Quand une idée trouve un écho… (emprunt ?)

Un article qui comporte dans son titre : un pas vers la création de Maison des Biens Communs ! (Lundi 11 août 2014 par Michel Briand) est publié à cette adresse : http://www.pratiques-collaboratives.net/Un-tiers-lieu-ephemere-a-Montpellier-du-2-au-4-octobre-un.html.

C’est toujours avec étonnement que l’on retrouve, quatorze années après des idées que l’on a soi-même évoquées, voire même formalisées sous la forme d’un texte mis en ligne. Ce texte intitulé :« Une utopie pour l’éducation demain, Les maisons de la connaissance » est disponible à l’adresse : http://www.brunodevauchelle.com/utopie.htm.

Plusieurs réactions sont possibles : enthousiasme de voir ses idées déclinées, horreur devant le pillage de ses idées, intérêt pour les trajectoires de pensées et leurs tortueux itinéraires. Car pour moi ces idées sont issues d’un sage Indien considéré par l’UNESCO comme un des grands pédagogues du XXè siècle : « Sri Aurobindo » dont on peut lire la présentation et des éléments de sa pensée à l’adresse : http://unesdoc.unesco.org/images/0007/000783/078384fo.pdf. C’est donc bien le croisement des idées et leur évolution au cours du temps qui invitent à ces redondances involontaires, voire ignorées.
Malheureusement, on s’étonne que ce travail de trace, d’emprunt, de modification, d’enrichissement, ne soit pas réellement fait (la bibliographie peut étonner). Mais on pardonnera à l’auteur (acteur politique par ailleurs) cette manière de faire qui est désormais trop habituelle dans le monde « grand public ». D’ailleurs ce qui continue de se développer sur Internet et plus généralement dans le monde de l’information communication, c’est l’impression de nouveauté qu’il faut donner. Ainsi un article récent qui évoque le co-enseignement entre élèves ignore-t-il des travaux déjà anciens publiés d’ailleurs dans la revue française de pédagogie, mais aussi la notion d’enseignement mutuel cher aux frères des écoles chrétiennes.

Le droit précise que les idées sont « libres de droit » mais c’est leur matérialité qui est « légalement protégée ».  Toutefois, la brevetabilité des idées à détourné le problème en donnant la possibilité de donner une matérialité juridique à des idées. Avec l’idée de biens communs, on trouver la notion de partage des idées (licences art-libre, creative Commons etc…) comme démarche militante. Mais cette forme n’interdit pas de citer l’origine des idées ou au moins de tenter de le faire. Or cette pratique qui consiste à faire valoir des nouveautés à des choses qui ne le sont pas vraiment, sert une idéologie de l’innovation à tout prix. Comme si seul le nouveau avait de la valeur. Et ce d’autant plus que le nouveau amène souvent à la popularité recherchée…

Le flux continu d’information des médias et des réseaux sociaux amplifie l’effet nouveauté, nous l’avons déjà écrit. Mais il encourage aussi l’oubli de l’antériorité. Chacun de nous emprunte ses idées aux autres. Il est fréquent que nous ne prenions pas le temps de cette recherche d’antériorité. Mais dès lors que l’on prétend à la nouveauté, il est indispensable de faire ce travail. On peut donner comme exemples récents les Moocs, la classe inversée, à propos desquels ce travail n’est que rarement fait. On remarquera d’ailleurs que Salman Kahn a fait cet effort dans son livre, sans pour autant aller sur le terrain aride de l’argumentaire scientifique (revue de littérature).

Pour revenir aux « Maisons des Biens Communs », on souhaitera évidemment en savoir davantage, en particulier en matière de projet social et éducatif. On se doute bien que les auteurs diront rapidement leur différence et donc leur droit à la nouveauté. Il faudra donc attendre l’expérimentation. On pourra inviter les acteurs et promoteurs du projet à aller voir du côté des expérimentations du même genre menées dans d’autres pays du monde… et aussi à se tourner vers le passé pour comprendre d’où viennent ces projets valorisés au nom de la nouveauté…

A suivre et à débattre

BD

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