juin 25

Il y a un réel frémissement :

  • Oui, les conditions matérielles sont désormais remplies pour permettre aux enseignants d’utiliser les TIC dans leur classe.
  • Oui les contenus d’enseignement ont désormais largement intégré l’usage des TIC au delà de l’outil…
  • Oui la population enseignante a franchi un seuil d’acculturation personnelle important.
  • Oui les élèves ont compris l’intérêt des TIC pour leurs apprentissages (et aussi pour leur vie familiale et sociale, la construction de leur identité).
  • Oui la société pousse les pratiques d’enseignement à l’intégration des TIC

Mais ce basculement est encore trop inégal et surtout insuffisant :

  • Non, on n’éduque pas à la culture numérique, on éduque à l’usage des TIC, fût-il raisonné
  • Non, le B2i n’a pas encore effectué la vraie révolution qui le fera dépasser la dimension technique
  • Non, la culture numérique ne se traduit pas seulement par la maîtrise technique mais bien pas la compréhension systémique
  • Non, les brillants exemples que l’on montre ne sont pas la réalité de la culture scolaire actuelle

Dans un système scolaire élitiste et qui pousse à la compétition inter-individuelle, les TIC n’ont qu’une seule place : celle de dopant pour la promotion personnelle. Les jeunes et leurs enseignants le savent suffisamment pour “cacher” encore nombre de leurs usages réels de TIC récentes mais aussi anciennes. La forme scolaire actuelle ne tolère pas des objets techniques comme les ordinateurs, encore moins les liaisons sans fil qui permettent de sortir des murs de la classe, et encore moins des possibilités de communication qui permettent de bavarder pendant la parole du maître, voire même le simple fait que l’élève puisse tenir parole (saluons l’opportun numéro des dossiers de l’ingénierie éducative sur les publications des élèves qui nous remet en mémoire que cette pratique est ancienne et qu’elle n’est pas aussi “scolaire” qu’on pourrait le croire.
Lisez les nouveaux programmes de l’école primaire, vous comprendrez aisément qu’en réalité le basculement se fera dans les faits pas dans les textes. Lisez les textes sur l’accompagnement éducatif et vous verrez la convocation des TIC pour l’aide au devoir et au travail personnel à la bordure de l’école.

Non la culture numérique n’est pas entrée dans l’école. A continuer de nous montrer de belles et bonnes pratiques (avec TBI et visioconférences, comme on peut le constater sur le site Educnet) on nous empêche de  prendre   en considération le véritable changement de paradigme : l’émergence d’une réelle culture numérique, prise dans l’entrelacs des enjeux économiques sociétaux actuels. L’école à beaucoup trop tarder à examiner ces questions de fond (culture) et s’est trop intéressé aux questions de formes (maîtrise technique).
Mais peut-être qu’elle n’avait pas intérêt à le faire !

A débattre

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juin 23

Jack Lang n’a pas du imaginer ce que la création du B2i en 2000 aménerait comme questionnements, tant cette première note de service semblait anodine. Et pourtant, 8 années plus tard, force est de reconnaître qu’il a fait parlé de lui… et ce n’est pas terminé.

L’introduction des “certifications des compétences” dans le domaine scolaire a commencé à sonner le glas des sempiternels bulletin de note dont la résistance à toutes les attaques fera sourire probablement dans cinquante ans. Cependant, on repère de plus en plus clairement que la question de l’évaluation et de sa certification est centrale dans un système éducatif aveugle de ses performances comme le nôtre.

