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10 Commentaires

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  1. Ah Bruno, tu touches juste, une fois de plus. Cette vacuité saute aux yeux après chaque déconnexion un peu longue, au retour des vacances par exemple… Lorsque la « vraie vie » nous a donné plus de satisfactions qu’à l’accoutumé et nous a du coup rendus moins dépendants, pour l’estime de nous-mêmes, des communications numériques.
    Car le vrai problème, c’est qu’on s’habitue vite à ces messages inutiles, autant à les lire qu’à les écrire ! Néanmoins, avec un peu d’entraînement, ils deviennent supportables, puis indispensables…
    Là où ça devient critique et quitte la simple fonction phatique du langage, c’est lorsque les messages se parent d’une apparence de sérieux et de profondeur. Les mots frappent pour eux-mêmes, ont alors une force de persuasion dangereuse. Les publicitaires connaissent bien ce pouvoir des mots. Les twitts en direct des conférences et autres colloques témoignent de cette caractéristique « d’intimidation » des mots. Mais il suffit de lire et de réfléchir une demi-seconde sur le sens du message pour en découvrir l’inanité. Exemple lu ce matin, twitt en direct d’une conférence de Serge Tisseron : « Jouer 30 heures à une jeu de tir à la première personne augmente la concentration ». Mon dieu, je suppose que la pensée exprimée de Tisseron est beaucoup plus subtile que ne le laisse penser ce message, auquel on peut évidemment objecter que lire un roman classique pendant 30 heures augmente aussi la concentration, tout comme faire de la broderie, trier une collection de timbres ou entretenir son jardin pendant 30 heures ! Pourquoi l’adepte de Twitter accepte t-il de se rendre ridicule en brandissant à la face du monde (son monde, en fait) une telle phrase ? Sans doute parce qu’il sait que le message ne sera pas lu pour lui-même, mais pour sa signification cachée « regardez, j’y suis ! »…

    • Marie-Odile Morandi sur 29 août 2012 à 5 h 56 min

    Bonjour,
    Ces articles sont toujours très intéressants.

    C’est compliqué tout cela : comment des mots vides de sens peuvent-ils révéler ce que je suis ?

    Bonne continuation

      • admin sur 29 août 2012 à 6 h 53 min
        Auteur

      De fait c’est presque un oxymore.
      Toutefois le fait de tenir ce type de parole révèle davantage que le contenu même…
      C’est la forme qui piège la forme…

    • Monique Royer sur 1 septembre 2012 à 8 h 39 min

    Et si le fait de twitter un évènement permettait de développer des compétences…Twitter une conférence par exemple oblige à synthétiser les idées entendues et à s’exprimer de façon lisible. Et puis pourquoi réduire les réseaux sociaux à une exposition d’égos? On peut constater aussi des partages d’idées, d’initiatives, des pratiques collectives donc. Vacuité parfois mais pas tant que ça…

      • admin sur 1 septembre 2012 à 10 h 11 min
        Auteur

      Oui Tu as tout à fait raison Monique. Mais l’impression générale est la confusion entre les genres et cela touche parfois les mêmes personnes. Autrement dit la question des niveaux de langage est posée.
      Ceci dit, la question de l’ego est pour moi un prisme d’analyse que j’utilise pour étudier les situations d’expressions publiques et privées. Outre ma formation initiale, mes expériences personnelles et professionnelles m’ont souvent confirmé (même pour moi) que l’expression, en particulier publique, relève toujours, mais de manière variée selon les personnes, d’une question d’ego.
      Pour le clin d’œil facile : Je suis qui quand je parle, t’es qui quand je parle, il est qui quand je parle…
      Bruno

      • admin sur 1 septembre 2012 à 10 h 12 min
        Auteur

      La compétence que tu évoques, c’est celle que l’on nomme par ailleurs « prise de notes »

  2. Bonjour Bruno, Je vous ai fait une réponse en plus de 140 caractères (et je vous l’accorde, sûrement moins bien rédigée que la vôtre, mais tant pis. Je fais avec mes moyens) : http://pedagotice.blogspot.fr/2012/09/eloge-du-bavardage.html

  3. Caroline Jouneau-Sion répond ici http://pedagotice.blogspot.fr/2012/09/eloge-du-bavardage.html
    (@franz42)

  4. Tu risques là un sujet Bruno qui nous interpelle tous autant que nous sommes puisqu’il touche à notre égo et titille nos fêlures narcissiques. Et j’aime autant la question que tu soulèves que la réponse de Caroline. Ce que je retiens, c’est cette idée centrale de présence à l’autre dans l’échange, qu’il soit formel et rédigé ou plus informel et spontanée. L’éducation aux réseaux sociaux n’échappe pas à cette question de la relation à l’autre, et cette question dépasse largement le seul lieu des réseaux sociaux. Nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère, nous tâtonnons, nous expérimentons parfois (souvent) avec maladresse. Il importe donc et c’est ainsi que je reçois ton billet de ne pas cesser de nous interroger sur ce que nous faisons, comment nous le faisons et pour quelles raisons nous le faisons de manière à être en capacité d’accompagner nos élèves vers un usage fécond et raisonné d’internet. Ton regard critique dérange, il invite également à la prise de recul. Merci pour ce billet et merci à la réponse de Caroline. L’un et l’autre vont nous permettre d’avancer dans notre réflexion.

      • admin sur 1 septembre 2012 à 15 h 50 min
        Auteur

      Merci Ostiane, et heureux que ce soit l’occasion de nous découvrir un peu plus les uns les autres.

      Bruno

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