Sensibiliser les mineurs ou faire peur ?

La conférence de presse de François Fillon et François d’Aubert (18-05-05) à propos de la campagne nationale de sensibilisation aux risques d’Internet dans les écoles primaires s’inscrit dans la lignée d’une campagne sur les risques d’Internet. L’association Fédération Européenne pour Enfants Disparus et Sexuellement Exploités (dirigée par Madame Barnier (?) a opportunément utilisé la voix de ces ministres pour faire passer un message « d’inquiétude ». Cette stratégie semble davantage dirigée en direction des parents que des enfants, même si des élèves de CM2 vont recevoir un tapis de souris évocateur de cette thématique. Le ministre déclare :

« La toile ne doit pas être une « zone de non droit », une zone parsemée de pièges, où la loi du plus fort serait la règle. Notre ambition est de conserver l’esprit originel qui a présidé à la création de l’internet : celui d’un espace de découverte et d’enrichissement mutuel et non un maquis au sein duquel des « prédateurs chassent leurs proies » ! »

Malheureusement, l’argumentaire peut sembler un peu insuffisant. en effet on peut lire plus loin :

« Nous le savons, ceux-ci (les enfnats) témoignent tous de la même curiosité et de la même agilité face à l’informatique et à l’internet. Notre devoir est qu’ils puissent « surfer » en toute sécurité sur les réseaux. Or le constat est connu : l’internet est devenu le terrain d’action privilégié des « voleurs d’innocence. » Les pédocriminels usent des sites pour tisser leurs sordides filets ; ils profitent de l’anonymat des chats et des forums pour entrer en contact avec leurs jeunes – parfois très jeunes – victimes. »

Agiter le risque et la terreur n’est pas forcément une ouverture significative pour aider les enfants à la responsabilité. Heureusement un peu plus loin on lit :

« – à destination des enfants, nous disons que l’internet n’a rien d’un monde virtuel ; ses risques et ses dangers sont bien réels !

– à destination des parents, nous disons qu’ils ne doivent pas laisser leurs enfants naviguer sans précautions sur les réseaux, pas plus qu’ils ne les laissent déambuler seuls dans les rues la nuit. »

On se rend compte que en agissant auprès des enfants, c’est bien les parents qui sont concernés. Rappelant un peu plus loin l’intérêt du B2i pour l’éducation à la citoyenneté sur la toile, le ministre renforce un peu plus le carcant qu’il lui semble nécessaire de mettre autour d’Internet.

On peut craindre que ce discours soit avant tout sécuritaire et trop peu éducatif… Cela serait dommage au moment où l’ensemble des adultes est concerné par la difficulté à accéder à une information « propre » que l’on se contente de filtres, de sécurité et moins de véritable éducation des jeunes et des adultes.

A suivre en tout cas

BD CEPEC

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(2 commentaires)

  1. Merci pour cette article très intéressant

  2. Merci pour cette article très intéressant

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