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  1. J’apprécie au plus haut point cet article, et les anecdotes qui font preuve d’une belle lucidité, qui je l’avoue me surprend un peu de votre part, tellement, je vous rangeais dans ma tête dans la catégorie des béats du numérique.

    Seul la dernière phrase de votre billet m’interpelle. Je ne suis pas sur de voir ce que vous placez derrière les usages sociaux du numérique, mais pour moi ils existent dans l’école. Car je crois que si un outil est mature d’un point de vue technique notamment, les profs l’utilisent quand ils y voient un intérêt pour l’exercice de leur mission.

    C’est peut être la sagesse des foules qui fait qu’ils ne se précipitent pas sur le dernier cri avant qu’il ne soit montré que ça peut être efficace. Avec mesure donc.

      • admin on 8 mai 2014 at 6 h 30 min
        Author

      J’avoue que je suis un peu atterré de lire l’expression « béat du numérique ». D’une part il y a bientôt dix-sept ans que je dépose sur la toile des contributions qui sont suffisamment interrogatrices et loin d’être béates. D’autre part je trouve que cette expression est suffisante en elle-même et n’amène pas à l’analyse. Enfin, regardant de très près les relations des enseignants avec le numérique et depuis plus de trente cinq ans, il y a bien longtemps que j’ai renoncé à classer les gens dans ce domaine.
      Quant aux usages sociaux du numériques, il nous faut situer ce dont on parle. Les enseignants sont professionnellement des exemples de la rupture qu’il y a entre pratiques sociales et pratiques professionnelles. C’est un fait observable, mais de manière variable chez chacun. Lisez le livre de Jean Houssaye sur la pédagogie traditionnelle et vous pourrez y comprendre quelques unes des raisons qui les amènent à être parfois schizophrènes dans ce domaine.

      1. Il s’agissait pour moi de faire amende honorable. Lorsque l’on intervient dans le débat public, on peut voir ses idées reprises, louées, déformées, critiquées…parfois de manière injuste j’en conviens. Il est toujours sain de se demander comment on est arrivé à penser ce que l’on pense.

        En ce qui me concerne, et ce n’est pas sans rapport avec mon deuxième point, je crois que c’est la prescription permanente à utiliser le numérique qui a tendance à radicaliser mon analyse, et ma réception des textes que je lis. Mieux, l’innovation présentée comme le paradigme du métier de prof a tendance à me crisper.

        Et voyez comme je vous retrouve.
        Merci pour ce billet.

  2. Il y aurait bien d’autres freins, et sans doute d’un autre ordre.

    On pourrait également citer Vincent Peillon, pourtant artisan convaincu de la « refondation de l’école par le numérique », à l’occasion d’une interview accordée à Elizabeth Martichoux et publiée le 18 décembre 2013 : « La France en a fait l’expérience car les régions, les conseils généraux ont fortement équipé à un moment donné leurs écoles, leurs collèges, leurs lycées mais comme on ne formait pas en même temps les professeurs, qu’on n’avait pas de logiciels pédagogiques, qu’on avait pas de nouvelles pédagogies adaptées à ces enseignements, ça n’a rien donné. »

  3. On ne le dira jamais assez, les tablettes constituent une vraie révolution dans la facilitation croissante de la qualité de vie des individus.

    • Marie-Odile Morandi on 8 mai 2014 at 15 h 13 min

    A Capitole

    Ceci est une affirmation qui mériterait d’être développée ! Chacun des mots de la phrase interpelle : révolution est très fort ! Facilitation croissante ? Quand à qualité de vie, c’est très personnel ! Les commerciaux font vraiment bien leur travail : développer de addictions.

    • NDugas on 12 mai 2014 at 11 h 17 min

    Je suis bien d’accord avec votre terme de « fascination » qui rejoint mon propre sentiment. J’ai fait mon mémoire professionnel sur l’utilisation pédagogique des blogs et, à l’époque, en 2007, je ne trouvais que des articles enthousiastes sur l’intérêt pédagogique des blogs. Mais j’avais le sentiment qu’on était plus dans le déclaratif que dans l’analyse réelle. Je n’ai trouvé qu’un seul article d’une personne du CLEMI qui soulignait la dimension communautaire des blogs pour les ados et que, si les adultes s’en emparaient, ils passeraient à autre chose. 5-6 ans après, les blogs avaient disparus des écrans radars et, aujourd’hui, on utilise les mêmes arguments pour justifier l’intérêt pédagogique de Facebook ou de Twitter. Je ne rejette pas en bloc ces outils mais cela me laisse perplexe et j’aimerais que le monde pédagogique soit un peu moins dans la fascination et un peu plus dans l’étude vraiment poussée des effets de ces outils sur les apprentissages des élèves. En même temps, ce sont des outils tellement éphémères qu’à mon avis il serait plus pertinent de faire acquérir aux élèves des connaissances, des compétences et un recul critique qui puissent leur servir face aux nouveaux outils numériques qui ne manqueront pas d’apparaître dans les années à venir et à comprendre ce qui se joue avec ces outils numériques.
    La question est la même, à mon sens, concernant les tablettes. Est-ce qu’on en équipe les établissements parce que ça peut être vraiment utile pour les apprentissages ou est-ce pour dire : « vous voyez, on a les derniers équipements high-tech ; inscrivez vos enfants chez nous » ? J’ai l’impression que depuis les premiers plans de développement de l’informatique dans les établissements, l’EN reste toujours dans une logique d’équipement et non d’intégration et d’appropriation.

      • admin on 12 mai 2014 at 13 h 16 min
        Author

      Le coté apparemment éphémère est le plus souvent caché par l’effet nouveauté. Les blogs continuent d’exister, mais nombre de personnes prises par la tourmente médiatique (cf Skyblog) ont abandonné leur blog. Il y a une sorte d’amnésie de ce processus que l’on retrouve effectivement avec les arguments justes que vous évoquez avec les nouveautés plus récentes.
      Cela sert aussi à certains enseignants qui profitent de ce « saut dans la nouveauté » pour faire avancer leur « identité professionnelle personnelle ». Eux aussi sont parfois oubliés, ou sont récupérés dans les instances de pilotage. En tout cas on les montre dans les « foires » technico pédagogiques, ils servent de caution aux promoteurs de l’innovation, puis souvent, sont délaissés. S’ils ont réussi à en titrer partie, tant mieux pour eux. Malheureusement cela ne fait pas vraiment avancer la pédagogie….
      L’effet image qui fonctionne pour les personnes fonctionne aussi pour les institutions, établissements scolaires compris. D’ailleurs certains chefs d’établissement en jouent pour leur propre évolution (personnelle ou établissement).
      La difficulté est qu’on ne peut éduquer aux instruments sans utiliser les instruments… en contexte et au moment où ils sont disponibles et magnifiés. Du coup les formateurs et autres chercheurs (dont je suis) doivent prendre garde de mettre en perspective ces instruments et leur histoire….

  1. […] Le développement des projets de toutes sortes autour des tablettes numérique est révélateur d'une fascination collective. L'observation plus fine des possibilités techniques (matérielles et logicie…  […]

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