Août 05 2014

Intermède pour resituer le socle dans l’histoire : rapport Gérard 1997

Ce texte est un intermède dans notre publication de textes sur le socle 2014. Il veut simplement rappeler qu’en 1997 déjà certaines questions étaient bien nommées et définies mais qu’elles n’ont pas suffisamment été travaillées dans nos instances. Ce rapport souvent ignoré aurait pourtant largement gagné à être repris plus tôt à tous les échelons de l’institution, du ministre à l’enseignant, voire au parent d’élève…

Le rapport du Sénateur Alain Gérard a été publié en 1997, juste au moment du changement de majorité parlementaire et juste avant que le PAGSI (Programme d’Action Gouvernemental pour l’entrée dans une Société de l’Informatio) ne soit annoncé.  Intitulé : « Réseaux et Multimédia dans l’éducation » et sous titré : « TRENTE-DEUX PROPOSITIONS POUR UNE BONNE INTÉGRATION DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION DANS L’ÉDUCATION » ce rapport contient, au delà des 32 propositions une analyse plus fine de la question de l’utilisation des TIC en éducation.
Profitons donc de l’été pour en relire quelques bonnes lignes (les plus opiniatres pourront tenter de retrouver le texte intégral que je tiens à leur disposition s’ils ne l’ont pas). On s’étonne de constater combien vingt années après le rapport Nora-Minc et seize années après la publication de ce rapport, les problématiques ont peu, voire pas changées.
(ce document est extrait du rapport complet et se veut une sélection de passages significatifs pour la réflexion du moment. Il a mis de coté des éléments plus institutionnels ou politiques, qui gardent eux-aussi leur pertinence, mais ne sont pas forcément utile à la lecture du moment.

  Introduction : j’ai eu l’occasion de découvrir des pratiques remarquables par leur caractère innovant et de rencontrer des professeurs dont le dynamisme laisse à penser que le monde scolaire est conscient des défis à relever

– Les nouvelles technologies influent sur les deux missions fondamentales de l’école que sont la transmission du savoir et la socialisation de l’enfant.
– Les nouvelles technologies peuvent permettre de sortir de la classe, de s’affranchir des contraintes d’espace.
– Travail autonome des élèves au centre de documentation, travail différé à travers des logiciels d’enseignement assisté par ordinateur, soutien scolaire au domicile via des réseaux de télécommunication viennent perturber la notion de temps qu’on pensait immuable dans le cadre scolaire.
– Les nouvelles technologies de l’information et de la communication remettent en question l’enseignement frontal.
– Les frontières entre les disciplines sont de plus en plus perméables, de nombreux savoirs sont transversaux.

1 – Il nous reste à imaginer comment l’Ecole influencera la société de l’information qui se dessine chaque jour.

– S’il convient d’anticiper et non seulement de s’adapter, il ne faut pas pour autant que les programmes scolaires répondent à chaque soubresaut de l’évolution technique.
–  il faut accepter le décalage entre deux types de temporalité

2 – L’inscription dans les programmes ne doit correspondre qu’à l’essentiel; définir les points où il peut y avoir un apport spécifique des technologies de l’information et de la communication.

– Déterminer ce qui est superflu, ce qui est nécessaire.
– Savoir ce qu’il faut substituer pour mieux faire.
– Ces modifications doivent être suivies d’effets dans les modes d’évaluation.
– Lorsque l’outil devient instrument, il convient de penser son inscription dans le programme scolaire.

3 – Tous les savoirs liés à la recherche de l’information, à l’exercice du sens critique, à la maîtrise des différents niveaux d’abstraction, à l’apprentissage de la lecture de l’image… doivent être enseignés dans l’enseignement secondaire.

4 – La formation aux techniques et aux concepts qui régissent les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

5 – C’est à l’enseignant que revient de choisir et d’intégrer l’outil qui lui semble le plus approprié à sa pédagogie, à la conduite de sa classe.

6 – Dans le cadre de l’adaptation et l’intégration scolaire, l’élève peut être plongé au cœur même des réseaux d’information et devenir acteur de la modernité.

7 – L’Ecole doit donner à l’élève les compétences et les savoirs qui lui permettent de rechercher les informations dont il a besoin, de vérifier les sources, de différencier les niveaux de langue, de les sélectionner et de les exploiter…

– Ces savoirs doivent être mis en oeuvre dans le cadre d’un enseignement modulaire confié aux équipes d’enseignants documentalistes et être validés en fin de troisième.

8 – Le corps enseignant peut difficilement être considéré comme un tout homogène.

– Les enseignants doivent être dotés d’outils intellectuels leur permettant de se positionner en tant que maître d’ouvrage.
– La formation initiale et continue des enseignants, mais aussi des chefs d’établissement, des inspecteurs pédagogiques joue ici un rôle primordial.

9 – Sans « contenus » adaptés à l’enseignement, les matériels restent le plus souvent inutilisés et leur intégration dans les pratiques pédagogiques, demeure un potentiel rarement exploité.

– Dépasser rapidement le discours sur les infrastructures, pour construire une politique sur le contenu éducatif et culturel grâce à laquelle la France fera figure de modèle international.
– Le milieu enseignant est une source exceptionnelle de conception et de production de documents pédagogiques.
– Le système éducatif français peut jouer un rôle majeur dans la création d’un service public de mise à disposition de ressources et l’émergence d’un secteur international de logiciels éducatifs.

10 – Le savoir-faire français développé dans le domaine des nouvelles technologies éducatives confère au système éducatif français une image performante propice à l’exportation tant de ses capacités pédagogiques que de ses compétences dans le domaine de l’édition électronique.

– L’information n’est ni savoir ni connaissance.
– Il y a urgence à définir les repères qui permettront aux élèves et aux enseignants d’accéder aux informations pertinentes, hiérarchisées et structurées nécessaires à leur apprentissage ou à leur enseignement.
– L’absence de contrôle du maître ne donne plus la certitude de la crédibilité des informations diffusées et le professeur n’est pas en mesure de vérifier la véracité ou la moralité de la multitude d’informations à laquelle l’élève peut accéder.

11 – Il s’agit d’offrir aux enseignants et aux familles des garanties quant aux informations et aux sources qu’ils seront amenés à consulter.

– Il faut établir un véritable aménagement du territoire de la connaissance afin de permettre à une information non « commerciale » d’être accessible.
– Il faut encourager des partenariats avec de grands organismes culturels et scientifiques pour mettre à la disposition des élèves, des enseignants et des divers acteurs du système éducatif des contenus adaptés à leurs besoins.

12 – Un certain nombre d’informations doivent pouvoir être accessibles à tous.

– Il faut définir les conditions d’un accès public au patrimoine public virtuel. Il s’agit de dépasser un discours sur l’infrastructure pour s’engager dans un débat national sur le domaine public de l’information.
– II paraît souhaitable de ne pas privilégier un contenu pédagogique plus qu’un autre, en veillant toutefois à ce qu’il corresponde aux programmes d’enseignement.
– Il faut favoriser l’émergence de tout contenu qui contribue à élargir le champ du savoir de l’élève et participe à son éveil.

13 – RÉSEAUX : UNE ARCHITECTURE POUR LE PARTAGE ET L’ACQUISITION DES CONNAISSANCES

– Il s’agit de favoriser le travail coopératif, la communication entre les classes, l’accès aux ressources multimédias réparties sur les grands réseaux de communication ainsi que le développement de téléservices tels que l’assistance technique et pédagogique, la téléformation ou le téléenseignement.

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