s’agit aussi pour elles de comprendre qu’un ordinateur peut devenir aussi quotidien qu’un cahier. A débattre Bruno Devauchelle CEPEC

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