Reprenons quelques éléments d’histoire du B2i pour comprendre  les enjeux. Dès mars 2001 l’inspection générale mettait en évidence plusieurs points : l’importance des relais institutionnels pour la mise en oeuvre d’un texte officiel, la nécessité d’être coercitif pour favoriser la mise en place du B2i, la difficulté des enseignants et des établissements à sortir de leur territoire disciplinaire.
En 2008 le B2i devrait être obligatoire pour obtenir le brevet des collèges. Réalisant le voeux de l’inspection générale (en 2001) le ministère à ouvert une brèche dans les systèmes de diplomation et de certification. Or que voit-on ? des équipes qui s’empressent de valider (ce qu’ils n’avaient pas fait jusqu’à présent) des items, voire même des chefs d’établissements qui valident à tour de bras sans preuve cotoient des équipes enseignantes qui ont organisé véritablement des enseignements intégrés des compétences B2i et les ont validées “réellement”.
La lecture de nombreux messages sur le sujet (je collecte tous les messages sur ce sujet dans certaines listes de discussion depuis 2000) montre que l’édifice est fragile. En effet certificat de compétences (voire aussi pour le niveau A2 en langue) et examen diplomants ne font pas bon ménage. Le ministère a aussi partiellement embrayé le pas en déclarant que l’on pourra certifier en jury de brevet (diplome) des B2i (certificat de compétences) qui n’auraient pas été attribués dans les établissements. Et pourtant le texte initial disait qu’il faut le B2i pour pouvoir prétendre au brevet.

Certificat contre diplôme qui va gagner. Au détour de quelques lignes du rapport Legendre sur le baccalauréat, on peut retrouver le même dilemme à propose des mêmes certifications. En fait les enseignants et leur hiérarchie (nous quoi !) sommes bien embarrassés, car nous sommes au milieu du gué et n’osons faire le pas pour passer de l’autre coté ou revenir en arrière. On sent bien que ce basculement est en cours. Les critiques, déjà anciennes, mais médiatisées de manière récurrente, de la relativité des corrections de copies sont là pour faire avancer les choses vers les certifications. Mais la lourdeur (relative) de mise en place des démarches de certification va dans l’autre sens. Il suffit d’observer les formateurs des IUFM (censés être particulièrement compétents dans ces domaines) dans la mise en place du C2i métiers de l’enseignement pour comprendre les réticences de fond.

En fait, si corriger une copie est un des aspects les plus rebutant du métier d’enseignant (regardez le dimanche soir quand le paquet de copie est encore sur le coin de la table de travail), évaluer des compétences au travers des activités conçues et mises en oeuvre en classe suppose des renversements pédagogiques plus profonds : on ne voudrait pas attester des compétences que l’on a pas duement vérifiées (ce qui est tout à l’honneur des évaluateurs). Cependant a-t-on la même exigence quand vers 23h30, le dimanche soir on termine son troisième paquet de copie, sur le contenu de ce que l’on a évalué.

Le B2i a ouvert la boite à évaluer, et elle n’est par prête de se refermer. La lutte fondamentale qui se fait autour d’elle est symbolisée par les nombreux attermoiements, fussent-ils ministériels, sur la qualité de l’évaluation. Un rapport de l’IGEN de 2005 sur les acquis des élèves devrait être réactualisé (tout comme celui sur les livrets de compétence de septembre 2007) et mis en lecture pour tous plutôt que de laisser les médias s’emparer du sujet n’importe comment (c’est à dire le plus souvent, mais pas toujours, en subissant les assauts des lobby). Si chaque enseignant professionnel souhaite oeuvrer au bien commun et en particulier à celui des élèves qui lui sont confiés, il ne pourra pas faire l’économie de cette réflexion sur la valeur des diplomes (à commencer par les siens) et sur la qualité des certifications de compétences qu’il pourra être amené à délivrer pour ses élèves.

Si Jack Lang avait su… il n’aurait peut-être pas inventé le B2i….

A débattre

BD

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juin 15

Un article du supplément au journal Le Monde daté de ce 15 juin (http://www.lemonde.fr/le-monde-2/article/2008/06/13/comment-la-publicite-envahit-internet_1057365_1004868.html#ens_id=1057567) constate l’omniprésence à venir de la publicité sur nos écrans lorsque nous passons par Internet. Comme les rédacteurs de ce supplément l’on montré à plusieurs reprise, la fascination pour les prouesses fait parfois obstacle à une analyse critique de ces phénomènes comme en témoigne ce passage :

« Soyons justes : que ce rêve d’annonceur soit en passe de devenir une réalité tangible ne tient pas seulement à la performance des mouchards électroniques qui pullulent derrière l’écran, mais aussi à l’habitude des internautes de laisser benoîtement des éléments de leur identité un peu partout. » (Martine Valo)

De plu,s on peut lire un peu plus loin les lignes suivantes :

« Aux yeux de ceux qui refusent de voir le Web réduit à une fantastique vitrine interactive, il reste heureusement les blogs pour s’épancher ou échanger des commentaires entre soi. Du moins restait-il cet espace-là jusqu’à l’avènement de l’affiliation, une autre pratique en pleine progression. »

Ainsi donc l’usager serait aussi responsable que le publicitaire… Il est vrai que la tentation du blogueur connu en mal de revenus est grande. Surtout s’il n’a pas construit son projet sur une base différente de celle qui pour qui le « profit » et sa quête personnelle est un état de fait et non un choix.

Fort heureusement une lecture plus avancée de l’article nous permet de faire l’inventaire des pratiques en cours ou en développement :

bannières, fenêtres superposées, spam, liens sponsorisés, publicité interactive (comment utiliser le consommateur comme publicitaire), ciblage comportemental, mouchard électronique, rémunération du lecteur, jeux primés, vidéos publicitaires innocentes (sur les serveurs habituels des internautes) etc…

Ainsi donc notre vie serait désormais environnée de manière inéluctable de publicités. Participant aussi de la construction de notre identité numérique à notre insu, ces méthodes développent la possibilité d’une manipulation gigantesque du libre arbitre et de la conscience du monde qui nous entoure. Et sur Internet cela est d’autant plus tentant qu’elle peut ne pas couter cher, comparé aux supports traditionnels et avec un ciblage plus précis. Est-ce vraiment inéluctable. Devons nous accepter d’être inondés de pub sous prétexte que certains sont « complices »… et que c’est désormais accepté par tous ?

Quelle qu’en soit la qualité, la forme et le support, la publicité est une « tentative de manipulation » du récepteur. Elle est d’autant plus efficace que ce même récepteur en est aussi le prescripteur (et non plus le grand méchant vendeur). En mettant l’usager dans sa poche le vendeur disparaît aux yeux des autres usagers et devient ainsi acceptable. Ainsi le développement du web 2.0 révèle la force de la prescription par les pairs. C’est pourquoi il me semble nécessaire, non pas de moraliser la pub, mais bien d’en instituer la possibilité de son refus.

« Stop pub » sur Internet doit être un dispositif qui devrait être obligatoire. Chaque internaute pourrait ainsi activer sur son logiciel un bouton s’il accepte où s’il refuse la pub, ce qui aurait pour effet de bloquer toute forme de publicité sur Internet. En imposant à chaque système de pub l’analyse automatique de ce choix de l’usager, la pub ne s’afficherait pas (et n’encombrerait pas les tuyaux de données inutiles).

On peut imaginer qu’alors on prendra le client pour un adulte et non pas un consommateur machine manipulable. On peut imaginer alors que la publicité reprendra sa vraie place dans l’univers de l’information : une véritable information sur des produits en éclairant le choix du client.

Malheureusement de tels articles, parce qu’ils ne prennent pas le soin d’aller jusqu’au bout de l’analyse ne font que suggérer ce type de réflexion sans jamais réellement se positionner. Mais au fait, quel poids pèse la publicité dans le financement du Monde 2 ?

A suivre donc

Bruno Devauchelle

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juin 07

Attention, changement !!!

Je viens de changer de moteur de blog. Je suis passé de Dotclear à Wordpress.

Il vous faudra donc remettre à jour vos liens RSS, ils sont malheureusement changés.

Lien vers les articles : feed://http://www.brunodevauchelle.com/blog/?feed=rss2

lien vers les commentaires : feed://http://www.brunodevauchelle.com/blog/?feed=comments-rss2

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mai 31

Je me suis essayé à visualiser les concepts d’identité numérique

En voici d’abord le résumé

Puis en voici le détail…

Excusez le format mais il fallait que vous puissiez voir l’ensemble.

Cliquez sur les liens en dessous de l’image pour en avoir des versions lourdes en JPG et en PDF

A l’aide du logiciel CmapsTools, voici ce que cela donne en image :

Si vous voulez les voir en grand cliquez ici

La carte de l’identité numérique au format JPG

La carte de l’identité numérique au format PDF

C’est probablement imparfait et critiquable, mais cela permet de réfléchir ensembles

Bruno Devauchelle

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